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Par Seraphita, le 12/04/2010
Avec tes mains de
Ahmed Kalouaz
C’est triste une main d’homme qui n’a jamais tenu un livre entre ses doigts.
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Je préfère qu'ils me croient mort de
Ahmed Kalouaz
Issa était aussi passé par les mains d'un rabatteur qui lui avait promis, ainsi qu'à ses parents, qu'il aurait l'occasion de jouer au plus haut niveau dans des clubs dont les noms résonnaient comme un refrain, une danse capable de vous mettre en transe. Il avait lu dans le journal cette petite annonce qui promettait des merveilles : "Saisissez l'occasion de jouer dans une grande équipe d'Europe ou d'Amérique. Contactez-nous. Boîte postale 23 à Douala."
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Par Seraphita, le 12/04/2010
Avec tes mains de
Ahmed Kalouaz
Même si ce sont aujourd’hui les miens, tous ces gestes t’appartiennent. Ce que tu n’as pas su dire en paroles s’est imprimé dans mes yeux, et je reproduis ces gestes à mon tour. Ce sont comme des mots qui reviennent, ce langage des mains, celui que tu as pratiqué jusqu’à l’épuisement.
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Par caro64, le 17/05/2012
Une étoile aux cheveux noirs de
Ahmed Kalouaz
Tu n'aimes plus ce pays je crois. Est-ce l'idée de la mort qui approche ? Dans ta tête s'est établie une frontière que je refuse pourtant d'admettre, même si, comme en tapisserie, tu tisses des regrets, tu caches des colères trop longtemps contenues. Tu me parles souvent des invectives, du racisme que nous avons subi. Ma mémoire a fait le tri. Toi tu penses aux couvre-feux des années soixante, aux humiliations qui ont été infligées à ton mari, à ce temps qu'il a passé auprès de toi, étranger partout, traité comme un moins que rien, avant de finir sur une dernière vexation, un outrage à la hauteur du manque de considération dont il a souffert toute sa vie. Une vie de labeur, pour une retraite aux allures d'insulte.
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Par Seraphita, le 12/04/2010
Avec tes mains de
Ahmed Kalouaz
« Travail, famille, patrie », la devise du Maréchal avait laissé des traces dans les mentalités. C’était encore le temps du travail souverain, la reconnaissance passait d’abord par le fait de manier la truelle, la pelle ou la bêche. Si tu maniais mal la langue de France, et que, contrairement aux autres, tu ne savais pas lire le journal, tu pouvais au moins, grâce à tes bras, te rallier à la valeur commune, te soumettant de bonne grâce à cette vertu collective.
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Par orbe, le 23/10/2012
Mon coeur dans les rapides de
Ahmed Kalouaz
- Tu trouves que c'est bien d'être avec quelqu'un?
- Comment ça quelqu'un?
- Un garçon que tu aimes, par exemple.
- Tu dois savoir mieux que moi non?
- Moi, je crois que si on est avec un autre, c'est surtout pour se rassurer soi-même et être aimé.
- C'est déjà bien, tu ne trouves pas?
- Oui, mais qu'est-ce qu'on a besoin comme amour ! Il en faudrait des tonnes pour nous rassurer.
- Le peu que j'ai me suffit pour l'instant."
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Une étoile aux cheveux noirs de
Ahmed Kalouaz
La vieillesse est un dépouillement,une dépossession,l'hiver de la vie emporte les dernières illusions,les pommiers en fleurs,les amandiers de ton enfance.
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Une étoile aux cheveux noirs de
Ahmed Kalouaz
Tu as fait longtemps partie de cette communauté de femmes affublées de leur tablier blanc et qui ont enduré les lessives, debout devant les bassins d’eau froide, pour rincer encore et encore, subir cette litanie du linge, renoncer à votre beauté, à peine le temps de passer une main humide sur vos cheveux, un doigt mouillé sous vos yeux. Au labeur, comme si vous aviez été élevées pour remplir votre temps de tâches ingrates, toujours à la recherche d’une occupation, d’un coup de balai machinal, d’un coup de chiffon sur la poussière imaginaire.
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Par canel, le 16/03/2012
Je préfère qu'ils me croient mort de
Ahmed Kalouaz
(...) nous en étions simplement à rêver de jouer avec un bon ballon et de pouvoir un jour prendre soin de nos parents [au Mali] en les aidant à vivre décemment. Même si pour eux, au fond, footballeur, c'était un travail comme un autre. Il n'y avait qu'une manière de leur faire plaisir. Réussir. Et, très vite, envoyer de l'argent à la famille, comme le faisaient les oncles balayeurs, les cousins cuisiniers ou manutentionnaires. (p. 47)
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Par Villoteau, le 25/02/2013
Les fantômes d'Octobre de
Ahmed Kalouaz
Des manifestants s’effondrent et ne bougent plus, d’autres roulent à terre en se tenant une épaule, le ventre, les côtes. Belkacem aussi a entendu, il y a quelques semaines, des gardiens de la paix dire qu’il fallait tous les mettre au bouillon.