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Par BlueGrey, le 27/08/2009
Le Pavillon des cancéreux de
Alexandre Soljenitsyne
Cela faisait six mois que je souffrais comme un martyr, j'en étais arrivé le dernier mois à ne plus pouvoir rester ni couché, ni assis, ni debout sans avoir mal, je ne dormais plus que quelques minutes par vingt-quatre heures, eh bien, tout de même, j'avais eu le temps de réfléchir ! Cet automne-là, j'ai appris que l'homme peut franchir le trait qui le sépare de la mort alors que son corps est encore vivant. Il y a encore en vous, quelque part, du sang qui coule mais, psychologiquement, vous êtes déjà passé par la préparation qui précède la mort. Et vous avez déjà vécu la mort elle-même.
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Par carre, le 05/02/2012
Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
Ce départ en pleine nuit pour l'appel du matin, par froid de loup, avec le froid au ventre pour la journée entière, il n'y avait pas pire crève-coeur. On en ravale sa langue. Ca vous coupe l'envie de causer entre soi.
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Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
Il s’endormait, Choukhov, satisfait pleinement. Cette journée lui avait apporté des tas de bonnes chances : on ne l’avait pas mis au cachot ; leur brigade n’avait point été envoyée à la Cité du Socialisme ; à déjeuner, il avait maraudé une kacha ; les tant-pour-cent avaient été joliment décrochés par le brigadier ; il avait maçonné à cœur joie ; on ne l’avait point paumé avec sa lame de scie pendant la fouille ; il s’était fait du gain avec César ; il s’était acheté du bon tabac ; et au lieu de tomber malade, il avait chassé le mal.
Une journée de passée. Sans seulement un nuage. Presque de bonheur.
Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait, d’un bout à l’autre, trois mille six cent cinquante-trois.
Les trois de rallonge, c’était la faute aux années bissextiles.
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Par sarasvati, le 12/04/2010
Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
p. 165/
Le vrai ennemi du prisonnier, c'est le prisonnier son frère. Si les zeks n'étaient pas des chiens entre soi...eh bien, les chefs, ils ne seraient plus de force à les commander.
...marche! qu'il crie, le sous-chef d'escorte.
On arrive au poste de garde.
Le poste, cinq routes y mènent. Une heure avant, elles fourmillaient de zeks. Le jour qu'on les bâtira en rues, l'endroit du poste et de la fouille deviendra la grand-place. Et de la même façon qu'à présent les colonnes de zeks qui rappliquent du boulot, c'est là que les cortèges se rencontreront pour les fêtes.
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Par Piling, le 20/07/2008
Première phrase du livre
Le Pavillon des cancéreux de
Alexandre Soljenitsyne
incipit :
Le pavillon des cancéreux portait... le numéro treize. Paul Nikolaïovitch Roussanov n'avait jamais été superstitieux et il n'était pas question qu'il le fût, mais il ressentit une pointe de découragement, lorsqu'il lut sur sa feuille d'entrée : pavillon treize.
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Par Austral, le 12/12/2011
Les Droits de l'écrivain, suivi de Discours de Stockholm de
Alexandre Soljenitsyne
Les artistes peuvent accomplir ce miracle. Ils peuvent surmonter cette faiblesse caractéristique de l’homme qui n’apprend que de sa propre expérience tandis que l’expérience des autres ne le touche pas.
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Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
Qui va moucharder chez le Parrain s'en tire toujours.Avec la peau des autres.
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Par lanard, le 10/01/2011
Zacharie l'escarcelle de
Alexandre Soljenitsyne
p 29 Au lever du soleil, trente jeunes débouchèrent en courant dans la clairière, se répartirent en s'espaçant, tous face au soleil, et ils commencèrent à se baisser, à fléchir sur leurs jambes, à s'incliner, à se prosterner, à étendre les bras, à lever les bras, à s'agenouiller et à se renverser en arrière... et ainsi pendant un quart d'heure.
De loin, on pouvait se figurer qu'ils priaient.
Personne à notre époque, ne s'étonne que l'homme chaque jour serve patiemment et attentivement son corps.
Mais nous serions offensé si, de la même manière il servait son esprit.
Non, se n'était pas une prière. C'était le quart d'heure de culture physique.
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Par BlueGrey, le 27/08/2009
Le Pavillon des cancéreux de
Alexandre Soljenitsyne
- Très-très bon cliché ! Très-très bon ! Il n'y a pas lieu d'opérer !
Et la malade reprenait courage : son état n'était pas seulement bon, mais très-très bon !
Or si le cliché était très bon, c'est qu'il dispensait d'en refaire un autre, et montrait de façon indiscutable les dimensions et les limites de la tumeur. C'est aussi qu'il était désormais trop tard pour opérer.
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Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
Dans les camps et dans les prisons,Ivan Denissovitch s'était déshabitué de prévoir:pour aujourd'hui comme pour dans un an,et comme aussi pour faire vivre les siens.Les chefs s'en occuppent à votre place;autant de soucis en moins.
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Par BlueGrey, le 27/08/2009
Le Pavillon des cancéreux de
Alexandre Soljenitsyne
Nous avons beau nous moquer des miracles tant que nous sommes en bonne santé, en pleine force et en pleine prospérité, en fait, dès que la vie se grippe, dès que quelque chose l'écrase et qu'il ne reste plus que le miracle pour nous sauver – eh bien, ce miracle unique, exceptionnel, nous y croyons !
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Par carre, le 05/02/2012
Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
Quand on travaille pour des hommes, on en met un coup ; quand c'est pour des cons, on fait semblant.
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Par Austral, le 12/12/2011
Les Droits de l'écrivain, suivi de Discours de Stockholm de
Alexandre Soljenitsyne
Notre monde est toujours déchiré par les passions de l’âge des cavernes : la cupidité, l’envie, l’emportement, la haine, qui, au cours des ans, ont acquis de nouveaux noms respectables, comme la lutte des classes, l’action des masses, le conflit racial, le combat syndical. Le refus primitif de tout compromis est devenu un principe et l’orthodoxie est considérée comme une vertu.
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Par Austral, le 12/12/2011
Les Droits de l'écrivain, suivi de Discours de Stockholm de
Alexandre Soljenitsyne
Un monde civilisé et timide n’a rien trouvé d’autre à opposer à la renaissance brutale et à visage découvert de la barbarie, que des sourires et des concessions. L’esprit de Munich est une maladie de la volonté chez les peuples nantis. Un état d’âme permanent chez ceux qui se sont abandonnés à la poursuite de la prospérité à tout prix, ceux pour qui le bien-être matériel est devenu le but principal de leur vie sur terre. Ces gens-là – et il y en a beaucoup dans le monde aujourd’hui – ont choisi la passivité et la reculade, afin de prolonger un peu leur train-train quotidien, afin d’éluder la difficulté aujourd’hui. Et demain, vous verrez, tout ira bien. Mais rien n’ira bien. Le prix de la lâcheté est toujours le mal. Nous ne récolterons la victoire que si nous avons le courage de faire des sacrifices.
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Par Austral, le 12/12/2011
Les Droits de l'écrivain, suivi de Discours de Stockholm de
Alexandre Soljenitsyne
La violence trouve son seul refuge dans le mensonge, et le mensonge son seul soutien dans la violence. Tout homme qui a choisi la violence comme moyen doit inexorablement choisir le mensonge comme règle.
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Par Austral, le 12/12/2011
Les Droits de l'écrivain, suivi de Discours de Stockholm de
Alexandre Soljenitsyne
Une parole de vérité pèse plus que le monde entier.
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Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
De toutes les choses terrestres et périssables,le Seigneur ne nous a ordonné de l'implorer que pour une seule,pour le pain:"Donnez nous aujourd'hui notre pain quotidien..."
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Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
En liberté bien sûr,Choukov se donnait moins de mal à nourrir toute une famille qu'ici à se nourrir tout seul.Mais il savait que ça coûte ces colis.Il savait qu'il ne pouvait pas dix ans d'affilée vivre aux crochets des siens.Alors,valait mieux rien.
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Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
Ca fait seulement deux ans qu'il est dans les camps,mais il a bien saisi le système:à la foire d'empoigne,les manchots sont capots.
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Une journée d'Ivan Denissovitch de
Alexandre Soljenitsyne
C'est bien vrai:grogne et plie.Mais ne te rebiffe pas:on te casserait les reins.