-
Par Dconeed, le 21/12/2010
L'Oeil d'Horus de
Alain Surget
Le grognement que poussa le dieu ébranla la montagne toute entière. Dressé au milieu des vagues, il fixait les intrus d'un œil hostile.
- Je... je suis le fils du roi, balbutia Menî, comme si cela pouvait le protéger.
- Un fils de roi se croque de la même manière que n'importe quel autre enfant ! tonna Sobek.
-
Par Myrtle, le 26/08/2011
Le voleur de pandas de
Alain Surget
Li reniflait, ravalait ses larmes. Non pas tant à cause du coup qu'il avait reçu, mais parce que toutes ses tentatives échouaient et que chaque toux du moteur l'éloignait de la ville.Il savait qu'une fois dans la montagne, il ne pourrait plus se passer de Ming pour survivre. Et si le vieux l'abandonnait? Li regretta sa conduite : c'était sa dernière chance de faire arrêter le voleur, il n'y était pas parvenu et en plus il venait de perdre irrémédiablement la confiance de l'homme, si fragile fût-elle. Il aurait voulu s'en ouvrir au panda, lui confier sa peine, ses sentiments contraires. Il posa son front sur les barreaux, se mit à pleurer. Kim cessa de manger, approcha sa tête, vint effleurer son compagnon d'infortune. Les yeux fermés, Li se laissait caresser le visage par cette langue râpeuse, imaginant qu'il serrait le panda dans ses bras comme lorsqu'il se consolait, tout jeune enfant, avec son ours en peluche.
> lire la suite
-
Mary tempête : Le destin d'une femme pirate de
Alain Surget
Des cadavres, Mary en a vu souvent, mais elle n'en a jamais transporté. Rudy lui paraît lourd, si lourd qu'elle a l'impression que la mort l'a rempli de plomb. Titubant le long des coursives et se cognant aux poutres à chaque envolée ou chute du Roosendhal, la jeune femme et un marin peinent à ramener le corps sur le tillac. Sitôt à l'air libre, elle prend la tempête en plein visage. Le ciel est couleur de suie ; une mer d'encre se cabre en soulevant des vagues énormes. Le grain a crevé, et une trombe d'abat hache le navire. Cramponnés aux drisses et aux écoutes, les gabiers achèvent d'enverguer les basses voiles et bordent plat les huniers et les cacatois. Puis ils redescendent en se laissant filer le long des étais. Le capitaine est agrippé à la rambarde de la dunette, assisté du second et du bosco, qui s'égosille à redistribuer les ordres à l'équipage.
> lire la suite
-
Par Myrtle, le 26/08/2011
Le voleur de pandas de
Alain Surget
Kim émit un petit grognement, s'assit, le dos droit, oscillant sur son postérieur comme les jouets au fond courbé et plombé qui bringuebalent de gauche et de droite avant de s'arrêter en équilibre. Il resta un moment dans cette position, observant le petit Chinois collé à sa grille, puis il se laisse retomber sur ses pattes. Il avisa un épi de maïs, le renifla à deux, trois reprises, l'abandonna et revint planter son museau entre les barres, sur l'épaule de Li-Fong.
- Tu t'ennuies, mon vieux, mais je me demande si ce n'est pas préférable à la peur.