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Par saphoo, le 26/03/2011
Passagers de l’archipel de
Anne-Catherine Blanc-Cadet
Mais il arrive parfois, quand il trace un kanji, de ne plus se sentir exister que comme souffle vital, comme pur élan du corps devenu simple conducteur de l’énergie universelle. Dans ces instants de grâce, il s’oublie et se fond dans le creuset du monde. Sa vie alors n’est plus sa vie, elle participe de cette énergie démesurée et il expérimente à l’avance, ébloui comme un enfant qui mâchouille un bout de pâte crue avant que sa mère n’enfourne le gâteau, la saveur inachevée mais grisante, de son éternité
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Par saphoo, le 26/03/2011
Passagers de l’archipel de
Anne-Catherine Blanc-Cadet
Ces tatouages-là sont faits pour être exhibés, visibles de tous, ils grimpent à l’assaut des membres, enlacent les torses, soulignent l’arc des reins, ciblent les épaules ou les crânes.
D’autres, au contraire, s’enveloppent de mystère, posés délicatement sur la rondeur d’une fesse, effleurant le creux d’une aisselle ou le renflement d’un pubis, encerclant l’aréole d’un sein. Ces tatouages-là sont d’abord des offrandes amoureuses, de tendres surprises à l’amant qui, pour la premières fois, les dévoile sur le corps désiré. Ils deviennent ensuite des secrets d’alcôve, des sujets de plaisanteries privées, de discrets petits sceaux garant d’intimité.
Et le tatoueur à longueur de journée écoute, conseille, caresse, palpe, gratte, pince, et puis transperce et brûle et imbibe d’encre indélébile les épidermes de ses frères humains.
Dépositaire de tous les secrets du monde.
A la fois artiste graphique et écrivain public. Ecrivain à fleur de peau.”
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Par saphoo, le 26/03/2011
Passagers de l’archipel de
Anne-Catherine Blanc-Cadet
Mais, avant le soir de sa chute, elle ne prit jamais conscience de la haine qu’une créature comme elle pouvait générer dans l’un ou l’autre clan.
La limpidité presque angélique de ses intentions la sauvait toujours de désastre. La sincérité de son regard, la spontanéité de ses élans la protégeaient du mal. Parvenus au bord du gouffre, ses agresseurs potentiels renonçaient à l’y pousser, parce qu’elle était vraie, parce qu’elle était pure, et sans doute aussi parce qu’ils n’étaient pas totalement pervertis, parce qu’ils étaient encore capables de pressentir en elle cette vérité, cette pureté, capables encore d rougir d’eux-mêmes.”
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Par saphoo, le 26/03/2011
Passagers de l’archipel de
Anne-Catherine Blanc-Cadet
Des montagnes sublimées par cette lumière mouvante, qui joue à se faufiler entre le bleu du ciel et de gros nuages gris perle, roulant très haut; Des montagnes qui se jettent dans le lagon, comme toutes celles de l’île, n’offrant aux habitants qu’une mince bande de terre habitable de part et d’autre de la route de ceinture
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Par saphoo, le 01/06/2010
Moana blues de
Anne-Catherine Blanc-Cadet
Il voudrait enfoncer la tête dans le coussin, le plaquer sur ses deux oreilles, mais il s'est lui-même tellement ficelé dans la saleté de drap qu'il ne peut plus dégager ses mains. Le temps d'y arriver, une porte s'est ouverte en grinçant, un murmure lui parvient à travers la cloison, quelqu'un est en train de calmer la gosse, de lui parler doucement, de l'aider à se rendormir. Pas à dire mon Paulot : les familles extensibles, c'est chiant la plupart du temps, mais ça a parfois du bon. T'imagines, nouveau père à Paris, dans un appart' de deux mètres carrés, t'aurais dû y aller toi-même.
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Par saphoo, le 01/06/2010
Moana blues de
Anne-Catherine Blanc-Cadet
C’est quand il jardine ou qu’il débrousse qu’il imagine l’île avant que les hommes ne la civilisent, ou n’y apportent leur propre forme de sauvagerie, question de vocabulaire. Depuis plus de vingt ans qu’il est arrivé, il n’a jamais pu oublier son premier contact avec cette nature tropicale obscène, explosive. Ce jour-là, il a eu la vision originelle, fragment de magma dans l’infini marin, parcelle constituée au centre de la soupe primitive. Le magma bouillonne, fermente, les coulées s’épaississent, se figent en strates sillonnées par le réseau souterrain des lava tubes.
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Par saphoo, le 01/06/2010
Moana blues de
Anne-Catherine Blanc-Cadet
nous avons eu si peu de temps, Moana. Nous avons gaspillé à nous guetter mutuellement, à nous apprivoiser, à nous connaître. Mais dans le bleu, d’abord quand je t’apprenais à plonger et ensuite quand, devenu en peu de mois mon égal, tu t’amusais à me faire comprendre que bientôt l’élève dépasserait le maître, nous avons vécu ensemble des moments d’une telle intensité que leur souvenir vaut bien une vie.
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Par saphoo, le 01/06/2010
Moana blues de
Anne-Catherine Blanc-Cadet
Ne regarde pas, n’écoute pas. Regarde l’océan. L’océan t’a toujours sauvé de la médiocrité, quand tu la sentais peser vraiment trop fort sur ta pauvre vie d pauvre petit Paulot paumé. C’est pourtant vrai qu’on voit l’océan, d’ici, les montagnes s’entrouvrent sur une belle échancrure verte de lagon, frangée de la ligne blanche et nette du récif qui la sépare du bleu profond, du moana …
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Par keisha, le 25/09/2011
L'Astronome Aveugle de
Anne-Catherine Blanc-Cadet
Car si d'obscures raisons mènent les rois comme les chats, le chat est supérieur au roi en cela que ses raisons, pour obscures qu'elles soient, suivent toujours le penchant de leur coeur. En outre, l'amitié des rois se peut acheter de paroles flatteuses et de billets à ordre tirés sur l'avenir, quand l'amour des chats ne se marchande pas, et par là même n'a pas de prix."
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Par saphoo, le 26/03/2011
Passagers de l’archipel de
Anne-Catherine Blanc-Cadet
Le soleil… on lui avait promis le soleil, cet amant implacable qu’elle poursuit et qui se dérobe à elle depuis tant d’années.”