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Par kathel, le 17/05/2012
La Terre des mensonges de
Anne B. Ragde
Margido mentait, il n’avait pas vu précisément ce genre de suicide auparavant, mais il était obligé de faire preuve d’un calme blasé, il travaillait mieux alors, on lui fichait la paix et on le considérait comme un professionnel expérimenté, et rien de plus. Il est vrai qu’on attendait davantage de distance de sa part que, par exemple, d’un policier. On estimait probablement que, du fait qu’il côtoyait la mort tous les jours, elle ne le touchait plus. A plusieurs reprises il avait ramassé des morceaux de corps humain sur le bitume à la suite d’accidents de la route, en même temps que des ambulanciers et des policiers, or les autres se voyaient ensuite offrir une aide psychologique, pas lui.
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Par ancoline, le 27/01/2012
La Terre des mensonges de
Anne B. Ragde
Il ne remarqua pas immédiatement qu'il avait commencé à pleurer. Aujourd'hui elle repartait. Chez elle. Elle avait dit qu'il avait de la chance d'avoir de si beaux porcs, elle s'en était rendu compte, les avait vus, compris une parcelle de sa vie, et puis elle repartait. Elle lui avait offert un cadeau aussi. il ne se rappelait pas quand il avait reçu un cadeau pour la dernière fois. Sans compter qu'Arne était venu lui livrer les sacs d'aliments, bien sûr. Gratuitement. Cela n'était jamais arrivé avant, d'habitude il lui fallait une demi-journée pour aller les chercher avec le tracteur et les stocker, tout seul. Et là, non seulement Arne était venu, mais il l'avait aidé à les rentrer. Vraiment ...il ne l'oublierait jamais.
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Par verobleue, le 05/08/2011
Zona Frigida de
Anne B. Ragde
Dire qu’il y avait des gens assez bêtes pour se marier au bout de quelques semaines ! Fallait vraiment être givré…
Je sais de quoi je parle. Les promesses qu’on fait quand on est sur un petit nuage. Les cartons et les valises montés par l’escalier, les commodes et placards vidés pour faire de la place aux affaires d’un nouvel homme. L’espoir, toujours déçu, que cette fois, c’est du sérieux. Enfin un homme qui ne se défilera pas à la première occasion. Qui comprendra qu’il y a des jours avec et des jours sans. Son rasoir dans la salle de bain, son peigne, sa brosse. Ses vêtements à mettre à la machine avec les étiquettes à vérifier pour laver à la bonne température. Les CD inconnus alignés à côté des miens. Les plantes. Les tableaux à accrocher aux murs. En revanche, j’ai toujours refusé les meubles. Un petit bureau à la limite, un ordinateur. Le reste, il fallait le laisser au garde-meuble ou ailleurs.
Et pendant qu’un nouvel homme s’installait chez moi, je lui faisais la fête. Follement amoureuse, une vraie chatte en chaleur. Je bossais moins bien, je perdais le sens des réalités, j’en arrivais même à négliger Andersen. Je trouvais ses CD formidables, ses tableaux magnifiques. Je prétendais que sur le plan sexuel, il me satisfaisait complètement, ce qui était toujours loin, très loin même, de la vérité. J’appréciais soudain des plats que j’avais en horreur auparavant. Je mettais le réveil à sept heures et demie parce que c’était l’heure à laquelle il devait se lever….
Plus jamais ça. Trop, c’est trop.
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Par Aela, le 21/01/2011
La Ferme des Neshov de
Anne B. Ragde
Page 80 tome 1 : Bientôt vieux, quarante ans dans trois mois ; qu’aurait-il fait s’il n’avait pas rencontré Krumme ? Déjà quand on atteignait la trentaine en tant qu’homo solitaire , on devenait aisément pathétique. Ca faisait pas mal de temps qu’il aurait pu être un homo pathétique à tout jamais. Grâce au ciel il avait lié connaissance avec Krumme alors qu’il courait sur ses trente ans. Mais il avait beau avoir Krumme, il ne se faisait pas à l’idée d’être quadragénaire. Il était grand temps de commencer à mentir sur son âge.
Tous ces trucs dont les homos dépendaient maintenant, la liposuccion, le lifting et l’éternel solarium, lui donnaient le vertige… Le look était essentiel pour les homos à Copenhague …
Page 281 tome 1 : « D’ailleurs tu n’as pas l’air du genre à te suicider. Je suis fin psychologue. C’est le cas de presque tous les homos. On a une vision radioscopique de l’âme humaine. Sans doute parce qu’on est si sensible au langage du corps, qu’on comprend à demi-mot les sous-entendus. »
Page 109 Beaucoup de couples homosexuels se donnaient carte blanche pour avoir de brefs rapports avec des hommes rencontrés au hasard au café ou au sauna, et ne considéraient pas cela comme des infidélités. C’était différent pour Krumme et lui
Page 317 tome 2
Les hormones se transforment. Tout est une question d’hormones quand il s’agit des femmes, c’est pour ça qu’on est infiniment mieux ensemble, nous deux.
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Par litolff, le 20/05/2010
La Ferme des Neshov de
Anne B. Ragde
À la ferme, de toute façon, tout ce qui était beau était mis de côté pour des jours qui ne viendraient jamais.
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Par litolff, le 20/05/2010
La Ferme des Neshov de
Anne B. Ragde
- Nous revoilà tous les deux, Siri. Nous deux seulement. A nouveau !
Elle s'était mise à fouiller dans sa poche en reniflant de son énorme groin, sur lequel les brins de paille collaient là où c'était humide, et les mouches allaient et venaient comme si elles étaient chez elles.
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Par verobleue, le 27/10/2011
La Terre des mensonges de
Anne B. Ragde
Tous les hommes débarquent chez le bijoutier au dernier moment pour acheter un cadeau à leurs femmes. Des hommes qui ont mauvaise conscience avec toutes leurs heures supplémentaires et leurs innombrables passades de l'année, qui brandissent leur carte bancaire et la passent dans le lecteur pour des sommes astronomiques, au point que peu s'en faut qu'elle ne se recroqueville sous la chaleur de la friction. Et pas seulement à leurs femmes, mais aussi à leurs maîtresses, surtout à leurs maîtresses ! D'ailleurs ça continue encore après Noël, c'est ce qu'il y a de bien. En tout cas, jusqu'au début de janvier, peut-être.
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Par verobleue, le 08/11/2011
La Terre des mensonges de
Anne B. Ragde
Or la neige de Noël, il ne s’en passerait jamais. C’était l’ingrédient optimal, qui pouvait tout recouvrir et cacher à la vue, et rendre même le manque d’ambiance de Noël sans importance. C’était en soi quelque chose de symbolique et de vrai, bien que ce ne soit rien d’autre que de l’eau gelée, comme disait Krumme. Gelée en forme d’étoiles, rectifiait toujours Erlend. Ce n’était pas par hasard que l’eau se transformait en étoiles de glace symétriques, c’était la nature qui voulait réjouir les hommes. Et l’eau elle-même voulait être plus belle qu’une simple boule et prenait une forme de goutte.
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Par verobleue, le 08/11/2011
La Terre des mensonges de
Anne B. Ragde
Pendant les inhumations, tout était au ralenti, les gestes, les sourires, les signes de tête, on aurait dit que tous les instincts savaient que cela représentait en quelque sorte le respect de la mort elle-même.
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Par verobleue, le 05/08/2011
Zona Frigida de
Anne B. Ragde
Je suis en voyage, me suis-je dit. Je n’ai plus d’identité. Celle-ci disparait quand on est loin de chez soi. On n’a pas de travail, pas de domicile, pas de livres sur des étagères qui permettraient aux gens de savoir ce que vous lisez et qui vous êtes. Personne ne connaît vos amis, ni les gens que vous côtoyez. Personne ne sait ce que vous gagnez, qui vous donne des cadeaux de Noël, si vous vous êtes fait opérer de l’appendicite. On ne voit que votre tenue de voyage, votre bagage à main. Très peu de gens sont capables de tirer des conclusions valables à partir de données aussi floues.
Mais moi, si. Je regarde les chaussures des voyageurs, leurs mains, leurs bijoux, leurs rides au coin des yeux. Je devine s’ils ont l’habitude de se déplacer, de faire la queue au restaurant. Tout le monde n’aime pas voyager, quitter son petit cocon. Leur attitude dévoile le but de leur voyage, s’ils doivent rencontrer quelqu’un ou s’ils partent pour le travail. Pour certains, c’est les deux. Eux, ils boivent du café et fument cigarette sur cigarette.
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