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Par litolff, le 13/05/2012
Cuisine tatare et descendance de
Alina Bronsky
J'avais entendu dire qu'un nouveau restaurant avait ouvert à Moscou, dans la rue Gorki, et qu'on faisait des heures de queue pour y entrer. Nous avons pris le métro pour y aller et en effet : ceux qui se trouvaient au début de la file d'attente n'en voyaient pas le bout. Bien sûr, nous nous sommes empressées de prendre nous aussi notre tour, comme tout le monde. Je me relayais avec Sulfia : l'une de nous gardait la place dans la queue tandis que l'autre soignait ses courbatures sur un banc ensoleillé. Au bout de trois heures et demie, c'était enfin à nous. Après avoir examiné les plats représentés en grand sur des posters bariolés, nous avons répété sans les comprendre les mots que prononçaient les clients précédents. Nous avons ainsi commandé des bâtonnets de pommes de terre légers et croustillants, de la viande glissée dans un petit pain incroyablement tendre et des chaussons chauds fourrés à la pomme et à la myrtille. Tout était soigneusement emballé dans du papier et placé dans de petites boîtes en carton. "C'est un très bon restaurant," ai-je dit à Sulfia.
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Par litolff, le 11/05/2012
Cuisine tatare et descendance de
Alina Bronsky
Pendant les premières années de notre mariage, il en parlait beaucoup. Je l'écoutais -je savais comment il fallait se tenir, en tant qu'épouse. Le plus important était de ne pas faire remarquer à l'époux qu'il racontait n'importe quoi. L'indulgence de l'épouse était le ciment du mariage.
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Par litolff, le 12/05/2012
Cuisine tatare et descendance de
Alina Bronsky
La plupart du temps, toutefois, un écriteau "Pas de lait aujourd'hui" y était accroché. Je me demandais par quel mystère le lait était tout à coup devenu si rare. Où étaient passés nos troupeaux de vaches ? Avaient-ils donc tous déserté les pâturages de notre immense pays ?
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Par litolff, le 12/05/2012
Cuisine tatare et descendance de
Alina Bronsky
Klavdia était partagée. D'un côté, elle était d'avis que tout Juif quittant le pays était un bon Juif. De l'autre elle enrageait de voir les Juifs s'installer dans des contrées ensoleillées. Elle aurait préféré qu'ils émigrent vers les steppes de Mongolie.
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Par litolff, le 11/05/2012
Cuisine tatare et descendance de
Alina Bronsky
J'avais placé Sulfia dans une crèche qui proposait aussi la garde de nuit. Je la déposais donc le lundi matin et la retrouvais le vendredi soir -les bronches encombrées et le nez pris.
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Par litolff, le 12/05/2012
Cuisine tatare et descendance de
Alina Bronsky
Il était chauve et il approchait de la quarantaine. C'était parfait. Il valait mieux pour Sulfia qu'elle soit avec un homme dont aucune autre femme ne voulait.
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Cuisine tatare et descendance de
Alina Bronsky
En Allemagne, beaucoup de femmes ne prenait pas soin de leur apparence et, pour moi, c'était un jeu d'enfant que de les éclipser. On aurait pu prendre n'importe quelle femme par hasard dans la rue - j'étais mieux habillée qu'elle, mieux maquillée et j'avais des formes plus alléchantes et mieux mises en valeur que la plupart des jeunes autochtones.
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Par Alice5, le 03/04/2013
Cuisine tatare et descendance de
Alina Bronsky
Je suis allée voir Aminat qui, depuis trois jours, campait dans son lit et lisait des bandes dessinées. J’ai commencé : « Aminat, ma petite-fille, toi qui es la fille de ta mère Sulfia, si tu ne te lèves pas tout de suite et tente de combler quelques-unes de tes lacunes, tu ne deviendras jamais un médecin célèbre. Tu n’auras jamais de cabinet étincelant de propreté et fleurant bon le désinfectant, ni de carnets de rendez-vous surchargés.
- Je m’en fiche », a dit Aminat.
Du coude, j’ai écarté Sulfia : « Mais moi, je veux que tu sois médecin !
- Si c’est si important pour toi, tu n’as qu’à devenir médecin toit-même », a dit Aminat et elle s’est replongée dans son album.
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Par litolff, le 14/05/2012
Cuisine tatare et descendance de
Alina Bronsky
Je savais évidemment faire le ménage. Mais on ne m'avait encore jamais payée pour le faire. Maintenant je comprenais que faire le ménage n'était pas donné à tout le monde, il fallait du talent. Et j'en avais, c'était certain.