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Par Nanne, le 10/02/2010
L'Offense de
Ricardo Menéndez Salmón
Mais un corps peut-il démissionner de la réalité ? Face à l'agression du monde, face à la laideur du monde, fasse à l'horreur du monde, un corps peut-il se soustraire à ses fonctions, se refuser à être un corps, suspendre sa raison d'être, peut-il simplement abdiquer ; c'est-à-dire abdiquer son état de machine sensible ? Un corps peut-il dire : " Assez, je ne veux pas aller au-delà, c'est trop pour moi" ? Un corps peut-il s'oublier ?
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Par Nanne, le 10/02/2010
L'Offense de
Ricardo Menéndez Salmón
Pour se conformer à la tradition familiale et au souhait formel de son père tailleur, Kurt Crüwell devait reprendre son atelier de bonne réputation au numéro 64 de la Gütersloher Strasse dans la ville de Bielefeld, non loin du luxuriant Teutoburgerwald et à quelques pâtés de maisons seulement de l'endroit où des décennies plus tard, entre 1966 et 1968, Philip Johnson, architecte renommé de Cleveland, érigerait la fameuse Kunsthalle ; toutefois, le 1er septembre 1939, un événement traumatisant bien que prévisible compromit ses rêves paisibles de propriétaire - ainsi que son entrée dans la société petite-bourgeoise de Bielefeld - et rendit son destin bien moins paisible et infiniment plus hasardeux.
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Par Lucie16, le 26/03/2012
La philosophie en hiver de
Ricardo Menéndez Salmón
Ainsi, l’artiste erre, célébrant sa non-déité, coupable de brader ce trésor qu’est le temps, vaincu par l’irréductible saga de la réalité et de ses rejetons inquiets, livré à la douce et nocive illusion de la célébrité, brève et stupide splendeur au-delà de laquelle la Terre, solennelle, l’engloutira au rythme de sa rotation.
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Par Lucie16, le 26/03/2012
La philosophie en hiver de
Ricardo Menéndez Salmón
Je t’ai vu grandir comme j’ai vu grandir Amsterdam, si ce n’est qu’à la place des bijouteries, des immeubles neufs et des restaurants de luxe, le temps a peuplé ton visage de profonds sillons, de grimaces mauvaises, tentacules d’un architecte vil et méprisable…