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Armadale de
William Wilkie Collins
« Quand vous dites non à une femme, monsieur, dites-le toujours en un seul mot. Si vous lui donnez des raisons, elle croit invariablement que vous voulez lui dire oui. »
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Par MissAlfie, le 21/01/2011
La dame en blanc de
William Wilkie Collins
Je laisse courir ma plume sur le papier, et je m'éloigne de ce qui m'intéresse réellement. Il est certain que ce n'est pas seulement avec politesse et amabilité, mais avec affection, que sir Percival m'a répondu quand je lui ai timidement proposé de vivre à Blackwater avec Laura et lui. Et je suis sûre qu'il n'aura aucune raison de se plaindre de moi, dans les dispositions où je suis. J'ai déjà dit qu'il était bel homme, très courtois, très bon et généreux envers les malheureux, et plein d'égard pour moi. Je l'avoue ici, je me reconnais à peine dans mon nouveau rôle d'amie très cordiale de sir Percival.
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La dame en blanc de
William Wilkie Collins
Cette histoire montre avec quel courage une femme peut supporter les épreuves de la vie et ce dont un homme est capable pour arriver à ses fins.
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Par MissAlfie, le 21/01/2011
La dame en blanc de
William Wilkie Collins
Là, derrière moi, au milieu de la route déserte qui se détachait plus claire dans la nuit, se tenais une femme sortie de terre comme par miracle ou bien tombée du ciel. Elle était tout de blanc vêtue et, le visage tendu vers moi d'un air interrogateur et anxieux, elle me montrait de la main la direction de Londres. J'étais bien trop surpris de cette soudaine et étrange apparition pour songer à lui demander ce qu'elle désirait.
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Par Couperine, le 23/07/2010
Iolani ou les maléfices de Tahiti de
William Wilkie Collins
Le vallon était putride et désolé, et ses versants - raides et irréguliers - étaient formés de masse de roches décolorées, de bandes d'herbe et d'amas de feuilles mortes. Un marécage sombre et envahi par les herbes recouvrait le fond de la dépression. Dans la partie la plus profonde, la pluie tombée durant la nuit avait formé une mare d'eau stagnante où des feuilles flétries flottaient au milieu des vapeurs pestilentielles. Cet endroit ne connaissait ni les rayons du soleil ni la chaleur humaine, car de toutes les parties de la forêt, c'était celle où la végétation était la plus dense et où les hommes s'aventuraient le plus rarement. Les indigènes nommaient ce lieu "le vallon de l'homme sauvage". En effet, quelques années auparavant, des voyageurs passant par là par hasard avaient aperçu l'un de ces parias hantant ce funeste lieu.
Le prêtre s'approcha encore plus près du bord et, détachant ses yeux de l'enfant, s'arma de courage pour accomplir son dessein criminel. L'aspect effrayant du lieu ne l'affectait en rien. L'état de terreur où il se trouvait était bien trop réel et intense pour cohabiter avec une chose aussi indéfinie et floue que la superstition. En cet instant, il ne ressentait ni pitié ni remords, et pourtant il était incapable de jeter l'enfant dans le précipice. Il ne comprenait pas bien ce qui le retenait ; il n'arrivait pas à percevoir l'origine de la peur qui le tenaillait... mais il restait immobile, fixant la mare d'eau comme s'il était en train de rêver.
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Par itzamna, le 24/07/2011
Sans nom de
William Wilkie Collins
En apparence, mon système peut sembler compliqué ? poursuivit le capitaine. A tout prendre, pourtant, c'est la simplicité même. Je me borne à éviter les erreurs dans lesquelles tombent les praticiens vulgaires. Cela revient à dire que je ne plaide jamais pour moi-même et que je ne m'adresse jamais aux gens riches, deux fatales méprises, que commettent en permanence les praticiens de second ordre. Les gens modestes peuvent avoir parfois de généreuses impulsions en matière d'argent ; les gens riches jamais.
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Par itzamna, le 23/07/2011
Sans nom de
William Wilkie Collins
Il n'était nullement affecté par la physionomie sévère et le langage acéré de Miss Garth. La proposition qu'elle lui adressait le soulageait, tout simplement ; il le laissait voir avec la plus engageante franchise. Cette fois, l'oeil vert prit l'initiative et incita l'oeil brun à exprimer, lui aussi, un retour de sérénité. Le coin des lèvres se retroussa de plus belle ; par un mouvement rapide, l'homme glissa son parapluie sous son bras et tira de son habit un gros portefeuille noir démodé. Il en sortit un crayon et une carte de visite, hésita, réfléchit un instant, puis traça rapidement quelques mots sur la carte qu'il remit aussitôt à Miss Garth, avec l'empressement le plus civil.
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Par itzamna, le 23/07/2011
Sans nom de
William Wilkie Collins
C'était une soirée monotone et sans air. La mer se taisait à l'est, majestueuse et grisâtre, dans un repos absolu. La ligne de l'horizon se noyait, invisible, dans les profondeurs brumeuses du ciel ; immobiles sur l'onde paresseuse, les nefs oisives prenaient je ne sais quels airs de fantômes ; au sud la haute muraille bordant la tranchée maritime, et la massive tour ronde perchée sur le monticule herbu, opposaient aux regards une barrière sombre et lui fermaient toute perspective. A l'ouest, une traînée rouge du soleil couchant faisait resplendir l'extrême limite des cieux, norcissait la silhouette des arbres qui frangeaient les marges lointaines du grand marécage intérieur et changeait ses petites flaques d'eau brillante en flaques de sang.
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Par litolff, le 31/08/2010
Pierre de lune de
William Wilkie Collins
Pas davantage que Rachel, je ne saurais expliquer l'extraordinaire rapidité de notre réconciliation. Le lecteur n'a qu'à se reporter aux périodes de sa vie où il fut lui-même le plus passionnément épris pour comprendre ce qui arriva quand Ezra Jennings eut fermé la porte et nous eut laissés seuls.
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Par itzamna, le 23/07/2011
Sans nom de
William Wilkie Collins
Accablée par ses efforts d'intelligence, Mrs Wragge ne poursuivait plus que dans ses rêves la confection de sa fameuse omelette. Sa tête penchait d'un côté, son corps de l'autre. Un doux ronflement lui échappait. De temps en temps une de ses mains, soulevée en l'air, agitait une poêle chimérique et retombait, avec un faible choc, sur le livre de cuisine étalé en son giron. Au bruit de la voix conjugale, elle se dressa debout en sursaut et, l'intelligence encore endormie mais les yeux tout grands ouverts, elle fit face au capitaine.
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La dame en blanc de
William Wilkie Collins
Il est curieux de constater combien les beautés de la nature nous impressionnent peu, quand nous avons d’autres préoccupations en tête.
C’est seulement dans les romans que nous recherchons auprès de la nature un réconfort dans nos peines, une sympathie dans nos joies.
L’admiration pour ces splendeurs inanimées que la poésie moderne décrit avec tant d’éloquence n’existe pas à l’état latent dans notre être intime.
Aucun de nous ne la possède étant enfant et aucune personne n’en est imprégnée en naissant.
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Pierre de lune de
William Wilkie Collins
La discussion avait commencé quand Mr Franklin avait avoué qu’il avait très mal dormi la nuit précédente. Le docteur lui avait alors conseillé de passer un sérieux examen médical et de prendre, en attendant, quelque remède pour calmer les nerfs. Mr Franklin se lança alors dans une comparaison entre les consultations médicales et l’expérience qui consiste à se déplacer à tâtons dans le noir – ce qui revenait au même à l’en croire.
Avec un grand sens de la répartie, le docteur répliqua qu’il n’avait qu’a continuer à chercher le sommeil dans l’obscurité.
Mon jeune maître, saisissant la balle au bond, raconta qu’on lui avait souvent parlé d’aveugles en conduisant d’autres, et qu’il comprenait maintenant ce que cela voulait dire. Ils continuèrent sur ce ton jusqu'à perdre tout contrôle d’eux-mêmes;
Milady dut intervenir.
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Par soukee, le 11/09/2011
Pierre de lune de
William Wilkie Collins
Il en faut peu pour pleurer quand vous êtes jeune et que vous entrez dans la vie. Il en faut encore moins quand vous êtes vieux et que vous êtes sur le point de la quitter.
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Par MissAlfie, le 21/01/2011
La dame en blanc de
William Wilkie Collins
Je me doutais bien que cette lettre aurait pour effet de faire arriver une Marian indignée et faisant claquer les portes. Mais, n'eussé-je pas écrit dans ce sens, j'aurais sans doute vu venir chez moi, après un jour ou deux, un sir Percival très irrité qui, également, aurait fait claquer les portes. Or, je préférais la fureur de Marian, à laquelle j'étais habitué.
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Par litolff, le 30/08/2010
Pierre de lune de
William Wilkie Collins
Les gens du monde ont en général, suspendue au-dessus de leur tête, une épée terrible - je veux parler de l'oisiveté.Leur existence se passant le plus souvent à chercher autour d'eux une chose ou une autre à entreprendre, il est curieux de constater - surtout quand leurs goûts peuvent être qualifiés "d'intellectuels" - comme ils peuvent entreprendre à l'aveuglette des tâches vaines.
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Par litolff, le 30/08/2010
Pierre de lune de
William Wilkie Collins
Après cinq années sur l'escalier en malentendus, il plut à la très sage Providence de nous soulager l'un et l'autre en rappelant ma femme au ciel.
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Passion et repentir de
William Wilkie Collins
Mais que dites-vous ? Les Journaux seraient responsables de la guerre ?
- Entièrement responsables. Vous ne voyez donc pas clair dans l’époque qui est la nôtre ! est-ce que quiconque fait quoi que ce soit de nos jours- y compris se battre- sans souhaiter que cela soit mentionné dans la presse ?
Je souscrit à une œuvre de bienfaisance ; vous recevez un témoignage d’estime ; il fait un sermon en chaire ; nous subissons une injustice ; vous faites une découverte ; ils vont se marier à l’église.
Et je, il, nous, vous,, ils, tout le monde veut une seule et même chose : que cela figure dans les journaux. Les rois, les militaires, les diplomates, font- ils exception à la règle commune à l’humanité ?
Que non pas ! Je vous le dis tout net : si les journaux européens avaient tous décidé de ne pas faire le moindre cas de la guerre entre la France et l’Allemagne, j’ai la ferme conviction qu’il y a beau temps que cette guerre se serait arrêté faute d’encouragements.
Que la plume cesse de faire de la réclame pour le glaive, et je vois d’ici le résultat : pas de comptes rendus, pas de combats.
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Pierre de lune de
William Wilkie Collins
Une de nos invitées au diner était la très digne Mrs Threadgall, veuve d’un professeur. Cette bonne dame parlait continuellement de son mari, sans jamais préciser qu’il était mort ; elle pensait, je suppose, que tout les Anglais normalement constitués devaient le savoir.
Or, pour combler un moment de silence, un des convives se mit à parler de l’anatomie humaine, sujet assez désagréable, à mon avis.
Là-dessus, la bonne Mrs Threadgall déclara bien entendu que l’anatomie était une étude qui passionnait son mari à ses heures de loisirs, sans d’avantage préciser que celui-ci n’était plus de ce monde.
La malchance voulut que le Dr Candy, assis en face d’elle et ignorant tout du professeur Threadgall, l’entendît. Etant l’homme le plus poli du monde, il saisit l’occasion de fournir maints renseignements qui pourraient aider le professeur dans ses passe-temps anatomiques.
-L’amphithéâtre de médecine possède depuis quelques temps de remarquables squelettes, dit-il à hautes voix et content de lui-même. Je conseille au professeur, madame d’aller les voir, dés qu’il le pourra.
On aurait entendu une mouche voler. Personne ne parlait, sans doute par respect pour la mémoire du professeur.
Je me trouvais précisément à ce moment derrière Mrs Threadgall, à qui je versais discrètement un verre de vin blanc du Rhin. Elle baissa la tête et dit d’une voix presque imperceptible :
-Mon cher mari n’est plus.
Le Dr Candy n’entendît rien et, à mille lieues de soupçonner la vérité, reprit, plus empressé que jamais de se montrer poli :
-Le professeur ignore peut-être que la carte de membre de l’université lui donne accès à l’amphithéâtre tous les jours, excepté le dimanche de dix heures du matin à quatre heures de l’après-midi.
Mrs Threadgall plongea la tête jusque dans sa grimpe et d’une voix plus imperceptible encore :
-Mon cher mari n’est plus, répéta-t-elle.
Je lançais un coup d’œil significatif au docteur, Miss Rachel lui toucha le bras, Milady chercha également à attirer son attention du regard : rien n’y fit ! Il continuait à parler avec une cordialité que rien n’aurait pu interrompre.
-Je serais enchanté, madame, d’envoyer ma carte au professeur si vous voulez bien me donner son adresse actuelle.
-Son adresse actuelle, c’est la tombe, monsieur ! s’écria alors Mrs Threadgall gagné par la colère, d’une voix qui fit trembler tous les verres de la table. Le professeur est mort depuis dix ans !
-Bonté du ciel ! s’écria le Dr Candy.
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Pierre de lune de
William Wilkie Collins
Milady reçut une lettre d’un très digne et respectable prélat lui annonçant deux surprenantes nouvelles : la première est que le colonel avait sur son lit de mort pardonné à sa sœur, la seconde qu’il avait pardonné à tous ses semblables et qu’il avait eu une fin des plus édifiantes.
Moi-même, en dépit des évêques et du clergé, j’avais pour l’église un respect profondément sincère ; mais j’ai la conviction tout aussi profonde que le diable continuait de posséder l’honorable John, et que le dernier acte odieux, après tant d’autres, de celui-ci, avait été, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi, de jouer un bon tour au prélat !
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Pierre de lune de
William Wilkie Collins
Ma tante Ablewhite est une femme grande, silencieuse et de belle prestance. Elle se distingue des autres en ce qu’elle n’a jamais rien su faire par elle-même. Elle a traversé la vie en acceptant l’aide de tous et en adoptant les opinions de chacun. Spirituellement parlant, je n’ai jamais rencontré de personne aussi décourageant.
Elle écoutait le Grand Lama du Tibet exactement comme elle m’écoute, et elle entrerait dans des vues aussi facilement qu’elle entre dans les miennes.