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Par akahama, le 27/11/2011
Le Pavillon des cancéreux
de
Alexandre Soljenitsyne
Les hommes et les femmes qui entrent au pavillon des cancéreux, pavillon numéro treize, ironie du sort, n’ont aucune garantie d’en sortir un jour. A l’intérieur, la tumeur, le cancer, quel que soit le nom que l’on veut lui donner, semble remettre tout le monde d’accord. L’égalité entre les hommes qui constitue l’objectif du communisme paraît enfin atteinte. Toutefois, les hommes qui entrent là y entrent avec un passé, le récit de leur parcours individuel fonde la description, critique, d’une époque et d’une société. Au cœur de l’ouvrage, la liberté bien sûr, tant chérie des hommes et complètement absente du monde construit par Lénine puis par Staline. Cette liberté, elle est aussi absente du pavillon des cancéreux, où un corps médical sincère et sûr de son fait prend les décisions à la place des patients, sans leur communiquer la moindre information sur leur état de santé, et où on envoie les mourants s’éteindre à l’extérieur au profit des statistiques d’un système qui n’admet aucune faille.
Tout au long du roman, l’atmosphère est pesante. Il faut dire que le cancer est dans cette œuvre un personnage à part entière, dont la présence est loin d’égayer l’ambiance. Le pavillon des cancéreux étant un pavé (plus de 750 pages dans l’édition lue), sa lecture a pu parfois s’avérer pénible, tout simplement parce que les sujets abordés ne sont pas réjouissants.
La lecture éprouvante d’une œuvre intelligente, marquante, et admirablement bien construite.
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Le Pavillon des cancéreux
de
Alexandre Soljenitsyne
Un monstre sacré de la littérature russe!
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Je rêvais de (re)lire mes classiques, à commencer par la littérature russe dont j’avais oublié jusqu’à la mélodie et l’univers angoissant. Lire Soljenistyne, c’est s’assurer un délicieux moment de lecture, une plongée inquiétante dans le communisme des années 1950 et surtout, une fascinante exploration de l’âme humaine.
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.Le style de Soljenitsyne est une merveille pour les puristes : dénué de fioritures, habillé de phrases courtes, illustré de mots choisis avec soin, le tout enrobé dans une ponctuation qui rythme parfaitement la lecture… Derrière une écriture au paroxysme d’une apparente simplicité se cache une maîtrise sans faille des codes littéraires classiques qui font la grande littérature. Vous l’aurez compris : dans mon panthéon des écrivains, Alexandre Soljenitsyne trône à la droite de Simone de Beauvoir.
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Quant à l’histoire, c’est un régal : on erre, effaré, dans les méandres du communisme d’après-guerre. Dans ce pavillon des cancéreux, on cherche l’étincelle d’humanité qui égayera les journées des patients; est-ce la peur engendrée par le régime? Les Russes sont-ils moins enclins à laisser parler leurs sentiments? Toujours est-il que les rapports humains, chez Soljenitsyne, ont cette particularité d’osciller entre dureté, froideur et indifférence. A quelques exceptions près cependant : des personnages attachants qui semblent posséder ce petit supplément d’âme, ou qui savent auprès de qui aller le chercher, entraînent le lecteur dans des échanges d’une grande humanité.
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Soljenitsyne n’en finit pas de sonder les méandres de la nature humaine, de traquer la force vitale chez ces hommes qui se meurent, terrorisés, agrippés à l’espoir que les rayons, les piqûres ou l’amputation les sauveront du mal terrifiant qui les ronge. Dans le dortoir du pavillon 13, il n’existe plus ni soldat, ni cadre du parti, ni étudiant : il n’y a que des hommes réduits à leur plus simple expression, dénués des artifices que confèrent la richesse et le pouvoir, contraints d’admettre que face à une issue fatale, la mort réussit où le communisme échoue : les inégalités s’effacent.
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Par brigittelascombe, le 16/08/2011
Une journée d'Ivan Denissovitch
de
Alexandre Soljenitsyne
"Une journée de passée.Sans seulement un nuage.Presque du bonheur."
Voilà la philosophie d'Ivan Denissovitch qui a perdu jusqu'à son nom dans l'enfer clos et absurde du camp de travail forcé de la steppe kazakhe.
Il est Choukov pour ses compagnons d'infortune, il est Matricule CH-854 pour le Tartare qui lui colle trois jours de mitard pour non réveil en cadence, il est vermine,ordure ou cochon pour le corps de garde dont il lave le plancher à grande eau.
"Merci chef !"
Il sourit de toute sa bouche édentée par le scorbut lorsque le cachot lui est épargné.
Faut ouvrir l'oeil! Faut pas se faire remarquer par les salauds!
Celui qui était un simple paysan de la Russie centrale, deuxième classe condamné pour un espionnage imaginaire à dix ans de bagne, de peur,de froid et de famine, a appris à ses dépens que la survie dans le camp est plus dure que sa vie d'avant, cette douce vie où il travaillait pourtant dur pour élever sa famille.
Faut trimer pour garder sa dignité malgré l'onglée,les douleurs,la fièvre! Faut marauder un peu de sucre,un bout de pain, un mégot et le planquer dans un trou de sa paillasse pour en ressortir une once de bonheur!
Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne, qui a vécu onze ans de captivité(de 1945 à 1953) a transmis là un témoignage de la vie des camps sans toutefois parler de sa propre vie,il a su créer un chef d'oeuvre mondialement connu (bien que censuré au départ) avec l'ordinaire d'un bagnard.C'est cet ordinaire où le fouet et le nom de Staline sont juste évoqués qui fait ressortir l'horreur de la situation et l'injustice de la condamnation.
Nommer l'indicible,dévoiler le caché,décrier l'abject, ce livre, appartenant au mouvement littéraire des années 1960, a sonné comme une délivrance pour ceux qui ont vécu et survécu dans ces camps de travail forcé.
Les phrases de Soljenitsyne, courtes, émaillées d'argot et de patois russe parlent vrai et accordent encore plus de crédit au récit.Pas de chapitre,pas de souffle,pas de repos ! On les vit ces 17 heures longues et courtes à la fois!
Ses mots nous touchent.
C'est tout un pan d'histoire du XX° siècle et une philosophie que transmet ici l'auteur.
On ne peut qu'admirer le stoïcisme de Choukov, qui prend son petit bonheur du jour dans un quignon de pain rassis,et s'incliner devant sa bonté d'âme alors qu'il ne croit pas en Dieu mais offre sa galette au baptiste Aliocha en prière.
"Donnez nous notre pain quotidien!"
Serait il un chrétien charitable ce sans foi dont la loi du coeur est plus forte que la raison?
Un livre superbe et une belle leçon de courage et de vie!
Ont suivi Le pavillon des cancéreux,L'archipel des goulags,Le premier cercle. Les chroniques et romans de Soljenitsyne,écrivain soviétique réhabilité en 1957 dénoncent le stalinisme et les atteintes aux droits de l'homme en URSS.
Déchu de la citoyenneté soviétique et expulsé de son pays en il s'exila aux Etats Unis de 1974 à 1994.Il a obtenu le prix Nobel en 1970.
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Par Woland, le 08/02/2012
Le premier cercle
de
Alexandre Soljenitsyne
В круге первом (V kruge pervom)
Traduction : Henri-Gabriel Kybarthi
Le titre de cet ouvrage, que d'aucuns trouveront moins prenant que "Le Pavillon des Cancéreux" ou "Une Journée d'Ivan Denissovitch", fait référence à la "Divine Comédie" et au système de "cercles" imaginé par Dante pour y caser l'intégrale de l'Enfer chrétien. Au-dessus de tous, le Premier cercle est de loin le moins terrible et, dans l'univers du goulag, cet Enfer soviéto-stalinien, il correspond au monde de la charachka (шара́шка), c'est-à-dire aux laboratoires secrets de l'URSS.
Y travaillaient coude à coude des "employés libres" et des prisonniers, les premiers chargés d'espionner les seconds, mais tous en principe techniciens, ingénieurs et scientifiques. Tout ce petit monde recevait des repas corrects et bénéficiait d'une certaine souplesse dans les horaires, ce qui était bien loin d'être le lot des zeks comme Ivan Denissovitch. A la fin du roman, Nerjine, l'un des héros malheureux de Soljenitsyne, repartant au goulag avec quelques autres fortes têtes, affirme avec force que, si imparfaite qu'elle soit, la charachka peut se comparer à une forme de Paradis et que c'est maintenant, en retournant vers les camps de travail "normaux", que leur petite troupe va retrouver l'Enfer.
Bien entendu, "Le Premier Cercle" n'est pas qu'un voyage au coeur de la charachka. Il s'ouvre sur un coup de fil donné, d'une cabine téléphonique, par le Conseiller d'Etat de seconde classe, Innokenty Volodine, à un scientifique surveillé par les services secrets - et mis sur écoutes depuis longtemps. Dès réception de l'appel, ordre est donné en haut lieu de déterminer quel est le "traître" qui a passé cet appel. Pour ce faire, quelques apparatchiks, chapeautés par le redoutable Victor Semionovitch Abakoumov - lequel sera fusillé l'année suivant la mort de Staline - ont recours à certains scientifiques de la charachka, parmi lesquels Nerjine, emprisonné quasiment depuis la fin de la guerre pour on ne sait trop quelle raison exacte, et Rubine, dont la conception très utopiste du communisme et le refus de dénoncer les membres de sa famille ont scellé le destin.
Avec d'autres techniciens, les deux hommes travaillent depuis déjà un certain temps sur un appareil dénommé "vocodeur", censé débarrasser la ligne téléphonique du Chef Suprême de Toutes les Russies en personne des plus infimes parasites et grésillements divers qui viennent parfois perturber ses entretiens avec un tel ou un tel à l'autre bout du pays. Leur équipe est donc toute désignée pour repérer, dans une liste de cinq suspects, la voix de celui qui a osé trahir ...
En dépit de tous leurs efforts de sabotage, Nerjine et Rubine ne parviendront qu'à sauver trois des suspects qu'on leur propose. Les deux autres - dont un innocent - seront raflés par le MGB et conduits à la sinistre Loubianka pour y être "interrogés". On apprendra très vite que Volodine a été condamné - sans aucun jugement - "à perpétuité."
Le drame qui se noue très lentement, et même avec paresse, un peu comme si Soljenitsyne se faisait plaisir en mettant en scène des personnages historiques comme Staline lui-même ou Abakoumov, tend en fait à prouver que, dans la société stalinienne, personne ne pouvait rester innocent. Pas même dans les charachki, où des prisonniers en quelque sorte "protégés" par leur statut de scientifiques et de techniciens émérites ne parvenaient pas toujours à éviter de servir efficacement le régime qui les avait déchus de leurs droits.
Au passage, Soljenitsyne dépeint avec vigueur la situation misérable qui était celle des épouses et des familles en général des prisonniers : stress perpétuel, pauvreté, discrimination à l'emploi et aux études, déportation éventuelle, etc, etc ... Signalons aussi certains passages sur la langue russe et son évolution - Rubine est en fait linguiste - qui passionneront ou ennuieront, selon les goûts personnels.
Tel quel, avec sa "chute" amère et ironique - que vous retrouverez dans les "Extraits" - "Le Premier Cercle" n'en reste pas moins un livre qu'il faut lire si l'on veut mieux comprendre la société soviétique. ;o)
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Par Aaliz, le 30/11/2011
Le Pavillon des cancéreux
de
Alexandre Soljenitsyne
Cela faisait longtemps que je voulais lire Soljenitsyne. J’ai même Une journée d’Ivan Denissovitch qui dort dans ma PAL depuis une éternité. Il aura fallu l’occasion d’un partenariat pour que je me plonge enfin dans un de ses romans.
Autant j’étais motivée au départ que je ne sais pas du tout ce qu’il s’est passé mais je suis complètement passée à côté de ce livre. J’ai mis plus de deux semaines à en venir à bout laissant filer plusieurs jours d’affilée sans l’ouvrir. Je me suis un peu ennuyée mais je crois que toute la faute n’en revient qu’à moi-même. Je pense que je n’étais pas dans les bonnes conditions pour le lire, quelques petits soucis du quotidien me turlupinant la tête …
Qu’ai-je donc retenu tout de même de ma lecture ?
Tout d’abord, l’histoire se passe dans un hôpital d’un des pays de l’ex-URSS et plus particulièrement dans la section réservée aux malades atteints du cancer. L’action (si on peut parler d’action …) se déroule en 1955 soit deux ans après la mort de Staline.
On y suit le quotidien de plusieurs personnages très différents. Au détour de ces diverses tranches de vie, Soljenitsyne nous dépeint la vie sous le stalinisme, de l’ « ennemi de l’Etat » condamné au camp puis à l’exil au fervent patriote chargé de dénoncer le moindre manquement au devoir des employés de son entreprise. Si différents et pourtant tous égaux devant la maladie, ils ont le même ennemi à combattre : le cancer.
J’ai vu dans le choix de ce contexte hospitalier la volonté de l’auteur de réaliser une métaphore assimilant le cancer au stalinisme, celui-ci étant le cancer rongeant la société soviétique. Toutefois, de la même façon que le cancer se combat et que renaît pour les malades l’espoir de la guérison, on assiste à la même époque à un renouveau de la société suite à la mort de Staline. En effet, les choses semblent commencer à changer et Soljenitsyne parvient avec talent à nous montrer cette évolution si faible puisse-t-elle être encore à ce moment-là. La métaphore se retrouve jusque dans le climat avec l’arrivée du printemps coïncidant avec la sortie de l’hôpital de mon personnage préféré Kostoglotov.
Bourru, enragé et entêté, Kostoglotov a été arrêté alors qu’il n’était encore qu’à l’université et condamné au camp pour son activité au sein d’un groupe d’étudiants soupçonné de représenter une menace pour l’Etat. Après le camp, il est exilé loin de chez lui sur une terre hostile à laquelle il finit par s’habituer et s’attacher, jusqu’à son cancer, raison pour laquelle il obtient un laissez-passer lui permettant de se rendre à l’hôpital de Tachkent. Il partage sa chambre avec plusieurs autres malades dont un certain Roussanov. Alors lui, je l’ai détesté. Imbu de lui-même, arrogant, il prétend tout savoir et se croit supérieur à tous car lui est membre du Parti. Avant d’entrer au pavillon des cancéreux, il était chargé de surveiller étroitement les employés de la société pour laquelle il travaillait et dénonçait le moindre faux-pas. Soljenitsyne nous décrit à travers ce personnage la psychologie de ceux qui ont contribué au fonctionnement du stalinisme ainsi que les procédés qu’ils employaient pour purger la société de ses « éléments dangereux ».
Suite : http://booksandfruits.over-blog.com/article-le-pavillon-des-cancereux-alexandre-soljenitsyne-90625579.html
Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-le-pavillon-des-cancereux-alexand...
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Par Woland, le 31/05/2008
Une journée d'Ivan Denissovitch
de
Alexandre Soljenitsyne
Odin den'Ivana Denissovitcha
Traduction : Lucia et Jean Cathala
Que dire de ce court roman, basé sur des faits authentiques, qui valut à son auteur la reconnaissance mondiale ?
Tout d'abord qu'il fut remarqué en 1961 par le rédacteur de la revue Novy Mir, Alexandre Tvadorvski.
Puis que celui-ci, comme beaucoup d'autres, estimait qu'il fallait à tout prix, après la dénonciation des crimes staliniens et du culte de la personnalité par les XXème et XXIIème Congrès du Parti communiste soviétique, évoquer les horreurs du goulag de façon plus hardie que les quelques (rares) scènes d'arrestation montrées (de temps en temps) dans tel ou tel film auquel la censure du Parti n'avait pas bronché.
C'est ainsi que la manuscrit d'"Une Journée d'Ivan Denissovitch" finit par se retrouver entre les mains de Vladimir Lébédiev, conseiller principal de Khrouchtchev à la culture. Or, Lébédiev, fait rare chez un politique, aimait la bonne littérature et, sous réserves de quelques menues coupures dans le texte, il se chargea de lire lui-même le texte au Premier secrétaire. Et peu après, le roman fut édité.
Dans l'oeuvre de Soljenitsyne, ce roman paraît un tour de force. D'abord, il est bref. Ensuite, bien que les événements relatés soient évidemment des souvenirs de l'auteur, celui-ci parvient à prendre - et à conserver - le recul dont rêve tout écrivain hanté par le besoin irrépressible de retracer par écrit les situations les plus douloureuses qu'il a traversées. Enfin, rien qu'en racontant dix-sept heures de la vie d'un zek au goulag, le romancier trouve le moyen d'entraîner son lecteur dans les profondeurs d'un enfer où les démons se nomment Routine, Froid, Faim et Peur.
Pourtant, pas un instant, Soljenitsyne ne tombe dans le mélo sordide. Il ne fait pas pleurer Margot, c'est le moins que l'on puisse dire. La roublardise paysanne dont Ivan Denissovitch Choukhov est bien obligé de faire montre pour survivre dans le camp où il purge sa peine, fait même sourire plus d'une fois le lecteur qui, d'emblée, se sent le frère de cet homme simple, sans grande instruction mais bon ouvrier, à qui une révolution qu'il ne comprend pas (et à laquelle il ne s'intéresse pas vraiment) a volé une partie de son existence pour des raisons aussi absurdes qu'iniques et qui, dans sa misère, réussit à se satisfaire de menues joies et, mieux encore, à partager celles-ci avec moins malin ou moins chanceux que lui.
Plus qu'à Tolstoï le théoricien, c'est évidemment à Dostoievski que Soljenitsyne fait ici penser. La langue bien sûr, la façon de l'utiliser et la construction du roman appartiennent au XXème siècle mais, par la générosité de la pensée et par la dimension universelle qu'il donne à son Ivan Denissovitch, Soljenitsyne est bien l'héritier de l'auteur des "Frères Karamazov."
Rien que cela devrait vous inciter à lire "Une Journée d'Ivan Denissovitch" - si ce n'est déjà fait, bien sûr. ;o)
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Par lehane-fan, le 18/09/2010
Une journée d'Ivan Denissovitch
de
Alexandre Soljenitsyne
Au Goulag , rien ne vous est epargné !!! Les brimades se suivent sans repit , le but ultime etant bien sur de vous casser , de vous briser afin que votre volonté soit aneantie , lavée de tout residu anti-patriotique faisant ainsi de vous un homme neuf , fidele aux idees du Soviet Supreme.
Livre glaçant s'il en est..( sans vilain jeu de mot car bosser par -30 , a moins d'etre un ours polaire..) Une fois l'effort d'immersion accompli ,rendu delicat par la redaction argotique de ce recit d'epoque et qui a necessité , pour ma part , un petit temps d'adaptation , l'on se prend d'affection pour Choukhov , et sa resignation ( comment ne pas l'etre) s'apparentant souvent a une certaine philosophie de vie (de survie serait plus appropriée ).
La faim , le froid , les maladies , les embrouilles entre prisonniers , et ces comptages qui n'en finissent pas sont ainsi le lot journalier , mensuel , annuel..de ces "reeduques" qui , pour les plus chanceux , ressortiront libres alors que leurs camarades , eux , le feront les pieds devant.
Un livre puissant , dur , d'une immense tristesse au regard de toutes ces vies sacrifiees au profit d'un ideal socialisme omnipotent...
Un livre necessaire...
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Par carre, le 05/02/2012
Une journée d'Ivan Denissovitch
de
Alexandre Soljenitsyne
Ce récit du dissident Soljenitsyne, raconte la vie au quotidien au goulag. On suit Choukov un des détenus de cette vie concentrationnaire ou plutôt la survie dans ce camp ou humiliations, violences, avilissements, tortures sont le lot quotidien de ces hommes que leurs bourreaux s'ingénuent à déshumaniser.
On pense bien sur au "Si c'est un homme" de Levi.
Emouvant, éprouvant le texte de Soljenitsyne est malheureusement la preuve de la folie de tout régime totalitaire (la barbarie pour mettre l'homme au pas).
Un texte qui montre à quoi sert aussi la lecture, témoigner pour ne jamais oublier. A méditer et à faire passer.
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Par Hindy, le 16/12/2010
L'archipel du goulag
de
Alexandre Soljenitsyne
A la découverte de l''univers carcéral soviétique, un choc pour l'occident. Ne pas oublier ce qu'est un gouvernement totalitaire.
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Par kathy, le 19/10/2011
Une journée d'Ivan Denissovitch
de
Alexandre Soljenitsyne
La force de son œuvre : Avec "L'Archipel du goulag" et "Une journée d'Ivan Denissovitch", Soljenitsyne dénonce l'horreur des camps de travail staliniens. L'écriture est remarquable de sobriété, de fataliste, de gravité mais aussi d'humour.
Son influence sur le monde : Le dissident russe a ouvert les yeux du monde sur les atrocités du régime soviétique.
Grand écrivain, héritier de la plume pessimiste et tragique des romanciers russes du XIXe siècle, il éveille les consciences des élites (Nikita Khrouchtchev intervient personnellement pour qu'il soit édité) et participe ainsi, à sa mesure, à la glasnost et à la chute du régime. (source l'Internaute Livres)
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Par mimipinson, le 29/06/2011
Une journée d'Ivan Denissovitch
de
Alexandre Soljenitsyne
La publication de l’ouvrage, bien qu’autorisée par le régime, a eu un fort retentissement, et pour cause, Soljenitsyne, y parle du Goulag, le système concentrationnaire où le régime communiste déportait ses opposants de toute sorte.
Ce livre se mérite ; il faut savoir prendre le temps et son temps pour l’apprécier mais surtout pour l’apprivoiser. Ce n’est pas tant le style qui est difficile, que le facteur temps qui serait presque un personnage à lui tout seul ; le lecteur rentre dans une autre dimension ; tout se passe à l’échelle de la journée. Alors forcément, cela laisse le temps aux choses et aux personnages.
En effet, sans être compliqué, Soljénitsyne est fidèle au " style russe ", riche en détails, en petits rien insignifiants qui demande une lecture attentive, une concentration maximum. L’effort vaut la peine. Soljénitsyne avec des mots simples, sobres parvient traduire l’ambiance concentrationnaire du Goulag, des conditions de travail, des difficultés et humiliations en tout genre que les prisonniers subissent.
Ce livre met en évidence le fatalisme, trait de caractère très russe. On ne sent pas de révolte parmi les personnages, seulement que es choses sont comme cela et qu’il faut les accepter comme elles viennent.
Et dans cet univers lourd, difficile, froid, l’humour n’est pas en reste.
« Le travail, c’est comme un bâton, ça a deux bouts ; quand on travaille pour des hommes, on en met un coup ; quand c’est pour des cons, on fait semblant. »
« Une journée de passée. Sans un seul nuage. Presque de bonheur. Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait, d'un bout à l'autre, trois mille six cent cinquante-trois. Les trois de rallonge, c'était la faute aux années bissextiles. »
Soljenitsyne, après avoir été interdit, emprisonné, banni de son pays, a été réhabilité. Désormais son œuvre est étudié des lycéens russes. J’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres, avec notamment l’imposant archipel du Goulag.
Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/06/une-journee-divan-denissovitch...
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Par Woland, le 26/12/2007
Le Pavillon des cancéreux
de
Alexandre Soljenitsyne
Rakovyï korpus
Traduction : A. et M. Aucouturier, L. & G. Nivat, J-P. Sémon
Ces derniers jours, je me suis branchée sur "Le Pavillon des Cancéreux", que je ne connaissais pas. Bon Dieu ! Quelle merveille ! Quelle veine romanesque et pourtant, comme l'intrigue prend tragiquement pied dans l'Histoire stalinienne et post-stalinienne !
Impossible, dès lors qu'on a commencé ce livre, d'abandonner ces personnages : depuis Paul Roussanov, fonctionnaire obtus ayant sa carte au Parti et ayant dénoncé (entre autres) un couple d'innocents pour s'emparer de leur appartement (Boulgakov aussi a impitoyablement dénoncé cette pratique ignoble) jusqu'à Kostoglotov, le double de l'auteur dans le roman, tous nous agrippent le coeur. Perso, j'ai lu ce roman en une journée et demie - et pourtant, c'est un "pavé." Et j'en redemande !
Résumer l'intrigue demanderait un temps dont je ne dispose pas aujourd'hui. Grosso modo, l'action se situe en 1955 - Staline est mort en 1953 et l'entreprise de déboulonnage du "Petit-Père des Peuples" est en cours - dans un hôpital kazakh, plus précisément dans la section de cet hôpital où l'on soigne les personnes atteintes du cancer. Celui-ci étant, comme la plupart des maladies, absolument insensible aux distinctions sociales et politiques, les malades que nous présente Soljenitsyne représentent en fait la société soviétique stalinienne : à Roussanov, le dénonciateur sans états d'âme que seule la crainte de la Mort amène à s'interroger sur ses pratiques passées, s'oppose la figure de Kostoglotov, ancien sergent de l'Armée rouge qui, pour avoir osé critiquer Staline, se retrouva au bagne avant de voir sa peine commuée en une relégation à perpétuité. Le duel est puissant et, en dépit des apparences, c'est Kostrogotov qui en sortira vainqueur.
Autre figure à retenir : celle de Choulabine. Atteint d'un cancer du rectum, celui-ci explique à Kostrogotov que, si l'existence imposée aux bagnards du goulag et aux relégués fut épouvantable, la vie de ceux qui s'inclinèrent sans rien dire et laissèrent Staline perpétrer ses crimes sans tenter au moins une révolte.
Et puis, bien entendu, il y a l'équipe soignante et l'on apprend avec ahurissement que, sur cinq chirurgiens payés par l'Etat soviétique dans cet hôpital, deux seulement sont à même de pouvoir exercer. Les trois autres n'ont de chirurgien que le titre et le salaire confortable, qu'ils ont acquis par protection ... Edifiant, non ? ...
En un mot comme en cent, "Le Pavillon des Cancéreux" est si fort que, du coup, j'ai relu la fameuse "Journée d'Ivan Denissovitch", qui lança la renommée de Soljenitsyne, et que je compte combler mes lacunes sur le Prix Nobel de Littérature 1970 en lisant par la suite "Le Premier Cercle" et l'intégrale de "L'Archipel du Goulag." ;o)
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Par LaForceduTemps, le 05/01/2012
L'Archipel du Goulag, 1918-1956
de
Alexandre Soljenitsyne
Déchirant, découverte de monstruosités caché au monde
L'Homme telle qu'il est dans la bêtise et dans la souffrance
Toute barrière tombe
Homme mis a nu devant, la vie!!!
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Par colimasson, le 07/12/2011
Une journée d'Ivan Denissovitch
de
Alexandre Soljenitsyne
Après le Pavillon des cancéreux, lourd pavé qui s’attachait à décrire chacun de ses personnages dans le moindre détail de ses pensées, grande a été ma surprise de partager une journée avec Ivan Denissovitch.
Une journée et une centaine de pages devront suffire au lecteur pour s’imprégner de l’univers concentrationnaire des goulags au début des années 1950. A la fresque magnifique et humaine qui s’attardait à détailler les cancéreux du pavillon, ici prévaut l’économie des mots, la distanciation, comme une certaine forme de crainte de l’émotion et du sentiment.
Ivan Denissovitch est projeté sur le devant de la scène sans que nous ne sachions rien de lui, et après une journée passée en sa compagnie, partageant son quotidien de froid glacial, de famine, de fatigue et de maladie, nous n’en saurons toujours pas davantage (ou si peu) sur son passé ni sur ses valeurs, sur tout ce qui aurait pu le concerner en tant qu’être humain fait d’histoires et de sentiments. Est-ce parce que l’individu est écrasé dans le Goulag que Soljenitsyne refuse de lui donner la moindre singularité ? Les seules caractéristiques qui différencient les prisonniers les uns des autres concernent leurs aptitudes à la survie et à la débrouillardise. Rien à voir avec le Pavillon des cancéreux, qui donnait au moins le droit à ses malades de revendiquer leur passé et leurs sentiments.
Pour autant que ce style froid et impersonnel traduise à merveille l’inhumanité des Goulags, il m’a rendu ce livre beaucoup plus difficile d’accès que le Pavillon des cancéreux. On a parfois l’impression de lire le planning d’une journée, et même si cette journée est quelque peu particulière puisqu’elle se déroule dans un Goulag, les efforts requis pour ne pas décrocher sont très importants. Et si je suis restée de marbre sur la durée de ma lecture, j’ai toutefois été surprise de me sentir mal à l’aise en tournant la dernière page. La résignation d’Ivan Denissovitch est telle qu’elle ne laisse aucun espoir à l’humanité. La conclusion de ce livre est d’un pessimisme rare et d’autant plus fort qu’il jaillit d’un style journalistique qui tente a priori de rester parfaitement neutre.
Il faut donc du courage pour entrer dans ce livre, mais il en a fallu certainement davantage à Soljenitsyne pour revenir sur son expérience dans les Goulags. Finalement, le prix à payer pour que tout lecteur puisse s’en imprégner à son tour n’est pas si élevé que ça…
Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-une-journee-d-ivan-denissovitch-1962-...
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Par patouche, le 26/08/2011
Une journée d'Ivan Denissovitch
de
Alexandre Soljenitsyne
Une journée au goulag décrite avec précision , pratiquement heure par heure.Le regime sovietique vue de l'intérieur dans toute son absurdité et son horreur.
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Par colimasson, le 15/05/2011
Le Pavillon des cancéreux
de
Alexandre Soljenitsyne
Soljenitsyne nous permet d’effectuer une formidable traversée de la psychologie de chacun de ses personnages. Leurs sentiments et leurs contradictions sont analysés avec une acuité perçante. Soljenitsyne fait preuve d’une humanité remarquable et ne dévalorise jamais ses personnages, leurs travers, vices et mensonges étant toujours les conséquences regrettables d’une lutte qu’ils n’arrivent pas à mener dans l’objectif de donner un sens à leur vie. Malgré tout ce qui leur tombe sur les épaules, malgré le sentiment d’immense injustice que peut leur inspirer cette succession d’évènements nauséabonds qui a formé leur vie depuis leur naissance jusqu’à l’éclosion de leur cancer, l’espoir n’est jamais bien loin, et ce message est d’autant plus fort qu’il jaillit au cœur de ce lieu morbide qu’est le pavillon des cancéreux.
Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-le-pavillon-des-cancereux-1968-d-alex...
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Par fran6h, le 12/12/2010
Une journée d'Ivan Denissovitch
de
Alexandre Soljenitsyne
Ecrit par Alexandre Soljenitsyne alors qu'il se trouvait lui même au goulag, ce roman retrace dans le détail une journée d'un prisonnier lambda "Ivan Denissovitch", dit "Choukhov".
Ce roman a, de ce fait, une forte charge émotionnelle, car même s'il ne s'agit pas d'un récit autobiographique, le lecteur ne peut s'empêcher de replacer le texte dans son contexte : l'univers concentrationnaire soviétique.
L'histoire même de manuscrit et de sa publication, qui fait l'objet de la préface de la présente édition, est révélatrice du miracle. Cette édition est agrémentée des passages que la censure soviétique avait amputée au manuscrit pour autoriser sa publication (à bien des égards, très révélatrice).
Soljenitsyne, avec talent, nous fait vivre le quotidien des ces milliers de prisonniers dans un camp de travail, où l'on pourrait croire que l'humanité a disparu. Ces hommes se raccrochent au peu qui leur permet encore de se considérer comme humain dans cet univers à la fois clos et absurde.
Ce texte dense aura une portée symbolique très importante dans tout le monde occidental des années 60.
Même 50 ans plus tard, même si le contexte géopolitique est complétement changé, la lecture de ce roman est riche d'enseignement pour tout un chacun.
Lien : http://animallecteur.canalblog.com/archives/2010/12/12/19857332.html
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Par JeanLouisBOIS, le 21/09/2010
Une journée d'Ivan Denissovitch
de
Alexandre Soljenitsyne
Extraits de "La Vérité par le mensonge" de M. VARGAS LLOSA:
- Une Journée d'Ivan Denissovitch est plus près de l'histoire que de la littérature. (p.223).
- C'est là que réside la grandeur de cet être obscur [I. Denissovitch] sans culture ni relief, dépourvu de grands traits intellectuels, politiques ou moraux: il personnifie la survie de l'humain dans un monde minutieusement construit pour déshumaniser l'homme et le transformer en zombi, en fourmi. (p.225).
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Par Ludivine, le 15/01/2009
Le Pavillon des cancéreux
de
Alexandre Soljenitsyne
Dans cette Russie des années cinquante, Alexandre Soljenitsyne nous raconte l’histoire de ces patients atteint d’un mal incurable. Ils doivent faire face non seulement à la maladie mais également à la cohabitation avec les autres patients. Soljenitsyne nous parle de leur présent dans ce pavillon, mais aussi de leur passé. Il nous entraîne également dans l'univers des médecins et des infirmières confrontés à cette maladie et leur impuissance face à ces hommes qu’ils ne peuvent pas guérir mais juste soulager. A travers cette galerie de portrait, Soljenitsyne nous entraine au cœur de l’URSS.
Véritable chef d’œuvre qui se lit facilement, même si les sujets abordés sont graves il y a toujours une lueur d’espoir et une volonté, une force chez ces hommes qui sont face a la maladie et à la mort. Une très belle leçon de vie, et une réflexion sur les hommes, l’amour, la vie et la mort.
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Par Ecrits-slaves, le 29/06/2008
Une journée d'Ivan Denissovitch
de
Alexandre Soljenitsyne
Le livre commence par une préface du traducteur qui retrace les efforts hallucinants accomplis pour que le manuscrit passe à travers la censure et arrive à publication. Le lecteur sent dès lors qu'il tient entre ses mains un de ces livres rares qui auraient pu ne pas voir le jour ...
Le ton frais, les traits bons et débrouillards de Choukhov, la facilité de lecture n'occultent en aucun cas l'horreur de ce qui est décrit mais donnent une touche d'espoir, cet espoir de l'être humain de survivre ... au moins jusqu'au lendemain. Ce ton presque détaché lui a été d'ailleurs reproché. Pourtant rien n'est voilé mais banalisé.
Quand on voit la longueur du passage concernant le travail à effectuer, on sent la lourdeur de la tache (construire un mur en plein vent par - 30...) et le poids de cette vie sous le joug des lois primaires et brutales : les riches ont de quoi manger, les faibles doivent mendier ou voler, aucun prisonnier ne sait l'heure, ils sont comptés des dizaines de fois, fouillés, mal nourris, punis...