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Fourrure de
Adelaïde de Clermont-Tonnerre
Pour la route ce long passage dense et admirable de concision.
“Je le remerciai et le levait. Il était hors de question que je mette ma fille entre les mains de ces gens là. Depuis le temps que je leur faisais la guerre à ces simplificateurs de l’humanité qui voient les autres comme un amas de problèmes à résoudre, niant leur merveilleuse complexité, détruisant des années de créativité qui leur ont permis d’inventer ces charmants petits TOC, ces petites névroses passionnantes, ces rituels absurdes et poétiques, ces traumatismes émouvants, ces cicatrices guerrières, ces maladies imaginaires qui font toute l’originalité d’un être. Tout ça pourquoi ? Le bonheur ? On gave les gens avec ce mythe, on pompe leur fric, on décortique leurs rêves, on leur coupe les couilles et la libido au nom de cette fabuleuse arnaque, ce concept vide que personne n’a jamais été foutu de définir. Et les infortunées victimes de se lamenter, espérant sans relâche cette satiété inatteignable dont ils n’ont goûté, jusqu’ici, que les restes : le confort, le sexe ou même l’amour. Lamour, cet absolu à la portée des caniches, comme disait l’autre…Tout ça pour nourrir un néo-clergé de profiteurs des faibles et des cabossés. Des confesseurs qui s’entretuent pour des querelles de chapelles, des théologiens qui essaient de faire tenir le vivant, le mouvant, l’émouvant dans la forme contre nature d’une prétendue normalité. Normalité qu’ils décrètent en monarques absolus. […] Leur normalité ne vaut pas mieux que la moralité avec laquelle on nous a entravés des siècles durant. La névrose a remplacé la faute originelle, personne n’y échappe et ceux qui prétendent ne pas en souffrir sont en plein déni. Ah, il est très au point leur petit arsenal de soumission d’autrui ! L’exigence du bonheur n’est pas moins redoutable que le péché et sa culpabilité. Un merveilleux outil pour prendre le pouvoir sur l’esprit de son prochain, car c’est de pouvoir qu’il s’agit. Il faut être vraiment borné pour croire une seule minute que ces parasites veulent « aider » qui que ce soit.”
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Par Zazette97, le 04/06/2011
Fourrure de
Adelaïde de Clermont-Tonnerre
Pourquoi les hommes aiment-ils les garces dans mon genre? Parce qu'elles les soulagent. Avec les femmes bien, ils sont débiteurs. Rien de plus annihilant que cette prison de l'amour et de la perfection dont elles ligotent leurs maris et leurs amants. Elles les écrasent de culpabilité, dissolvent leur confiance, sapent leur virilité. Auprès de ces mantes religieuses sapées de sainteté, ils n'ont pas d'excuses. Pas le droit d'être ratés, fragiles ou infidèles.
Avec une femme comme moi, ils sont libres. Libres d'être aussi salauds que je le suis. Libres d'être eux-mêmes, avides et conquérants, sans loyauté et sans fardeau. Pourquoi croyez-vous qu'ils continuent à tomber dans mes filets? Parce que je n'en ai pas. p.483
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Par Zazette97, le 04/06/2011
Fourrure de
Adelaïde de Clermont-Tonnerre
Pierre avait aimé leur différence d'âge. Les vingt ans qui les séparaient la rendaient moins forte, plus accessible. Lorsqu'il tenait Zita contre lui, en pleine lumière, les marques que le temps avait laissées sur son visage l'émouvaient, comme les cicatrices d'une guerrière.
Sa vie se lisait sur sa peau et il la trouvait belle. Les hommes qui prétendent aimer la jeunesse ne font que s'aimer eux-mêmes, songea-t-il. Lui n'éprouvait pas le besoin de projeter l'encre de ses fantasmes sur la page blanche de femmes en devenir. Un être malléable ne lui inspirait pas de désir : c'était conquérir du vide. Il préférait les femmes que la vie avait polies et marquées, celles dont on touche, comme sur un livre en braille, les humiliations et les plaisirs au coin de la bouche et des yeux. Il aimait qu'avec un corps il y ait une âme un peu lasse et fourbue qui vienne se lover contre lui. Il l'aimait elle, Zita. Avec son passé, ses blessures, ses lâchetés et ses effrois. p.28
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Par soukee, le 18/03/2010
Fourrure de
Adelaïde de Clermont-Tonnerre
L'amour, cet opium des femmes. Ce narcotique bon marché avec lequel on endormait depuis des siècles nos velléités d'indépendance.
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Fourrure de
Adelaïde de Clermont-Tonnerre
“J’en croise, dans le quartier, plus bourgeoises que les bourgeoises-nées. Elles avancent avec l’arrogance de celles qui méritent d’être là, parmi les privilégiées. Elles n’ont aucune pitié pour ceux qui n’ont pas su s’en sortir, moi non plus d’ailleurs. Cette place nous l’avons gagnée à la sueur de notre front et aux larmes de notre cul.”
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Par soukee, le 18/03/2010
Fourrure de
Adelaïde de Clermont-Tonnerre
Il faut toujours avoir un livre sur soi, c'est mieux que les cigarettes pour ignorer superbement le monde.
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Par Aela, le 02/07/2011
Fourrure de
Adelaïde de Clermont-Tonnerre
Nous effacions les mauvaises expériences comme on essuie une larme d'humiliation d'un revers de main en prétendant que l'on a une poussière dans l'oeil. On ne lui parlait d'ailleurs pas des coups tordus. Nous la protégions. Elle était un peu la responsable de niveau d'un pensionnat de jeunes filles, un peu notre mère. Elle n'aurait pas supporté que l'on fasse du mal à ses enfants. Et puis nous vendions cette bonne camaraderie du sexe. Toute notion de contrainte, toute obligation économique aurait terni le fantasme et, par ricochet, abîmé son image de marque. Personne n'a envie d'exploiter le malheur et la pauvreté. Personne ne veut savoir que certaines de ces filles se faisaient refaire les seins ou le nez pour augmenter leurs revenus, que d'autres travaillaient sept jours sur sept pour nourrir une petite famille en banlieue et qu'une bonne partie en ressortaient psychologiquement bousillées.
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Par irenelec, le 11/09/2011
Fourrure de
Adelaïde de Clermont-Tonnerre
Son seul luxe était les livres............ Il m'apprit à les respecter. A ne pas trop les ouvrir pour ne pas en casser le dos ou leur faire perdre leurs feuilles. Ales tenir à bonne distance : deux grandes mains ouvertes entre la page et mes yeux pour ne pas m'abîmer la vue. A y glisser un fil, un papier ou un brin d'herbe au lieu de les poser à l'envers ou de les corner quand j'en arrêtais la lecture.