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Par ssstella, le 05/05/2013
Ce que je peux te dire d'elles de
Anne Icart
- Mes délires féministes ? Mes délires féministes ! Mais qu'est-ce que c'est au juste pour vous un délire féministe ? Faire en sorte qu'on n'avorte plus dans la clandestinité ? A grands coups d'aspirations qui arrachent tout au passage, qui font du ventre des femmes un vrai champ de bataille d'où il ne ressortira peut-être plus rien ? C'est ça pour vous, un délire féministe ? Etre abandonnée à son sort, se faire insulter, être une paria parce qu'on a choisi de ne pas avoir un enfant qu'on n'a ni voulu ni désiré ? C'est un délire féministe que de ne plus vouloir se faire torturer les tripes sur une table de cuisine, toute seule parce qu'on sait que ceux qu'on aime le plus ne comprendraient pas ? C'est un délire féministe que de vouloir être libre ? C'est ça que vous pensez ?
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Par Magenta, le 13/02/2013
Les Lits en Diagonale de
Anne Icart
J'ai compris qu'on pouvait aimer et haïr à la fois. Et le dire . Regretter, en vouloir, mais admirer. Et le dire. Qu'être la sœur d'un handicapé, ce n'est pas plus facile que d'en être la mère ou le père. Et le dire. Que c'est différent. Qu'on s'en prend aussi pour toute la vie. De sa naissance à sa mort. Qu'on passe par tous les états. Mais que l'éventail de sentiments , du pire au meilleur, qu'offre cette fraternité bancale est un véritable don. Et le dire . Je te le dis .
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Ce que je peux te dire d'elles de
Anne Icart
Les blessures de l'enfance laissent aux adultes des cicatrices brulantes.
Tout dépend de la façon dont elles été soignées.
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Par Halias, le 17/07/2012
Les Lits en Diagonale de
Anne Icart
J'ai compris qu'on pouvait aimer et haïr à la fois. Et le dire . Regretter, en vouloir, mais admirer. Et le dire. Qu'être la sœur d'un handicapé, ce n'est pas plus facile que d'en être le mère ou le père. Et le dire. Que c'est différent. Qu'on s'en prend aussi pour toute la vie. De sa naissance à sa mort. Qu'on passe par tous les états. Mais que l'éventail de sentiments , du pire au meilleur, qu'offre cette fraternité bancale est un véritable don. Et le dire . Je le dis .
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Par canel, le 05/03/2013
Ce que je peux te dire d'elles de
Anne Icart
[Avec ma fille] je ne suis pas comme ma mère [dépressive]. Je ne suis pas tantôt en haut, tantôt en bas. Débordante d'amour un jour, inexistante le lendemain. (p. 285)
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Ce que je peux te dire d'elles de
Anne Icart
" Debout devant le berceau, les bras le long du corps, immobile, Maman me regarde.
Ou plutôt, elle m’observe.
Je ne dors pas.
Je regarde, émerveillée, les petits pantins multicolores qui s’agitent au-dessus de moi.
Je ne distingue pas encore toutes les couleurs mais je vois les ombres qu’ils font à chaque mouvement.
Pour que je les voie, il faut qu’ils bougent.
Je ne vois pas ma mère.
On n’entend que sa respiration.
Irrégulière.
Elle fait un pas vers le berceau.
Elle continue de m’observer.
Ses yeux se posent sur mes yeux.
Encore gris indéfinissable.
Sur mes sourcils, à peine dessinés.
Sur mes cheveux duveteux, déjà blonds.
Sur mes joues pleines.
Sur ma bouche minuscule.
Sur mes mains potelées et agitées.
Elle ne ressent rien.
Elle le voudrait.
Elle est entrée dans ma chambre pour savoir.
Pour vérifier s’il y avait un fil entre elle et moi.
Mais il n’y a rien.
Peut-être si elle me touchait.
Elle avance une main vers moi.
La suspend au-dessus de ma tête.
Prête à la laisser aller.
À la laisser descendre et se poser, en caresse cette fois.
Une ombre a flotté sur mon visage.
Un instant.
Puis elle a disparu..."
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Ce que je peux te dire d'elles de
Anne Icart
" Trois mères.
Pour moi toute seule.
Trois mères vivantes.
Malgré tout.
Virevoltantes. Énergisantes. Polluantes. Ultraprésentes.
Une chance ? Allez savoir... Ça dépend des jours.
Du plus loin que remontent mes souvenirs, il y a trois visages penchés sur moi.
Un blond, un brun, un auburn.
Sur mon lit, sur mes premiers pas, sur mes devoirs, sur ma vie.
Une série de mains fraîches sur mon front les nuits de fièvre.
Quelques notes de comptine. Bonsoir Madame la Lune, bonsoir...
Et ce curieux, subtil sentiment d’absence aussi. Du père..."
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Les Lits en Diagonale de
Anne Icart
Rien ne peut être plus dur pour une mère et un père que d'enfanter un être diminué.C'est vrai.Surtout dans une société qui accepte si mal la différence.
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Par Thaleia, le 25/02/2013
Ce que je peux te dire d'elles de
Anne Icart
Il sait aussi que ce ne sera pas facile d'avoir sa place au milieu de ces femmes. Il les voit si proches et si solidaires. Il ne les comprend pas forcément, mais il met ça sur le compte de la nature. Les hommes ne comprennent pas toujours les femmes et réciproquement. On n'y peut rien, c'est comme ça. Il n'a pas eu de sœur et sa mère, bourgeoise d'un autre temps, l'a élevé dans une religion patriarcale bien ancrée. Fils unique, il a été un demi-dieu, voire un dieu entier, habitué à être servi par une femme servile et heureuse de l'être. Même son père était si fier de lui qu'il ne lui a jamais rien refusé. Alors forcément, l'unité féminine, un brin féministe, que forment ces trois femmes le plonge parfois dans des abîmes de perplexité. Mais à ses yeux, leur gaieté l'emporte sur la radicalité de certaines attitudes. Elles peuvent bien travailler, fumer et être indépendantes. La joie de la rue d'Aubuisson l'a gagné, lui le fils de l'austérité.
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Par Thaleia, le 25/02/2013
Ce que je peux te dire d'elles de
Anne Icart
Elles arrivent à temps pour me voir partir en salle de travail. J'y reste quinze heures, je refuse la péridurale parce que j'ai peur de l'énorme aiguille, je hurle comme un cochon qu'on mène à l'abattoir, insulte tout le personnel, regrette tout ce que j'ai pensé du bonheur de cette grossesse, trouve inhumaine et archaïque la condition des femmes et exaspérant le flegme des sage-femmes (qui en ont vu d'autres). Ah! elles ont encore du boulot les féministes!
Mais quand on me met mon bébé dans les bras, tout violacé et sanguinolent, très très laid en fait, quand j'entends pour la première fois le son de sa petite voix, ce premier cri, quand je sens sur ma peau la peau de Violette, j'oublie tout le reste. C'est vraiment le plus beau jour de ma vie.
Parce que j'ai accouché d'une fille. Évidemment.
De toute façon, personne n'a imaginé une seconde qu'il pourrait en être autrement. Et d'ailleurs, personne n'a cherché de prénoms de garçon.
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