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Par gill, le 03/07/2012
Univers 02 de
Univers
Cap Kennedy et ses portiques dressés sur les dunes vides, c'était fini, maintenant.
Le sable avait englouti la Banana river, envahi les ruisseaux, transformant l'ancien complexe spatial en un désert de marécages et de béton cassé.
L'été, les chasseurs s'embusquaient dans les véhicules de service démantelés, mais quand nous arrivâmes, Judith et moi, c'était le début de novembre et il n'y avait pas une âme.
Derrière Cocoa beach où je stoppai la voiture, les motels en ruine disparaissaient à moitié sous les hautes herbes. Les rampes de lancement pointaient dans le soir, chiffres rouillés de Dieu sait quel algèbre céleste....
(extrait de "L'astronaute mort" de J.G. Ballard - de l'édition parue chez "J'ai Lu" en 1975)
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Par gill, le 03/07/2012
Univers 04 de
Univers
Notre précédent numéro était un peu grave, triste, tragique, flippant en un mot, à l'image de notre monde.
Celui-ci comporte un certain de nombre de textes amusants, parodiques, rigolos, démystificateurs, à l'image de notre monde.
Mais où va la SF , madame Gosseyn ?
A propos de madames, il y en a beaucoup dans ce numéro 04. Une raison à cela : pendant la célèbre "année de la femme" (1975), je me suis retenu d'en mettre trop, pour ne pas faire de la démagogie simpliste comme tout le monde.
Désormais, en 1976, je peux en toute tranquillité d'âme faire de la démagogie complexe.
Cela dit, je n'aime pas toujours Ursula Le Guin, elle fait un bon texte sur sept ou huit. Bien entendu, celui-ci est un très bon, de la vraie SF comme seules savent en faire les auteurs américains au sang rouge, fille d'ethnologue, prénommée Ursula et de sexe féminin.....
(extrait de l'introduction, "A la poursuite du plan", de l'édition parue chez "J'ai Lu" en 1976)
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Par gill, le 26/03/2012
Univers 1980 de
Univers
Lancé en juin 1975, Univers, sous forme de revue de librairie trimestrielle, a duré 19 numéros. Les ventes de la première année furent brillantes puisqu'elles tournèrent autour de 50000 exemplaires.
[...]
A l'aube des années 80, le genre peut-être grossièrement divisé en trois formes dominantes.
La "Hard-Science", directement issue des auteurs classiques des années 40, avec des auteurs tels que Larry Niven, actuellement le plus populaire aux USA, Jerry Pournelle, Ben Bova, John Varley, etc.
L'"heroïc-fantasy" inspirée des vieux textes d'Edgar Rice Burroughs, d'Abraham Merritt et des auteurs de "Weird Tales", a connu un essor fantastique au cours des dernières années. A l'heure actuelle il n'est pas exagéré de dire que près de la moitié des livres publiés sous l'étiquette SF aux États-Unis est en fait de l'héroïc-fantasy. Parmi les nouveaux auteurs qui s'y illustrent, on peut citer Carolyn J Cherryh, Tanith Lee, Jo Clayton, Brian Lumlay, sans oublier Robert Howard (décédé en 1936, je le rappelle) dont des collaborations posthumes paraissent sans-cesse, ici ou là.
Enfin, le vieux "Space-Opéra" est redevenu à la mode grâce au succès fantastique de films tels que la guerre des étoiles, Allien, Star Trek ou le trou noir...
(extrait de "message sur l'état de la science-fiction" de Jacques Sadoul, inséré en début de volume)
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Par gill, le 26/03/2012
Univers 1981 de
Univers
L'objet d'un écrivain spéculatif devrait être de voir ce que personne d'autre n'a encore vu. Les quelques écrivains qui y parviennent proposent plus qu'un divertissement, déploient plus que de l'invention. Ils font naître chez le lecteur l'impression d'une révélation.
Il faut un brin de génie ou de folie pour voir ce que personne d'autre n'a vu, et il faut un formidable talent d'écrivain pour présenter de telles visions par écrit, en termes humains. Philip K Dick a ce talent, et un grain de génie, ou de folie, ou les deux à la fois. Ses meilleurs livres sont des révélations au sens presque mystique du terme.
Il demeure sous-estimé (tout particulièrement dans son Amérique natale) parce que c'est un homme modeste qui a encore une réputation à faire oublier : celle d'avoir produit un certain nombre de romans peu marquants dans les années 60. Sans doute, à cette époque, a-t-il écrit beaucoup de livres très vite ; mais même ses ouvrages les plus superficiels abordaient des questions fondamentales dans le domaine de la perception, de la philosophie, de la religion et, dans ses livres les plus récents et les plus ambitieux, il est devenu l'un des rares auteurs de science-fiction dont les aperçus peuvent être qualifiés de profonds...
(extrait de "Interview de Philip K Dick" par Charles Platt)
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Par gill, le 26/03/2012
Univers 1986 de
Univers
Trois révélations américaines dans cet "Univers 1986" : Kim Stanley Robinson, avec un récit envoûtant et un entretien exclusif réalisé par Pascal J. Thomas ; Gardner R. Dozois, qui vient de remporter le prix "Nebula" de la meilleure nouvelle pour la deuxième année consécutive ; Carter Scholz, dont le texte porte étrangement le même titre qu'une célèbre nouvelle d'Arthur C Clarke.
Mais aussi des noms qui vous sont plus familiers, R.A. Lafferty, Connie Willis, Nancy Kress. Et John Varley qui évoque pour nous une sexualité...à géométrie variable.
Pour ce qui est des francophones, le retour de Pierre Giuliani, Jean-Pierre April, Jean-Claude Dunyach et Jean-Pierre Vernay, en tandem avec Frédéric Serva qui fait ici ses débuts professionnels, tout comme Paul David et Colette Fayard.
Un seul britannique au sommaire, mais le plus grand : J.G. Ballard, avec l'un de ses derniers textes et une passionnante évocation de Jean Chesneaux sur la cohérence et la richesse de son oeuvre. Et pour clore la partie critique, Michel Lamart nous conte l'histoire de la série "Mouvance" et Lorris Murail rend un vertigineux hommage à René Barjavel et son célèbre paradoxe temporel.
(quatrième de couverture de l'édition parue chez "J'ai Lu" en 1986)
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Par gill, le 28/03/2012
Univers 1988 de
Univers
Univers 1988 s'ouvre sur une de ces idées rares et magnifiques comme seule la science-fiction sait parfois nous en offrir. Ce sont bien, au pied de la lettre, les nourritures intellectuelles qu'évoque le texte de Georges Zebrowski, "Le piège à idées". Ce n'est pas la seule allégorie de ce volume, celle de Howard Waldrop ne le cède en rien en inspiration et beauté, qui a comme protagoniste Ernest Hemingway en personne face à son alter ego barbare : "Le vieil homme et l'homme sauvage".
Mais Univers 1988 fait aussi la part belle aux lendemains qui déchantent et nous attendent, si nous n'y prenons garde, au détour des années 2000. "Arrêt/image"de grégory Benford est une vision cynique d'un futur proche sur fond de manipulation génétique. "Pleurons sous la pluie" de Tanith Lee brosse un tableau aussi douloureux que réaliste d'une terre post-nucléaire, "Dans la dèche en l'an 2000" de Kim Stanley Robinson dépeint sans concessions le quart-monde de nos sociétés dites de progrès : texte terrifiant à force d'être si banalement vrai, auquel répond tel un écho désenchanté, la nouvelle de Michel Jeury, "Machine donne !"...
(extrait de l'éditorial intitulé "Le piège à idées")
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Par gill, le 26/03/2012
Univers 1982 de
Univers
Depuis longtemps, me semblait-il, je ne m'étais pas retrouvé avec Gardienne au bord de la falaise. Ce jour là, peu après les derniers grands froids, un panneau de brume était posé sur la mer, dense et immobile comme un écran de fumée neurotrope à la veille d'un engagement. Sur la droite, pourtant, au delà des ruines de l'ancien port de pêche, je commençais à distinguer la ville.
Elle était à moins de quatre kilomètres de distance à vol d'oiseau, de l'autre côté de la rade. Par la terre, dans mon état, cela représentait deux longues journées de marche.
Je me suis assis sur l'un des bidons à tête de mort. Après toutes ces années, l'inscription en allemand était toujours aussi nette. Elle indiquait les différents rayons d'action du gaz en fonction de l'atmosphère locale.
La lumière du petit soleil mesquin était encore orangée, à cette heure...
(extrait de "Sigmaringen" de Michel Demuth)
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Par gill, le 03/07/2012
Univers 01 de
Univers
Personne n'en doute plus : la science-fiction contemporaine est devenue le genre littéraire le plus intelligent en cette seconde partie du XX° siècle.
Si "Univers" vient s'ajouter à une liste importante de revues de S.F., c'est pour publier ce que cette S.F. a de plus intelligent, de plus achevé, de plus délirant, de plus agressif.
J'y inviterai - puisque me voilà promu faiseur d'Univers - les auteurs dont l'univers personnel rend le nôtre plus intelligible.
Ces Ailleurs et ces demains que la S.F. contemporaine feint de nous proposer, ce sont bien entendu des Ici et des maintenant, souvent peu déguisés.
Univers sera donc l'écho de ce mouvement....
(extrait de l'éditorial "Par delà les murs du sommaire" de l'édition parue chez "J'ai lu" en 1975)
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Par gill, le 28/03/2012
Univers 1989 de
Univers
Les liseurs de sommaire n'auront pas été sans remarquer une participation, plutôt inhabituelle, dans le domaine des écrivains de sexe féminin. Hasards de la sélection, certes, mais hasards non point fortuits, puisque aussi bien les femmes ont écrasé l'an dernier de leur présence -en tous cas au niveau des nouvelles - les deux prix les plus importants de la science fiction américaine, le Hugo et le Nebula.
[...] Hasards d'autant moins fortuits que se dessine, ainsi que nous voulons le montrer dans les échos de l'Univers, une tendance récente vers un courant qualifié aux États-Unis de "réalisme magique", à forte représentation d'auteurs féminins....
(extrait de l'éditorial)
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Par gill, le 26/03/2012
Univers 1983 de
Univers
La science-fiction a toujours mauvaise presse auprès de l’intelligentsia de la culture dominante, et ce, malgré l'explosion du genre au cinéma et dans la bande dessinée.
[...]
A titre de démonstration, vous trouverez ci-dessous le résumé d’œuvres adultes, dont personne n'aurait à rougir, en un mot de textes que tout un chacun ferait lire au béotien de service pour lui prouver que la science-fiction, c'est quand même quelque chose ! Lesdits résumés ont été concoctés sans souci d'objectivité, au seul vu des illustrations de la première de couverture ; à vous de retrouver les titres, auteurs et éditeurs...
1) Au Sahara un OVNI monstrueux en forme de crâne sème la panique dans le harem des sultans locaux. Les pauvres femelles sont offertes nues au Dieu-Os pour calmer son ire, tandis qu'il répand, en échange des virginités anciennes, des gouttelettes de manne destinées à fertiliser le pays. Mais c'est compter sans Myra Laney, douce créature aux pouvoirs paranormaux, qui parvient à emprisonner l'indicible dans une gangue de temps blanc.
2) Un noir africain a trop souffert dans son enfance parce qu'il était petit et malingre. A seize ans, Ô miracle, il découvre le body-building et se refait un tour de biceps en dix jours. Grâce à sa toute nouvelle carrure, il fait fortune dans le diamant, se fait couronner empereur de tous les bokassiens, achète une couette, et finit sa vie dans un immense palais martien, de plus en plus insensible aux beautés alanguies qui ne demanderaient pas mieux que de continuer à le servir à table....
(extrait de "Jeu" par Dominique Martell - qui comprend 9 résumés dont les réponses aux deux premiers, retranscrits ci-dessus, sont : Philip K. Dick "Ubik" - science-fiction et fantastique n°633 "J'ai lu" 1975 et Frank Herbert "Le messie de Dune" science-fiction n°5073 "Press Pocket" 1980)
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