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Par kathel, le 19/01/2011
Fugue de
Anne Delaflotte Mehdevi
Les cris de Clothilde montaient en crescendo au fur et à mesure que le flair du chien les guidait vers le lit de la rivière. Il courait droit vers l'eau quand elle voulait qu'il la mène à l'enfant. Les deux chemins paraissaient irréconciliables. Elle n'y voyait pas à vingt mètres. Ses chevilles se tordaient dans les ornières, ses chaussures se chargeaient de terre luisante et noire. À la terre, elle abandonna un soulier. À chaque pas, elle était plus lourde, elle arrachait des sillons frais du labour ses jambes happées par la glaise.
Désarroi. Comment garder en ligne de mire le blanc immaculé du pelage de Beau et assurer ses pas dans cette boue ?
Un instant son âme s'échappa. Le pied nu se chaussa de terre. Les yeux et les jambes de Clothilde suivaient le chien blanc mais elle scandait : « C'est un rêve, je ne cours pas, Madeleine est là. Les fugues se jouent, ne se font pas, Madeleine est là. »
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Par litolff, le 21/12/2010
La relieuse du gué de
Anne Delaflotte Mehdevi
Les couvertures de ce grand livre-là étaient recouvertes de maroquin couleur d'un caramel blond. Les plats étaient au recto comme au verso incrustés en leur centre d'un arbre, de la forme qu'aurait l'ombre d'un arbre feuillu. Cette forme était de maroquin couleur chocolat. La couronne de l'arbre en plusieurs endroits était décollée. Le cuir fin de la base des troncs s'enroulait vers l'extérieur en un petit copeau.
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Par Shaktili, le 02/12/2010
La relieuse du gué de
Anne Delaflotte Mehdevi
Un atelier de reliure, un village et le mysterieux porteur d'un livre à restaurer...
Un récit intime que la chaleur enveloppe lentement ...
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Par saphoo, le 23/12/2010
Fugue de
Anne Delaflotte Mehdevi
Elle, qui, pendant sa première grossesse, n’avait pas eu la moindre envie de fraises, avait décidé au cœur de la nuit, son premier enfant à peine né, qu’elle aurait un chien, qu’il serait le plus grand et le plus blanc possible. "
Le lendemain de sa sortie de l’hôpital, le bébé dans une poche façon kangourou calé entre ses seins, elle était partie en chasse de chien. Le soir même, un chiot des Pyrénées intégrait la famille, un pastou, un berger. Il était « Beau ».
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Par saphoo, le 23/12/2010
Fugue de
Anne Delaflotte Mehdevi
Existait-il une musique constituée d’une seule note égarée entre deux plages de silence illimité ? N’était-ce pas cela une photo ? Une image comme une brèche où l’imagination engouffrait drames, joies, expériences vraies ou fabulées. Un puits sans fond, une note hors mesure, sans tempo et sans clé.
Une photo, de ce qu’elle révèle, ne dit rien ou trop ?
Pourtant si la maison brûlait, Clothilde sauverait les photos et les films de ses enfants avant leurs papiers d’identité ou ses partitions. Elle sauverait les photos de ses enfants et le portrait de sa mère à l’entrée de sa chambre.
Déraison ?
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Par litolff, le 21/12/2010
La relieuse du gué de
Anne Delaflotte Mehdevi
Parenthèse dans la parenthèse, je lis toujours au hasard quelques lignes, à ce moment-là comme à d’autres. En cela, je m’écarte des lois, en tout cas de celles de mon maître, mon grand-père, qui professait qu’un relieur ne lit pas, qu’un relieur analphabète ferait l’affaire, petite-fille ou pas. Il se cabrait à l’idée qu’on puisse ouvrir un livre même avec précaution, quand la colle n’est peut-être pas encore tout à fait sèche, le bloc bien assis, pour aller goûter d’un style.
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Par litolff, le 21/12/2010
La relieuse du gué de
Anne Delaflotte Mehdevi
Je prends mon petit déjeuner entourée des livres que je restaure, ce n’est pas sage, je suis relieuse.
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Par Leiloona, le 03/12/2010
Fugue de
Anne Delaflotte Mehdevi
Les amitiés meurent : même la leur ?
Elles meurent souvent de mort naturelle, rarement ravalées par de grandes fâcheries. Elles meurent parce que le chemin inconscient et singulier qu'empruntait telle amitié est soudainement coupé, par un éboulis, une veine de terre étrangère au chemin qu'elle recouvre.
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La relieuse du gué de
Anne Delaflotte Mehdevi
Revenue à ma place, j'essuyai du plat de la main mon visage mouillé et une odeur de feu me caressa le visage. C'étaient mes doigts qui étaient imprégnés d'une odeur de fumée, de suie plutôt, âcre. je pris le bloc à pleine main et le reniflai à son tour. L'odeur venait de lui. Pour que le papier s'imprègne ainsi de cette odeur de suie, une nuit passée près d'un feu n'avait pas suffi.
J'allai me laver les mains.
Cet homme sentait la forêt, l'herbe verte, la mousse et la terre à plein nez, mais pas le feu.
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Par Zazette97, le 24/10/2010
Fugue de
Anne Delaflotte Mehdevi
Ce qu'elle voulait c'était "faire" de la musique et comme l'amour, et comme l'écriture peut-être pour qui écrit, ce n'est pas quelque chose à propos de quoi on parle. On le fait justement parce que la parole ne suffit plus. p.291
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Par Zazette97, le 24/10/2010
Fugue de
Anne Delaflotte Mehdevi
Le temps était redevenu précieux et plus seulement parce que c'est lui qui mûrissait, devant les yeux de la mère, les traits de ses enfants au fil des jours. Il était redevenu une mesure pour lui-même. Clothilde ne le passait plus à attendre que ses enfants aient besoin d'elle ou l'interrompent. Il lui arrivait aussi souvent qu'avant de ne pas dormir à cause d'un souci, d'une peine de l'un ou de l'autre que "même elle" la mère ne pourrait pas soulager mais, lorsqu'elle était au chant, elle était libre, elle était ailleurs, partout, omnipotente. p.237