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Par Theoma, le 14/05/2012
Cher Gabriel de
Halfdan W. Freihow
Est-ce que tu apprendras un jour à jouer avec les mots, Gabriel ? Le paysage plaisante sans cesse avec nous. Les nuages sont des visages ou des animaux effrayants, mais ils n’arrêtent pas pour autant d’être des nuages ? Ça ne fait rien si de temps en temps tu as envie de boire un cheval ou un pantalon d’eau — le verre ne reste pas moins un verre.
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Par Theoma, le 15/05/2012
Cher Gabriel de
Halfdan W. Freihow
Parfois aussi, nous nous sommes perdus l'un l'autre avec maman, nous nous sommes perdus de vue dans les tourmentes, dans le brouillard du quotidien, dans la brume de l'habitude, dans de nouveaux visages inconnus. Mais nous nous sommes retrouvés et nous sommes rentrés à la maison. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre autre chose que le temps, qui disparaît de lui-même, Gabriel. Celui qui nous reste est trop court.
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Par Theoma, le 15/05/2012
Cher Gabriel de
Halfdan W. Freihow
Je vais essayer de te représenter toi, Gabriel – toi et nous, et notre paysage. Peut-être que ça pourra nous aider à mieux comprendre où, pourquoi, et qui nous sommes. J'ai pensé que tout ça peut être dangereux, car parfois il est tentant de fermer les yeux en espérant que ce qui est difficile aura disparu quand on les rouvrira, et si je me mets à écrire sur ces questions, je ne pourrai plus le cacher. Ça sera comme trahir un secret. Puis j'ai pensé que ça ne sert à rien d'avoir des secrets rien que pour soi, car on n'a personne avec qui en parler. Et si on n'a personne avec qui en parler, personne avec qui les partager, ça sera comme s'ils n'existaient pas, et à quoi servent des secrets qui n'existent pas ?
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Par litolff, le 03/04/2012
Cher Gabriel de
Halfdan W. Freihow
Le chagrin est aussi grand que l'énigme que tu représentes pour tous les scientifiques du monde, seulement en étant toi. Grand comme l'impénétrable, grand comme cette toute petite graine que la vie a omis de semer en toi, ta différence, l'absence qui te suivra toujours et qui m'emplira de chagrin.
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Par litolff, le 03/04/2012
Cher Gabriel de
Halfdan W. Freihow
Tu es un enrichissement pour ceux qui te connaissent, tu nous sers de rectificatif. C'est un privilège d'apprendre par toi et une joie de t'enseigner tout ce qui peut t'aider à vivre avec ta propre vulnérabilité et l'ignorance des autres, tout ce qui peut te protéger et renforcer ta conception du bonheur.
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Par litolff, le 04/04/2012
Cher Gabriel de
Halfdan W. Freihow
Imagine-toi, je ne sais pas qui tu es, moi qui te connais si bien.
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Par litolff, le 03/04/2012
Cher Gabriel de
Halfdan W. Freihow
Nous avons besoin d'un mur pour nous adosser, toi et moi. Parfois, la caresse d'une main suffit, d'autres fois, il nous faut tout un échafaudage de perspicacité et de compréhension pour ne pas tomber, pour ne pas sombrer dans l'ignorance, le désarroi et l'angoisse. Nous sommes chacun le mur de l'autre : parfois tu es le mien, mais souvent c'est à moi qu'il revient d'être le tien, car tu trébuches, et tu tombes si facilement.
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Par litolff, le 04/04/2012
Cher Gabriel de
Halfdan W. Freihow
Comment peut-on garder ce qu'on a de bon en soi quand le monde semble récompenser le mal ? C'est une énigme à laquelle trois mille ans de réflexions philosophiques et religieuses ne nous ont pas apporté de réponse -mais peut-être que la réponse se trouve dans le questionnement même.
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Par litolff, le 04/04/2012
Cher Gabriel de
Halfdan W. Freihow
C'est avec joie que nous te regardons grandir et t'endurcir, que nous voyons comment tu développes tes capacités et acquiers du savoir comme n'importe quel autre enfant, comment ta personnalité prend forme petit à petit. Mais nous ne savons pas, nous ne pouvons pas savoir si cela suffira. Si toi et le monde, vous allez apprendre à vous tolérer, à vous comprendre suffisamment pour pouvoir vivre ensemble en bonne entente. Nous ne pouvons pas savoir si tu seras tout seul, Gabriel, et nous ne pouvons pas non plus savoir si tu sauras être tout seul.
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Par litolff, le 03/04/2012
Cher Gabriel de
Halfdan W. Freihow
Parfois aussi, nous nous sommes perdus l'un l'autre avec maman, dans le brouillard du quotidien, dans la brume de l'habitude, dans de nouveaux visages inconnus. Mais nous nous sommes retrouvés et nous sommes rentrés à la maison.
Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre autre chose que le temps, qui disparaît de lui-même, Gabriel. Celui qui nous reste est trop court.