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Par peloignon, le 19/03/2013
Ubu : Ubu roi, Ubu cocu, Ubu enchaîné, Ubu sur la Butte de
Alfred Jarry
Puisque nous sommes dans le pays où la liberté est égale à la fraternité, laquelle n'est comparable qu'à l'égalité de la légalité, et que je ne suis pas capable de faire comme tout le monde et que cela m'est égal d'être égal à tout le monde puisque c'est encore moi qui finirai par tuer tout le monde, je vais me mettre esclave, Mère Ubu!
(191)
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Par peloignon, le 29/03/2013
Ubu : Ubu roi, Ubu cocu, Ubu enchaîné, Ubu sur la Butte de
Alfred Jarry
PÈRE UBU
Et d'abord, qui êtes-vous pour donner des ordres? Ici ne commandent que les esclaves. Avez-vous quelque grade en esclavage?
PISSEDOUX
Un caporal, un militaire, esclave! Je ne suis qu'esclave d'amour. Éleuthère de Grandair, la belle cantinière des hommes libres, ma fiancée, est en effet ma maîtresse, si vous l'entendez ainsi.
PÈRE UBU
Cornegidouille, monsieur! Je n'y pensais pas. Je suis ici esclave à tout faire. Vous me rappelez mes devoirs. Ce service est de mon ressort; je vais m'en acquitter au plus vite à votre place...
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Par petitours, le 15/11/2009
Première phrase du livre
Ubu roi de
Alfred Jarry
Ah! Oh! Je suis blessé, je suis troué, je suis perforé, je suis administré, je suis enterré. Oh, mais tout de même!
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Ubu roi de
Alfred Jarry
PÈRE UBU : Je viens donc te dire, t'ordonner et te signifier que tu aies à produire et exhiber promptement ta finance, sinon tu seras massacré. Allons, messeigneurs les salopins de finance, voiturez ici le voiturin à phynances.
STANISLAS : Sire, nous ne sommes inscrits sur le registre que pour cent cinquante-deux rixdales que nous avons déjà payées, il y aura tantôt six semaines à la Saint Mathieu.
PÈRE UBU : C'est fort possible, mais j'ai changé le gouvernement et j'ai fait mettre dans le journal qu'on paierait deux fois tous les impôts et trois fois ceux qui pourront être désignés ultérieurement. Avec ce système, j'aurai vite fait fortune, alors je tuerai tout le monde et je m'en irai.
PAYSANS : Monsieur Ubu, de grâce, ayez pitié de nous. Nous sommes de pauvres citoyens.
PÈRE UBU : Je m'en fiche. Payez.
PAYSANS : Nous ne pouvons, nous avons payé.
PÈRE UBU : Payez ! ou ji vous mets dans ma poche avec supplice et décollation du cou et de la tête !
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Par Malaura, le 27/02/2012
Les Minutes de Sable Mémorial suivies de César-Antéchrist. Avec croquis de l'auteur. de
Alfred Jarry
C’est le bal de l’abîme où l’amour est sans fin ;
Et la danse vous noie en sa houleuse alcôve.
La bouche de la tombe encore ouverte a faim ;
Mais ma main mince mord la mer de moire mauve…
Puis l’engourdissement délicieux des soirs
Vient poser sur mon cou son bras fort ; et m’effleurent
Les lents vols sur les murs lourds des longs voiles noirs…
Seules les lampes d’or ouvrent leurs yeux qui pleurent.
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Ubu roi de
Alfred Jarry
PÈRE UBU
Merdre.
MÈRE UBU
Oh ! voilà du joli, Père Ubu, vous estes un fort grand voyou.
PÈRE UBU
Que ne vous assom’je, Mère Ubu !
MÈRE UBU
Ce n’est pas moi, Père Ubu, c’est un autre qu’il faudrait assassiner.
PÈRE UBU
De par ma chandelle verte, je ne comprends pas.
MÈRE UBU
Comment, Père Ubu, vous estes content de votre sort ?
PÈRE UBU
De par ma chandelle verte, merdre, madame, certes oui, je suis content. On le serait à moins : capitaine de dragons, officier de confiance du roi Venceslas, décoré de l’ordre de l’Aigle Rouge de Pologne et ancien roi d’Aragon, que voulez-vous de mieux ?
MÈRE UBU
Comment ! après avoir été roi d’Aragon vous vous contentez de mener aux revues une cinquantaine d’estafiers armés de coupe-choux, quand vous pourriez faire succéder sur votre fiole la couronne de Pologne à celle d’Aragon ?
PÈRE UBU
Ah ! Mère Ubu, je ne comprends rien de ce que tu dis.
MÈRE UBU
Tu es si bête !
PÈRE UBU De par ma chandelle verte, le roi Venceslas est encore bien vivant ; et même en admettant qu’il meure, n’a-t-il pas des légions d’enfants ?
MÈRE UBU
Qui t’empêche de massacrer toute la famille et de te mettre à leur place ?
PÈRE UBU
Ah ! Mère Ubu, vous me faites injure et vous allez passer tout à l’heure par la casserole. (...)
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Par Malaura, le 12/02/2012
Les Minutes de Sable Mémorial suivies de César-Antéchrist. Avec croquis de l'auteur. de
Alfred Jarry
Roses de feu, blanches d’effroi,
Les trois Filles sur le mur froid
Regardent luire les grimoires…
Roses de feu, blanches d’effroi,
En longues chemises de cygnes,
Les trois Filles sur le mur froid,
Regardant grimacer les signes,
Ouvrent, les bras d’effroi liés,
Leurs yeux comme des boucliers.
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Par petitours, le 01/02/2008
Ubu roi de
Alfred Jarry
Merdre!
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Par petitours, le 15/11/2009
Ubu roi de
Alfred Jarry
La liberté, c'est de n'arriver jamais à l'heure
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Par gill, le 29/10/2012
Tout Ubu de
Alfred Jarry
"Ancien roi d'Aragon, officier de confiance du roi Venceslas", le masque fantastique a d'abord, pour première parole, lancé le mot célèbre. Puis, il a lâchement renversé le roi de Pologne, son bienfaiteur, et fait massacrer presque toute la famille royale. Avant d'étaler sa couardise dans une guerre grotesque contre Bougrelas, héritier du trône, il s'affirme ici dans le déploiement de l'arbitraire qui est une forme de l'absurde.
[...] Il y a en effet trois "Ubu". D'abord celui qui, né de l'imagination collective d'une classe en réaction contre un professeur prétendu odieux, est devenu grâce à Jarry, "Ubu roi", incarné par Gémier lui-même au Théâtre de l'oeuvre, en 1896.
Mais aussi "Ubu enchaîné" (1900) et un "Ubu sur la butte" (1906), qui tourne plutôt à la revue satirique.
Dans les trois textes, aujourd'hui confondus dans la version globale d' Ubu adoptée en 1960 par le TNP (Théâtre National Populaire), le personnage, qui ne manque pas de bon sens lorsqu'il condamne lui-même certaines contraintes de l'existence, rassemble surtout dans une image vengeresse tous les traits de la vulgarité, de la bassesse et de l'absurdité triomphantes.
(extraits "Lagarde et Michard" - XX° siècle - Le Théâtre avant 1914)
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