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Par LydiaB, le 27/03/2013
Oeuvres morales de
Plutarque
Il ensuit apres de parler touchant la maniere de les alimenter et nourrir apres qu'ils sont nez. Je dis doncques, qu'il est besoing que les meres nourrissent de laict leurs enfans, et qu'elles mesmes leur donnent la mammelle : car elles les nourriront avec plus d'affection, plus de soing et de diligence, comme celles qui les aimeront plus du dedans, et comme lon dit en commun proverbe, dés les tendres ongles : Là où les nourrisses et gouvernantes n'ont qu'une amour supposee et non naturelle, comme celles qui aiment pour un loyer mercenaire. La nature mesme nous monstre que les meres sont tenues d'allaicter et nourrir elles mesmes ce qu'elles ont enfanté : car à ceste fin a elle donné à toute sorte de beste qui fait des petits, la nourriture du laict : et la sage Providence divine a donné deux tetins à la femme, à fin que si d'adventure elle vient à faire deux enfans jumeaux, elle ait deux fontaines de laict pour pouvoir fournir à les nourrir tous deux.
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Sur les moyens de réprimer sa colère de
Plutarque
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Pour me citer moi-même, il m'est arrivé, après avoir résisté à la colère en deux ou trois circonstances, d'éprouver ce qui arriva jadis aux Thébains. Une première fois que ceux-ci eurent repoussé les Spartiates, réputés invincibles, ils ne furent plus jamais vaincus par eux dans une seule rencontre. Pareillement, je pris la ferme résolution de croire que je pouvais triompher de la colère avec l'aide du raisonnement. Je voyais que non seulement elle cède, comme l'écrit Aristote, à une aspersion d'eau froide, mais qu'une crainte subite l'éteint, de même qu'aussi, en vérité, Homère nous apprend que chez plusieurs une joie imprévue l'avait dissipée et guérie. Il resta dès lors démontré à mes yeux que cette passion est loin d'être tout à fait rebelle aux secours, du moins quand on le veut. Ses commencements n'ont jamais d'importance et de gravité : une raillerie, un badinage, un sourire, un hochement de tête, voilà généralement ce qui met les gens en colère. Ainsi, Hélène disant à sa nièce : « Électre, si longtemps as-tu pu rester vierge »? pousse celle-ci à lui répondre : « Partie honteusement, êtes-vous sage enfin »? Pareillement Alexandre est irrité par Callisthène lorsque celui-ci, refusant d'accepter la coupe que le roi passe à la ronde, s'écrie : « Je ne veux pas boire à Alexandre pour avoir ensuite besoin d'Esculape ».
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Plutarque
Si tu veux t'obstiner à soutenir que la nature t'a fait pour manger telle viande, tue-la donc toi-même le premier, je dis toi-même, sans user de couperet ni de couteau ni de cognée, mais comme font les loups, les ours et les lions qui, à mesure qu'ils mangent, tuent la bête ; aussi toi, tue-moi un bœuf à force de le mordre à belles dents, ou de la bouche un sanglier, déchire-moi un agneau ou un lièvre à belles griffes, et mange-le encore tout vif, ainsi que font ces bêtes-là.
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La Vie d'Alexandre de
Plutarque
La vie d’Alexandre de 48 à 49
XLVIII. On ne douta plus, après cette grande victoire, que l'empire des Perses ne fût détruit sans ressource. Alexandre, reconnu roi de toute l'Asie, offrit aux dieux des sacrifices magnifiques; il fit à tous ses amis de riches présents et leur donna des maisons et des gouvernements. Mais, jaloux surtout de se montrer généreux envers les Grecs, il leur écrivit que toutes les tyrannies étaient dès ce moment abolies dans la Grèce et que les peuples se gouverneraient désormais par leurs lois. Il manda en particulier aux Platéens qu'il ferait rebâtir leur ville, parce que leurs ancêtres avaient cédé leur territoire aux Grecs, afin d'y combattre pour la liberté commune. Il envoya aux habitants de Crotone, en Italie, une partie des dépouilles, pour honorer le souvenir du zèle et de la valeur de l'athlète Phayllus, qui, dans la guerre des Mèdes, quand les autres Grecs d' Italie abandonnaient les véritables Grecs, qu'ils croyaient perdus sans retour, équipa une galère à ses frais et se rendit à Salamine pour partager le péril de la Grèce: tant Alexandre favorisait toute espèce de vertu et gardait fidèlement le souvenir des belles actions !
XLIX. Il eut bientôt soumis toute la Babylonie; et, en la parcourant, il admira surtout dans la province d'Ecbatane un gouffre d'où sortaient continuellement, comme d'une source inépuisable, des ruisseaux de feu. Il vit avec le même étonnement une source de naphte si abondante, qu'en se débordant elle formait, non loin de ce gouffre, un lac considérable. Le naphte ressemble au bitume; il a aussi une telle analogie avec le feu, qu'avant même de toucher à la flamme, il s'allume à l'éclat seul qu'elle jette et embrase l'air qui se trouve entre deux. Les Barbares, pour faire connaître au roi la nature et la force de cette matière, en arrosèrent la rue qui menait au palais; et, se plaçant à un des bouts à l'entrée de la nuit, ils approchèrent leurs flambeaux des gouttes de ce fluide qu'ils y avaient répandues. A peine les premières gouttes eurent pris feu, que la flamme se communiqua à l'autre bout avec une rapidité que la pensée pouvait à peine suivre, et la rue parut embrasée dans toute sa longueur. Alexandre avait alors auprès de lui un Athénien nommé Athénophane, qui, accoutumé à le servir au bain et à lui frotter le corps d'huile, s'entendait mieux qu'aucun de ceux qui lui rendaient le même service à l'amuser et à le divertir de ses affaires. Un jour qu'un jeune garçon, nommé Stéphanus, mal fait et d'une figure ridicule, mais qui chantait agréablement, se trouvait dans la chambre du bain : « Seigneur, dit au roi Athénophane, voulez-vous que nous fassions sur Stéphanus l'essai du naphte? Si le feu s'allume sur lui et qu'il ne s'éteigne pas, j'avouerai que sa force est admirable et que rien ne peut la surmonter. » Le jeune homme s'offrit volontiers pour faire cette épreuve ; et à peine il eut été frotté de naphte, à peine cette matière eut touché son corps, qu'il fut environné de flammes et qu'il parut tout en feu. Alexandre en eut une frayeur extrême; et si, par bonheur, il ne s'était pas trouvé là plusieurs garçons de service, qui avaient sous la main des vases pleins d'eau pour le bain du roi, le secours n'aurait pu prévenir la rapidité de la flamme, ni empêcher que Stéphanus ne fût entièrement brûlé. Encore eut-on beaucoup de peine à éteindre le feu qui avait gagné tout son corps; et ce jeune homme en fut malade le reste de sa vie.
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Vie d'Alcibiade de
Plutarque
L’amour de Socrate pour Alcibiade, tout contrarié qu’il fût par des rivaux nombreux et puissants, souvent néanmoins prenait le dessus dans le cœur du jeune homme. L’heureux naturel d’Alcibiade cédait à des discours qui le touchaient profondément, et qui portaient dans son âme une vive émotion, et lui faisaient verser des larmes Quelquefois aussi, il se laissait aller à ses flatteurs, et entraîner par l’appât des plaisirs : il échappait à Socrate, et Socrate se mettait en chasse après lui, comme après un esclave fugitif ; car il était le seul qu’Alcibiade craignit et respectât, tandis qu’il se moquait de tous les autres. Cléanthe disait : « Celui que j’aime, je ne le tiens que par les oreilles, tandis que mes rivaux en amour ont, pour saisir le jeune homme, plusieurs autres moyens qui me répugnent. » Il voulait dire la luxure et la bonne chère. Alcibiade aussi se laissait facilement entraîner à la volupté : c’est la pensée que font naître les récits de Thucydide sur son intempérance et sa vie licencieuse.
Juste pour la beauté de la chose : le début de la citation en ionien attique :
[6] (1) Ὁ δὲ Σωκράτους ἔρως πολλοὺς ἔχων καὶ μεγάλους ἀνταγωνιστὰς πῇ μὲν ἐκράτει τοῦ Ἀλκιβιάδου, δι' εὐφυΐαν ἁπτομένων τῶν λόγων αὐτοῦ καὶ τὴν καρδίαν στρεφόντων καὶ δάκρυα ἐκχεόντων, ἔστι δ' ὅτε καὶ τοῖς κόλαξι πολλὰς ἡδονὰς ὑποβάλλουσιν ἐνδιδοὺς ἑαυτόν, ἀπωλίσθανε τοῦ Σωκράτους καὶ δραπετεύων ἀτεχνῶς ἐκυνηγεῖτο, πρὸς μόνον ἐκεῖνον ἔχων τὸ αἰδεῖσθαι καὶ τὸ φοβεῖσθαι, τῶν δ' ἄλλων ὑπερορῶν
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Par juline, le 12/02/2013
Les Vies parallèles, tome 13 : Démétrios - Antoine (édition bilingue français/grec) de
Plutarque
Il choisit, pour porter à son père la nouvelle de la victoire, Aristodème de Milet, qui était, de tous les courtisans d’Antigonus, le plus habile dans l’art de flatter. Or, Aristodème, pour relever cet exploit, avait préparé la plus outrée de toutes les flatteries. En arrivant de Cypre en Syrie, il ne voulut pas que son vaisseau abordât : il le tint à l’ancre, non loin du rivage, et ordonna à ses gens d’y rester sans bouger ; puis, montant sur un esquif, il descendit seul à terre, et s’achemina vers Antigonus, qui attendait des nouvelles de la bataille avec cette inquiétude d’esprit si naturelle à ceux qu’occupent de grands intérêts. Lorsque Antigonus apprit son arrivée, son trouble s’en augmenta encore, et à peine put-il l’attendre dans son palais : il envoya au-devant de lui plusieurs de ses officiers 244 et de ses amis successivement, pour l’interroger sur le résultat de la bataille ; mais Aristodème ne répondit à personne, et continua son chemin d’un pas lent, avec un visage composé, et dans un profond silence. Antigonus, plus étonné encore, et qui ne pouvait maîtriser son impatience, courut au-devant de lui jusqu’aux portes du palais. Aristodème était environné d’une foule immense, qui accourait de toutes parts. Quand il fut près du roi, il lui tendit la main, et dit d’une voix forte : « Sois heureux, ô roi Antigonus ! nous avons vaincu Ptolémée dans un combat naval ; nous sommes maîtres de Cypre, et nous avons fait seize mille six cents prisonniers .— Je te souhaite de même beaucoup de bonheur, dit à son tour Antigonus ; mais tu seras puni pour nous avoir si longtemps tenus à la torture : tu ne recevras pas de sitôt la récompense méritée pour cette bonne nouvelle. »
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Par cathcor, le 20/05/2012
Plutarque : Les Vies des hommes illustres, tome I de
Plutarque
Chaque fois qu'il (Périclés) revêtait la clamyde, il se répétait à lui-même comme pour se rappeler ses devoirs: "Prends garde, Périclès, ce sont des hommes libres que tu gouvernes".
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Par acherar, le 19/04/2011
Plutarque : Les Vies des hommes illustres, tome II de
Plutarque
pompee cesar et marius