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Par Woland, le 17/04/2012
Le Cabinet des curiosités de
Alfred Kubin
[...] ... Autour de la table, on racontait des histoires inquiétantes. Quand vint le tour du baron, il s'enfonça dans son fauteuil pour échapper à la lumière de la lampe et commença :
- "Quand un exilé de la révolution réveille dans mon coeur les souvenirs de mon vieux pays de Livonie, il ne se passe presque jamais un jour sans qu'une chose que j'ai vécue autrefois ne me revienne en mémoire. C'est ainsi que ce matin j'ai pensé à un événement singulier de ma jeunesse qui convient tout à fait à l'humeur actuelle de notre assemblée.
Je passais régulièrement mes vacances d'automne dans notre vieux château de M ... Je devais à cette époque avoir environ dix-sept ans, il était 10 heures et demie du soir et tout autour la tempête faisait rage sur les terres - nous avons là-haut des tempêtes automnales d'une force qu'on ne connaît pas en Allemagne du Sud. Je devais encore revoir avec notre précepteur français ma dernière leçon en date. Aujourd'hui encore, je revois comment le précepteur, Monsieur Dumont, un homme plus très jeune et assez nerveux, sursautait de frayeur à chaque rafale de vent qui frappait les fenêtres de la chambre circulaire de la tour. Cela m'amusait et je regrettais que mon jeune frère, espiègle lui aussi, soit déjà couché. Tout d'un coup la tempête fit s'ouvrir la fenêtre qui était près de nous avec une violence inattendue. Un courant d'air glacé projeta une branche de bouleau et des feuilles de chêne jaunies sur la table ... [...]
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Par Woland, le 17/04/2012
Le Cabinet des curiosités de
Alfred Kubin
[...] ... Il y a trente ans, une triste affaire eut lieu dans une toute petite ville non loin de chez moi. Le vétérinaire du canton, un Tchèque de grande taille, étonnamment fort, avait plu à la fille du plus gros propriétaire terrien de la région et, devenue sa femme, la jeune fille fragile et menue était venue vivre chez lui. Quand ils étaient ensemble, les gens s'étonnaient du contraste qu'ils offraient. Mais apparemment tout allait bien entre eux. Comme j'ai pu l'observer à travers la grille du jardin, moi qui n'étais pas indifférent au charme de la femme du vétérinaire, le bonheur régnait dans le jeune ménage et le géant était vraiment aux petits soins pour cette beauté. Pour être sincère, j'étais très amoureux de Laura, de ses cheveux châtains, de ses yeux d'un bleu profond, de son regard craintif et préoccupé. Maintenant que je vais bientôt avoir cinquante ans, je peux admettre plus facilement ce que le jeune homme de dix-huit ans n'avait fait que ressentir autrefois : cet amour était absolument à sens unique et la situation aussi désespérée qu'il est possible. ... [...]
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Par Snark, le 14/06/2011
Ma vie de
Alfred Kubin
“Par le biais de cette autobiographie, et à vrai dire grâce à elle, je crois avoir répondu, dans la mesure du possible, à une question que l’on m’a souvent posée : ‘Comment en étais-je arrivé à faire de pareilles choses ?’ Je crois surtout avoir montré suffisamment clairement qu’au fond, c’était une seule et même force qui m’avait poussé, dans mon enfance, vers le rêve et plus tard dans les frasques stupides, puis dans la maladie et finalement vers l’art.”