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Par caro64, le 17/05/2012
Une étoile aux cheveux noirs de
Ahmed Kalouaz
Tu n'aimes plus ce pays je crois. Est-ce l'idée de la mort qui approche ? Dans ta tête s'est établie une frontière que je refuse pourtant d'admettre, même si, comme en tapisserie, tu tisses des regrets, tu caches des colères trop longtemps contenues. Tu me parles souvent des invectives, du racisme que nous avons subi. Ma mémoire a fait le tri. Toi tu penses aux couvre-feux des années soixante, aux humiliations qui ont été infligées à ton mari, à ce temps qu'il a passé auprès de toi, étranger partout, traité comme un moins que rien, avant de finir sur une dernière vexation, un outrage à la hauteur du manque de considération dont il a souffert toute sa vie. Une vie de labeur, pour une retraite aux allures d'insulte.
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Par caro64, le 17/05/2012
Une étoile aux cheveux noirs de
Ahmed Kalouaz
Depuis ces premiers frimas, frêles souvenirs, le soleil a passé sa langue chaude dans ton cou, pris quelques secrets au passage, un parfum d’enfance, emporté ton coeur vers l’automne. Tu as vieilli et ton visage est un miroir pour moi. Fleur fragile, précieuse, tu es devenue au fil du temps ce souvenir fatigué qui savait jadis calmer une angoisse, une faim inassouvie. la nuit venue nous appelions pour trois gouttes de lait, affamés ou perclus de peur, chacun à sa manière. Peur de l’abandon, de la place prise par un autre plus jeune que nous. Le soleil s’est posé tant de fois sur ton épaule, ainsi la vie va, la nôtre après la tienne.
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Par caro64, le 17/05/2012
Une étoile aux cheveux noirs de
Ahmed Kalouaz
Aujourd’hui, il est impossible de suspendre le temps, mais je vais tenter de le ralentir, prenant la route à vitesse lente, pour mieux te retrouver, traverser tout un pays, pour rejoindre le tien, là où les rides sont devenues une certitude, comme un viatique pour la contée des craintes, que tu atténues sans doute par des prières quotidiennes.
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Par caro64, le 17/05/2012
Une étoile aux cheveux noirs de
Ahmed Kalouaz
On reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait en partant.
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Par Seraphita, le 12/04/2010
Avec tes mains de
Ahmed Kalouaz
Même si ce sont aujourd’hui les miens, tous ces gestes t’appartiennent. Ce que tu n’as pas su dire en paroles s’est imprimé dans mes yeux, et je reproduis ces gestes à mon tour. Ce sont comme des mots qui reviennent, ce langage des mains, celui que tu as pratiqué jusqu’à l’épuisement.
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Par Seraphita, le 12/04/2010
Avec tes mains de
Ahmed Kalouaz
C’est triste une main d’homme qui n’a jamais tenu un livre entre ses doigts.
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Par Seraphita, le 12/04/2010
Avec tes mains de
Ahmed Kalouaz
« Travail, famille, patrie », la devise du Maréchal avait laissé des traces dans les mentalités. C’était encore le temps du travail souverain, la reconnaissance passait d’abord par le fait de manier la truelle, la pelle ou la bêche. Si tu maniais mal la langue de France, et que, contrairement aux autres, tu ne savais pas lire le journal, tu pouvais au moins, grâce à tes bras, te rallier à la valeur commune, te soumettant de bonne grâce à cette vertu collective.
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Une étoile aux cheveux noirs de
Ahmed Kalouaz
La vieillesse est un dépouillement,une dépossession,l'hiver de la vie emporte les dernières illusions,les pommiers en fleurs,les amandiers de ton enfance.
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Une étoile aux cheveux noirs de
Ahmed Kalouaz
Tu as fait longtemps partie de cette communauté de femmes affublées de leur tablier blanc et qui ont enduré les lessives, debout devant les bassins d’eau froide, pour rincer encore et encore, subir cette litanie du linge, renoncer à votre beauté, à peine le temps de passer une main humide sur vos cheveux, un doigt mouillé sous vos yeux. Au labeur, comme si vous aviez été élevées pour remplir votre temps de tâches ingrates, toujours à la recherche d’une occupation, d’un coup de balai machinal, d’un coup de chiffon sur la poussière imaginaire.
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Par canel, le 16/03/2012
Je préfère qu'ils me croient mort de
Ahmed Kalouaz
(...) nous en étions simplement à rêver de jouer avec un bon ballon et de pouvoir un jour prendre soin de nos parents [au Mali] en les aidant à vivre décemment. Même si pour eux, au fond, footballeur, c'était un travail comme un autre. Il n'y avait qu'une manière de leur faire plaisir. Réussir. Et, très vite, envoyer de l'argent à la famille, comme le faisaient les oncles balayeurs, les cousins cuisiniers ou manutentionnaires. (p. 47)