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Par erellwen, le 16/09/2011
Paradis inhabité de
Ana María Matute
J'éprouvais un grand besoin d'éprouver cette paix, ce bonheur, ce mot dangereux à ne pas prononcer, ce bonheur qui soudain m'arrivait. Tout ce qui me vint à l'esprit fut de lui serrer la main. Une seule fois. Il serra aussitôt la mienne, deux fois. Ensemble, nous contemplâmes le ciel presque blanc et d'un autre serrement de main je lui dis que je l'aimais. Il me répondit de la même façon. Je crois que jamais, ni avant ni depuis, je n'ai eu avec qui que ce soit une conversation aussi intime, aussi explicite. Ce parc solitaire, cet homme et cette enfant solitaires, cette errance, ce silence.
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Paradis inhabité de
Ana María Matute
Un de mes plus anciens souvenirs remonte au soir où j'ai vu courir la licorne.Avec une stupéfiante netteté,je la vis s'élancer hors de son cadre,puis réapparaître et reprendre sa place,belle,nivéenne,énigmatique.
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Par erellwen, le 04/09/2011
Paradis inhabité de
Ana María Matute
J'avais l'impression que des petites fenêtres s'ouvraient, ici et là, dans mon coeur et dans leur regard.
Non seulement je percevais tou cela, mais je voyais un entrelacs de mots sans voix, qui allaient et venaient entre les yeux bleus d'Eduarda et ceux, noirs, de Michel Mon Amour. Un langage très proche de celui par lequel communiquaient les lustres de crystal, la nuit venue. Un langage palpitant d'étincelles entre des grappes de lumière. Je connaissais cette langue apprise lors de mes escapades nocturnes au salon, quand je naviguais sur mon bateau en papier journal.
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Par erellwen, le 03/09/2011
Paradis inhabité de
Ana María Matute
Cela me donna l'étrange sensation que la terre se dérobait sous mes pieds, qu'une vaste lagune frémissait sous les paisibles landes de ses paroles.
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Par erellwen, le 03/09/2011
Paradis inhabité de
Ana María Matute
Ma taille lilliputienne et ma propension au silence faisaient de moi une véritable petite éponge qui absorbait tout ce qu'elle écoutait ou voyait.
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Paradis inhabité de
Ana María Matute
Parfois les souvenirs ressemblent à des bibelots:en apparence inutiles,nous y tenons sans trop savoir pourquoi et ne parvenons pas à nous en défaire.A la longue,ils s'entassent au fond de ce tiroir que nous évitons d'ouvrir,par crainte d'une trouvaille indésirable.
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Par erellwen, le 03/09/2011
Paradis inhabité de
Ana María Matute
On m'avait chargée de demander des grâces pour tout le monde, le problème c'est que personne n'avait précisé lesquelles. Aussi n'en demandais-je qu'une seule et pour moi, celle d'avoir un cheval. Elle ne me fut jamais accordée.
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Par erellwen, le 16/09/2011
Paradis inhabité de
Ana María Matute
Leur temps à eux, leur temps précieux, n'avait rien à voir avec nos errances silencieuses dans ces petits sentiers bordés de parterres blancs et d'arbres nus, leurs bras noirs levés vers un ciel d'aluminium.
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Paradis inhabité de
Ana María Matute
Un jour je leur demandais:"Comment c'est le collège?" Ils se regardèrent,puis Jéronimo répondit;"C'est comme à l'armée! Tu fais partie d'un bataillon, tu as des sergents,des lieutenants,des généraux..."Il se pencha sur moi et me caressa la tête.
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Paradis inhabité de
Ana María Matute
Comme chaque fois qu'elle le disait,"faire attention"consistait à écouter quelque chose qui avait grande importance et à l'accueillir en silence.