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Par bibliame, le 27/04/2011
Haine de
Anne Holt
C’était simple de se protéger soi-même, avait-il toujours cru. A l’entrée de son fils dans sa vie, il remarqua combien il pouvait parfois se sentir démuni au contact des préjugés auxquels il avait tourné le dos jusqu’alors et qu’il avait considérés comme les vestiges d’une époque révolue. A l’arrivée du petit Marcus, il eut de temps à autre la sensation que l’évolution de la société décrivait plutôt une courbe asymétrique et imprévisible qu’il avait du mal à suivre. La joie et l’amour qu’il éprouvait vis-à-vis de son fils étaient omniprésents. La peur de ne pas réussir à la protéger contre la méchanceté du monde extérieur et les préjugés finit par le tailler en pièces.
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Par joedi, le 01/03/2011
Madame la Présidente de
Anne Holt
Ils avaient vu "Piège de cristal", avec Bruce Willis.
Ce film américain vieux de presque vingt ans était le préféré de Rashid. Aucun de ses frères aînés ne comprenait pourquoi. Pour eux, "Piège de cristal" était périmé depuis longtemps, avec ses effets spéciaux affligeants et son héros qui n'était même pas un dur. Pour Rashid, six ans, les scènes d'action étaient parfaites : dignes d'une bande dessinée et irréelles, donc pas de quoi avoir peur pour de bon. En plus, les terroristes venaient d'Europe de l'Est, en 1988. Ils n'avaient pas encore eu le temps de devenir arabes.
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Par joedi, le 28/02/2011
Madame la Présidente de
Anne Holt
Une tisserande avait toujours un plan. Elle ne commençait pas dans un coin pour travailler au petit bonheur vers une oeuvre d'art achevée. Elle savait où aller, et cela prenait du temps. De temps en temps, l'inspiration passait et elle intégrait sur un coup de tête les plus beaux détails. La perfection d'un tapis fait main résidait dans les minuscules écarts par rapport au projet initial, mais aussi dans la symétrie et l'ordre sans faille de l'ensemble.
Le plus beau d'entre eux se trouvait dans sa chambre. C'était sa mère qui l'avait tissé, et ce travail avait duré huit ans. Quand il avait été terminé, Abdallah avait treize ans, et elle lui en avait fait cadeau. On n'avait encore jamais vu un tel tapis. Les tons dorés changeaient à mesure que la lumière baissait et rendaient difficile de définir avec certitude les couleurs. Jamais on n'avait vu des noeuds aussi serrés, ni senti une douceur et une densité aussi concevables.
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Par joedi, le 01/03/2011
Madame la Présidente de
Anne Holt
Il avait toujours un exemplaire joliment relié de l'Art de la guerre, cet ouvrage vieux de 2.500 ans.
Il le prit et se mit à tourner les pages. Il l'avait fait retraduire en arabe, et le livre qu'il tenait dans la main était l'un des trois seuls exemplaires qu'il avait fait imprimer. Et qu'il possédait.
Il vaut mieux laisser intact l'Etat de l'ennemi, lut-il. Ce n'est qu'en second choix qu'il faut le détruire. Livrer cent batailleset remporter cent victoires ne représente pas la plus grande adresse. Ne pas combattre et soumettre malgré tout l'ennemi, voilà l'oeuvre de l'homme habile.
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Par bibliame, le 27/04/2011
Haine de
Anne Holt
En principe, on définit un groupe haineux comme une organisation plus ou moins durable qui incite d’une manière ou d’une autre à la haine envers certaines communautés. Ils ne commettent aucun crime avant de dépasser les limites de la liberté d’expression admises dans la plupart des autres pays, d’encourager à des actes répréhensibles ou d’en être eux-mêmes les auteurs, quand la cible individuelle de cette criminalité est choisie à cause de son appartenance à un assez gros groupe de personnes présentant des signes distinctifs spéciaux et remarquables.
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Par kathel, le 15/12/2008
Bienheureux ceux qui ont soif... de
Anne Holt
Il était difficile de s'y habituer. La femme de vingt-quatre ans qui se trouvait devant elle à fixer le sol était la quarante-deuxième victime de viol à qui l'inspectrice Hanne Wilhelmsen était confrontée. Elle tenait les comptes. Le viol était vraiment la pire des choses. Un meurtre, c'était différent. D'une certaine façon, elle pouvait comprendre un meurtre. Un moment de rage sauvage et incontrôlable, une émotion violente, une agressivité accumulée depuis des années. C'était en quelque sorte compréhensible. Mais un viol, non !
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Par joedi, le 01/03/2011
Madame la Présidente de
Anne Holt
Abdallah connaissait les limites de la haine. Pendant sa convalescence en Suisse, après la mort de son frère, il avait compris que la haine était un sentiment auquel il ne se laisserait jamais aller. Dès ce moment-là, alors qu'il n'avait que seize ans, il saisit que le rationalisme était l'arme essentielle de n'importe quel guerrier, et que le bon sens était incompatible avec la haine.
En outre, la haine engendrait la haine.
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Par joedi, le 01/03/2011
Madame la Présidente de
Anne Holt
L'art de la guerre, c'était d'écraser sans combattre.
Combattre de manière traditionnelle contre les Etats-Unis, c'était voué à l'échec. D'après Abdallah, les Etats-Unis n'avaient qu'un véritable ennemi : eux-mêmes.
Retirez sa voiture, le shopping et la télévision à un Américain moyen, et vous lui retirez l'envie de vivre, songea-t-il en éteignant l'écran plasma.
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Par joedi, le 28/02/2011
Madame la Présidente de
Anne Holt
La vie d'Abdallah était comme un tapis. A la mort de son frère, il avait décidé de ce à quoi il ressemblerait. Il avait fait quelques modifications en route, rien que des ajustements, jamais rien de plus que ce que sa mère aurait pu faire, un ajout plus profond, plus triste çà et là, une nouvelle nuance parce qu'elle était belle et s'accordait bien à l'ensemble.
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Par bibliame, le 27/04/2011
Haine de
Anne Holt
- Excusez-moi, murmura-t-il. Excusez-moi. Perdre un enfant … Je suis désolé. Je passe mon temps à …
- Vous n’avez pas à vous excuser, l’interrompit Yngvar. LE chagrin, ce n’est pas relatif. Le vôtre est assez grand comme ça. Et dans quelque temps, vous apprendrez à vivre avec. Ca va s’éclaircir, Lukas. La vie a une tendance bénie à se réparer elle-même.