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Citations de Anne Cillon Perri (3)


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  • Par bibliopmo, le 26/02/2009

    Traversée / Anthologie Poetique de Anne Cillon Perri

    Feuille de route

    Si un jour tu arrives à Angongué
    N’oublie pas d’aller à Kouboukoubou
    Tu y trouveras un palétuvier
    Dont les jambes d’échassier
    Baignent dans l’eau de la rivière
    J’étais si heureux à l’ombre du feuillage
    De ce palétuvier aux longues jambes
    Avant l’allégeance à l’engeance bruyante
    Loin très loin d’Abong Mbanga
    Tu trouveras dans la boue compacte
    Ma folle enfance forestière
    Et tous les garçons de mon canton
    Qui chantent les chansons d’Angono Obam Ndong

    Si un jour tu arrives à Angongué
    Songe à aller voir Otonsi
    Songe aussi à Otombozo
    Je lui ai élidé une voyelle
    Pour simplifier la phonation
    Et faciliter ton chemin
    Qui passe parfois à Ongalan
    Carrefour lumineux où le soleil
    Obéit à ma spiritualité pahouine
    Si un jour tu arrives à Angongué
    N’oublie pas d’aller à Essimi
    Et à Koumou qui cascade dans mon cœur
    Comme Akame Ndongo dans son lit de béton

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  • Par bibliopmo, le 27/09/2009

    Chanson pour Marennes et Oléron de Anne Cillon Perri

    Soudain
    Au crépuscule du soir
    La Méditerranée
    Le ciel d’Espagne
    Un petit somme pour tuer le temps
    Et Bordeaux qui fait le gros dos
    Dans la nuit lumineuse de France
    Cordon policier
    Et le soleil des retrouvailles
    Dans la neige et la grisaille
    L’assonance renouvelée d’une amitié rupestre
    Et sur les routes de
    France fouettées de vents froids
    D’étranges geysers
    Multiplient les codes de l’amitié
    Cependant qu’une irrésistible nuit
    Caresse les marais salants
    De la campagne oléronaise
    Qui me salue comme les sorciers d’Afrique

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  • Par bibliopmo, le 06/07/2010

    Traversée / Anthologie Poetique de Anne Cillon Perri

    Aïcha

    Je pense à toi Aïcha
    A l’embouchure du fleuve
    Où tu parlais beaucoup
    De nous et la Lobé
    Au point de m’agacer

    Tu t’égosillais
    Un peu plus que la mer
    Plus que la plage
    Et même plus que le vent
    Qui tenait ta chevelure en laisse
    Et criait la détresse de ta liesse

    J’ai gardé dans la bouche
    Le sel de tes aisselles
    Et celui de la mer
    Où tu montrais ton sexe sans cesse
    Et parlais beaucoup
    De nous et la Lobé
    Comme si le jour était interminable

    C’est si triste de ne pouvoir te haïr
    Ni oublier
    Les navires en partance
    Qui emportaient
    De tes yeux le parfum
    Et ton sexe essentiel et sans ciel et sans seuil
    A chaque rivage de ton aine
    C’est vraiment triste de ne pouvoir te haïr

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