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Le cheval impossible de
Saki
Vers onze heures et demie, les membres les plus rassis de la famille Steffink commencèrent à insinuer qu’il serait temps de penser à dormir.
- Allons, Teddie, tu sais que tu devrais déjà être dans ton petit lit, dit Luke Steffink à son fils qui avait treize ans.
- Nous devrions tous y être, ajouta Mrs. Steffink.
- Il n’y aurait pas la place, dit Bertie.
Cette réflexion fut considérée comme parfaitement indécente et tout le monde se mit aussitôt à manger des raisins et des amandes avec le zèle fiévreux d’un mouton qui broute pendant que l’orage menace.
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Le cheval impossible de
Saki
Une femme pourra endurer beaucoup d’inconfort, se sacrifier et se passer de tout jusqu’à l’héroïsme, mais le seul luxe qui lui soit indispensable, ce sont les disputes. Partout, si transitoire que soit l’évènement, elle ne renoncera jamais à ses querelles féminines, pas plus qu’un français ne renoncerait à mitonner sa soupe dans le désert des régions arctiques. Dès le début d’une traversée en mer, avant que le voyageur mâle ait eu le temps d’apercevoir une demi-douzaine de passagers, il se trouvera une femme qui aura déjà déclenché au moins deux causes d’hostilité et elle en aura mis de côté une ou deux supplémentaire…pourvu, évidemment, qu’il y ait suffisamment de femmes à bord pour lui offrir plusieurs adversaires.
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Le cheval impossible de
Saki
- Oh ! regarde ces vaches ! s’exclama la tante.
Presque tous les champs que suivait le train regorgeaient de vaches et de bœufs, mais la tante parlait comme si elle signalait un phénomène rare.
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Le cheval impossible de
Saki
Je vais être veuve avant d’être mariée. Pourtant, j’ai tellement envie de voir à quoi ressemble la Corse. Elle a l’air tellement idiot sur la carte !
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Le cheval impossible de
Saki
Wilfrid Pigeoncote venait juste d’hériter de son oncle, Sir Wilfrid Pigeoncote, à la mort de son cousin, le commandant Wilfrid Pigeoncote, qui avait succombé aux conséquences d’un accident de polo. (Un certain Wilfrid Pigeoncote s’était couvert de gloire au cours des campagnes de Marlborough et la famille avait toujours eu un faible pour le nom de Wilfrid depuis.)
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Le cheval impossible de
Saki
La poule de Houdan n’avait jamais été invitée à pratiquer le culte de Sredni Vashtar. Conradin avait depuis longtemps décidé qu’elle était anabaptiste. Il ne prétendait pas savoir le sens de ce mot, mais il espérait, dans le secret de son cœur, que c’était quelque chose d’un peu scandaleux et de pas très convenable. Mrs. De Ropp incarnait aux yeux de Conradin ce qui était convenable, donc ce qui était exécrable.
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Le cheval impossible de
Saki
Il arriverait chez les Sebastable juste à l’heure du thé. Joan serait assise à une table basse recouverte de bouilloires d’argent, de jattes de crèmes et de tasses à thé en fine porcelaine. Derrière tout cet étalage, le timbre argenté de Joan multiplierait les questions amicales : « Prenez-vous le thé léger ou fort ? Du sucre, ou pas de sucre ? Et combien de morceaux ? » Et ainsi de suite : « C’est un morceau, j’avais oublié. Vous prenez du lait, n’est-ce pas ? Voulez-vous un peu plus d’eau chaude, s’il est trop fort ? »
Cushat-Prinkly avait lu ce genre de discours dans d’innombrables romans et il les avait entendus des centaines de fois, ce qui lui permettait d’affirmer leur exactitude. Des milliers de femmes, à cette heure solennelle de l’après-midi, était assises, entourées de délicates porcelaines et d’argenterie, et leurs voix résonnaient agréablement tout en émettant de petites questions pleines de prévenance ; Cushat-Prinkly détestait le cérémonial du thé.
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Le cheval impossible de
Saki
La prétendue tante était de ces gens qui croient que les choses s’abîment à l’usage et qui les ensevelissent dans la poussière et l’humidité pour les conserver en bon état.
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Le cheval impossible de
Saki
Les lois de l’étiquette interdisent que l’on offre dans un salon de thé des places de théâtre à un étranger, avant d’avoir rencontré son regard. Il vaut encore mieux lui demander de vous passer du sucre, après avoir caché que vous avez un grand sucrier bien rempli sur votre propre table.
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Le cheval impossible de
Saki
L’attention était fixée sur la personne simple et effacée de Mr. Cornelius Appin. De tous les invités, il était celui qui était venu chez Lady Blemley avec la réputation la plus vague. Quelqu’un avait dit qu’il était intelligent et l’hôtesse l’avait invité avec l’espoir modéré que son intelligence contribuerait à la distraction de tous. Jusqu’à l’heure du thé, elle n’avait pu découvrir où se situait cette intelligence, en admettant qu’il en eût. Il n’avait pas d’esprit, n’était pas champion de croquet, ne possédait pas de talent hypnotiques ni de dons spéciaux pour organiser un théâtre d’amateurs.
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