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Par Pasdel, le 17/04/2012
L'Invention de Morel de
Adolfo Bioy Casares
Me voici sauvé des jours interminables que j’aurais dû vivre en attendant la mort dans un monde sans Faustine. Me voici sauvé d’une interminable mort sans Faustine.
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Par Pasdel, le 16/04/2012
L'Invention de Morel de
Adolfo Bioy Casares
Je crois que ces gens ne sont pas venus me chercher ; il se peut, même, qu’ils ne m’aient pas vu. Mais je subis mon destin : démuni de tout, je me trouve confiné dans l’endroit le plus étroit, le moins habitable de l’île, dans des marécages que la mer recouvre une fois par semaine.
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Par Pasdel, le 17/04/2012
L'Invention de Morel de
Adolfo Bioy Casares
Ce ne fut point comme si elle ne m’avait pas entendu, comme si elle ne m’avait pas vu ; ce fut comme si ses oreilles ne lui servaient pas à entendre, comme si ses yeux ne lui servaient pas à voir.
D’une certaine façon, elle m’insulta ; elle montra qu’elle ne me craignait pas. Il faisait déjà nuit lorsqu’elle ramassa son sac à ouvrage et s’achemina sans hâte vers le sommet de la colline.
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Par Woland, le 24/10/2010
L'Invention de Morel de
Adolfo Bioy Casares
[...] ... Je possède une donnée qui peut servir aux lecteurs de ce rapport à préciser la date de la seconde apparition des intrus : les deux lunes et les deux soleils ont été vus le jour suivant. Il pourrait s'agir d'une apparition locale ; cependant, il me semble plus probable qu'il s'agisse d'un phénomène de mirage provoqué par le lune ou le soleil d'une part, la mer et l'air d'autre part, visible, certainement, de Rabaul [volcan mais aussi ville de La Nouvelle Bretagne, en Papouasie-Nouvelle Guinée] et de toute cette région. J'ai observé que ce second soleil - une image, peut-être, de l'autre - est beaucoup plus violent. Il me semble que, entre hier et avant-hier, il s'est produit une hausse infernale de la température. On dirait que le nouveau soleil a ajouté au printemps un été caniculaire. Les nuits sont très claires, il y a comme une lueur polaire errant dans l'air. Toutefois, je suppose qu'il n'y a pas un grand intérêt à parler ici des deux lunes et des deux soleils ; le phénomène a dû être connu partout, soit par l'observation directe, soit au travers d'informations plus doctes et complètes. Je ne le rapporte pas pour sa valeur poétique ou comme une curiosité, mais afin que mes lecteurs, qui reçoivent des journaux et tiennent des éphémérides, puissent dater ces pages.
C'est la première fois que nous vivons des nuits avec deux lunes. Mais on a déjà vu deux soleils. Cicéron en parle dans son De Natura Deorum :
Tum sole quod ut e patre audivi Tuditano et Aquilio consulibus evenerat.
Je ne crois pas avoir mal cité (1). Au collège Miranda, M. Lobre nous a fait apprendre par coeur les cinq premières pages du Livre Second et les trois dernières du Livre Troisième. C'est tout ce que je sais de La Nature des Dieux.
Les intrus ne sont pas venus me chercher. Je les vois apparaître sur les bords de la colline. Notre âme est si imparfaite (et peut-être aussi à cause des moustiques), que j'ai eu soudain la nostalgie du passé, quand je vivais sans l'espérance de Faustine mais aussi sans angoisse. J'ai eu la nostalgie de ce moment où je me suis vu installé de nouveau au musée, maître d'une solitude domestiquée.
(1) : Il se trompe. Il oublie le mot le plus important : Geminato (de geminatus, jumelé, doublé, répété, réitéré). La phrase exacte est : " ... Tum sole geminato, quod, ut e patre audivi, Tuditano et Aquiliano consulibus evenerat ; quo quidem anno Publius Africanus sol alter extinctus est ..." (Traduction :[b] "Les deux soleils qui, d'après ce que j'ai entendu dire à mon père, ont été vus sous le consulat de Tuditanus et Aquilius ; en la même année où s'éteignit cet autre soleil de Publius l'Africain." (183 av. J.C) (Note de l'Editeur) ... [...]
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Par Woland, le 24/10/2010
L'Invention de Morel de
Adolfo Bioy Casares
[...] ... La femme au foulard m'est devenue maintenant indispensable. Toute cette hygiène de ne rien espérer est peut-être un peu ridicule. Ne rien espérer de la vie, pour ne pas la risquer ; se considérer comme mort, pour ne pas mourir. Cela m'est apparu soudain comme une léthargie effrayante et très inquiétante ; je veux y mettre un terme. Après ma fuite, pour avoir vécu sans tenir compte d'une lassitude qui me détruisait, j'ai atteint au calme ; les décisions que je vais prendre me renverront peut-être à tout ce passé, ou aux juges [le narrateur pense parfois que ces "hôtes" inconnus sont là pour le traquer et le dénoncer] ; je préfère cela à ce purgatoire définitif.
Il a commencé voilà huit jours. J'ai rapporté alors le miracle de l'apparition de ces gens ; le soir même, je tremblais auprès des rochers de l'ouest. Je me disais que tout était vulgaire : le type bohémien de la femme, et mon propre amour de solitaire recuit. Je revins les deux soirs suivants : la femme s'y trouvait ; je commençai à penser que c'était bien là l'unique miracle ; puis vinrent les jours funestes où je la manquai par la faute des pêcheurs[autres invités], du barbu [Morel], de l'inondation, des dégâts de l'inondation qu'il me fallut réparer. Aujourd'hui, dans l'après-midi ... [...]
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Par Piling, le 22/09/2008
Première phrase du livre
Journal de la guerre au cochon de
Adolfo Bioy Casares
incipit : Isidoro Vidal, qu'on appelait Don Isidro dans le quartier, ne sortait pour ainsi dire plus de sa chambre et ne recevait personne depuis huit jours.
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Par kounil98, le 11/07/2011
L'Invention de Morel de
Adolfo Bioy Casares
Les premières phrases : Aujourd'hui, dans cette île, s'est produit un miracle. L'été a été précoce. J'ai disposé mon lit près de la piscine et je me suis baigné jusque très tard. Impossible de dormir.
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L'Invention de Morel de
Adolfo Bioy Casares
A celui qui, se fondant sur ce rapport, inventera une machine capable de rassembler les présences désagrégées, j'adresserai une prière : qu'il nous cherche Faustine et moi, qu'il me fasse entrer dans le ciel de la conscience de Faustine. Ce sera là une action charitable.
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Par zevince, le 05/02/2012
L'Invention de Morel de
Adolfo Bioy Casares
Cette éternité qui se répète indéfiniment peut paraître atroce à un spectateur... mais pour ces gens, elle est satisfaisante... libérés des mauvaises nouvelles et de la maladie. Ils vivent toujours comme si c'était la première fois, sans se souvenir des fois antérieures.