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Par belette2911, le 07/04/2013
Rutland place
de
Anne Perry
Bien que l'héroïne se prénomme Charlotte, nous sommes loin de l'univers enchanteur du dessin animé "Charlotte Aux Fraises".
Retrouver Charlotte et son mari, l'inspecteur Thomas Pitt est synonyme d'une plongée dans le Londres assez glauque de l'époque victorienne où la femme dans le milieu aristocratique avait souvent le rôle de "sois belle et par pitié, tais-toi, ne parle que de chiffons avec les autres pendant que nous, les hommes, allons au club, à la City et aux putes".
Non, non, ce temps là n'est pas tout à fait révolu de nos jours... Ma lecture du livre "LA Banque : comment Goldman Sachs dirige le monde" m'en a apporté la preuve, les épouses des dirigeants, des associés et des employés étant priées de jouer le même rôle que ces pauvres dames anglaises de l'époque victorienne.
Mais revenons à notre tasse de thé. Grâce à Charlotte et à la disparition d'un objet appartenant à sa mère (et auquel elle tient plus que tout), nous allons nous glisser dans les salons feutrés pendant l'heure du thé et grignoter des petits biscuits tout en nous enrichissant de leurs mœurs particulières.
Ce qui, au départ, avait l'air d'une banale histoire de disparition d'objets disparates, débouchera tout de même sur une mort brutale. Un cadavre, c'est le minimum syndical d'un roman policier !
Ne faisant que 310 pages, l'enquête est rapide et on a terminé l'affaire avant même d'avoir pu esquisser un bâillement poli durant les visites dans le beau monde de Rutland Place.
L'auteur s'amuse à nous lancer sur différentes pistes, à énoncer des hypothèses, des mystères et à les résoudre au fur et à mesure de l'avancée du livre, comme d'habitude.
Une fois de plus, bien que j'ai eu une pensée mal placée au sujet de deux personnage, j'étais encore en-deçà, la preuve que mon esprit n'est pas aussi noir et tordu qu'on pourrait le penser.
Ce fut une lecture rafraîchissante après une précédente qui était éprouvante, une immersion dans les arcanes de la société "aristocrato-bourgeoise" après celles de LA banque (Goldman Sachs), mais le dégoût de cette société dite "bien pensante et en col blanc" est bel et bien présent au final.
Ils dirigent le monde et la destinée des autres, se moquant bien au passage des petites gens qui crèvent, quelque soit l'époque ou le lieu.
Pourrait-on faire un grand trou et les foutre tous dedans autant qu'ils sont ? Non ? Dommage...
Ce titre laisse plus de place à Charlotte et à sa mère, au détriment de Pitt, ce qui est un peu dommage (juste un peu) mais c'était très plaisant à lire, une scène du livre est mémorable et en plus, je me suis laissée dupée par l'auteur avec grand plaisir.
Par contre, je ne sais pas ce que fument l'imprimeur, le traducteur ou autre parce qu'il y a une faute énorme au nom de famille du père de Charlotte : "Allison" (coquille) au lieu de "Ellison".
Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/1-romans-policiers-victoriens-ou-classi...
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Par belette2911, le 09/04/2013
Resurrection row
de
Anne Perry
Mais qu'est-ce qui leur prend, à ces cadavres en putréfaction, de sortir de leurs tombes ? La terre ne leur conviendrait-elle pas ? Ils ont oublié d'éteindre le gaz ? Le voisinage est-il à ce point trop silencieux pour que l'un d'eux ait soudain l'envie irrépressible de se faire conducteur de cab ?
Y aurait-il des Vampires à Londres ? Des zombies à Leicester Square ? Avouez qu'il y a de quoi tomber en pâmoison devant ce conducteur plus que faisandé. L'argent n'a pas d'odeur, mais lui, oui !
Allez hop, on le refiche dans sa boi-boite, cet aristocrate cavaleur (mais sans pieu dans le cœur) et il réintègre sa demeure. Avec les asticots, l'aristo !
Mais voilà ti pas que le dimanche, notre brave Lord Augustus - qui s'était déjà retrouvé sur le cab et qui fut ré-enterré dans la boi-boite - nous rejoue la fille de l'air ! Notre brave cadavre puant est retrouvé assis à l’Église, ce qui fera hurler sa veuve.
Ce n'est donc pas un vampire... puisqu'il est dans un lieu saint.
STOP ! Lecteur cartésien, ne t'en va point, nous sommes dans un polar victorien, et chez Anne Perry, pas de zombies.
Non, c'est juste qu'un petit malin s'amuse à déterrer les cadavres et fait tourner la police en bourrique.
Pitt en est à se demander si la mort de Lord Augustus Fitzroy-Hammond ne serait pas suspecte et que quelqu'un veuille attirer l'attention dessus.
Diable, on l'a tout de même extirpé deux fois de son repos éternel ! Faut pas pousser bobonne dans les orties, tout de même, surtout lorsqu'elle est en string.
C'est bougrement louche, toutes ces "sorties" du père Augustus qui n'a même pas le droit de se transformer en humus en toute tranquillité.
Mais voilà que l'invasion des cadavres cavaleurs commence et que ça se déterre un peu partout ! Pitt en perd son latin.
Avec Anne Perry, pas besoin d'attendre la page 200 pour avoir son lot de cadavres ou de sang.
Directement, elle vous plonge dans le sujet comme on plonge un petit gâteau dans son thé : des cadavres qui puent et un plus frais ensuite.
Tous n'ont pas dépassé leur date de péremption... Un peu de fraîcheur dans les cadavres, ça fait du bien.
Dans cette enquête, l'inspecteur Pitt est plus présent et j'ai adoré retrouver cette chère tante Vespasia, qui n'a jamais sa langue en poche (et qui a dû la balader ailleurs dans sa jeunesse).
Cette chère dame adore le franc-parler de Charlotte, sœur d'Emily, sa nièce par alliance. Même notre inspecteur dégingandé, elle l'apprécie.
Ce qui a de bien avec Anne Perry c'est que, contrairement à Conan Doyle, elle nous plonge VRAIMENT dans le Londres de la reine Victoria et sans complaisance.
La misère, vous la côtoyez ! Les femmes qui travaillent comme des malades et doivent encore faire le trottoir pour payer leur loyer, elle ne vous le cache pas.
Les enfants exploités dans les hospices, elle vous en parle. Les lois mal faites et que les aristos trouvent très bien puisqu'elles privent les pauvres des droits essentiels, elle vous fiche le nez dedans.
De plus, l'auteur ne se prive pas de mêler le sexe glauque dans les enquêtes de l'inspecteur Pitt : prostitution, proxénétisme, homosexualité (consentie ou pas), pédophilie, TOUS les sujets sont abordés dans ses différents romans, y compris les débuts de la pornographie photo.
300 pages durant lesquelles on ne s'ennuie pas, découvrant tout un arrière-plan (et train) de la ville de Londres très très sombre.
Au final ? Bluffée !
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Par belette2911, le 14/09/2012
Le Crucifié de Farriers' Lane
de
Anne Perry
Thomas Pitt, vous êtes un inspecteur de police comme on en fait plus (sauf dans les livres et les séries). Vous êtes tenace, perspicace, têtu, malin et vous suivez les pistes tel un chien de chasse suivant du gros gibier.
Incorruptible, pour vous la notion de Justice passe avant tout. Il en est de même pour votre femme, bien que, parfois, elle prenne un peut trop de risques...
En tout cas, Pitt, votre droiture devrait être citée en exemple et copiée !
Au cas où certains ne suivraient pas (ceux du fond, à côté du radiateur), j'apprécie très fort les enquêtes de Thomas Pitt, aidé de sa femme Charlotte.
Par contre, je ne sais parfois plus les titres que j'ai lu et ce livre, j'étais persuadée de l'avoir lu. Il n'en était rien... Heureusement que je m'en suis rendue compte en fouillant des mes notes.
Parce que je vais vous dire, moi, lecteurs, que celui-là mérite son lot d'étoiles à la cotation boursière !
Mais venons-en au principal :
En découvrant le titre, je m'attendais à tomber sur une enquête autour d'un "fraîchement" crucifié, mais en fait, nous commençons par l'empoisonnement d'un juge, alors qu'il était au théâtre.
Devinez qui était non loin ? L'inspecteur Thomas Pitt, son épouse Charlotte et Caroline, la maman de Charlotte.
Un juge raide mort, ce n'est pas courant... Empoisonné avec de l'opium, encore moins...
Petit bémol ? Celui-ci avait, apparemment, l'intention de réouvrir un procès, vieux de cinq ans, où il avait siégé en tant que juge à la Cour d'Appel !
Quel procès ? Celui de Godman, un acteur, juif (vous comprendrez l'importance de sa nationalité ensuite) déclaré coupable d'avoir crucifié l'amant de sa sœur à la porte d'un maréchal-ferrant de Farriers' Lane.
Jugé coupable, en première instance et en appel, il fut pendu haut-et-court sous les vivas du bon peuple... Dois-je préciser qu'il clamait son innocence ?
Ce crime horrible (la crucifixion, pas la pendaison) avait déclenché des émeutes antisémites lors de l'arrestation de Godman, puisque, selon ces braves gens, seul un juif aurait eu le culot de crucifier un homme.
On murmure même qu'ils auraient déjà fait le coup à un type, du temps d'un certain Ponce Pilate, un homme fort propre qui se lavait les mains...
Bref, vous l'aurez compris, le climat, en Angleterre, à cette époque, était anti-juif et propice à tout faire flamber chez ces pauvres gens qui n'étaient coupables que d'avoir une autre religion et d'autres croyances, sans oublier qu'ils avaient crucifié, à une époque lointaine, Notre Seigneur Jésus-Christ, ce que le bon peuple anglais n'avait toujours pas avalé. Amen !
Cette tension, on la ressentira tout au long du roman, les juifs étant accusé de tous les maux, dont celui de ne pas être vraiment des "êtres humains" comme les autres. Édifiant !
Je me suis dit, en lisant certaines répliques, pas piquée des vers : "Mais quel esprit étroit ils avaient, à cette époque..." et une petite voix m'a susurré "à cette époque seulement ?".
Non, rien ne change en ce bas monde. Le livre nous fait comprendre que les esprits étroits d'alors le sont toujours.
En tout cas, c'est aussi un camouflet adressé à la peine de mort (à l'époque, on les pendait) et, qui sait, aux erreur judiciaires... Je n'en dirai pas plus.
Les quatre cent pages se sont déroulée au rythme de l'enquête de Thomas Pitt, aidé de temps en temps par son épouse.
Non seulement il doit résoudre la mort du juge, mais aussi comprendre quelles preuves il avait découvert pour avoir décider d'interroger, cinq ans après, les protagonistes, les avocats, les témoins et les juges de la Cour d'Appel.
Y a-t-il un rapport entre la mort du juge et le procès ? Oui ? Non ?
Pitt hésite, se tâte, enquête, ce qui n'est pas facile car casse-gueule. Beaucoup ont à perdre dans cette histoire, si, d'aventure, il s'avérait que le procès ne fut pas équitable et l'enquête bâclée.
Se pourrait-il que le coupable de la crucifixion ne le soit pas et que l'on ait pendu un innocent ?? Si oui, très grave !
Pitt aura bien besoin de sa sagacité pour venir à bout de cette enquête, tout en sachant que, si erreur il y a eu au procès, c'est tout le système judiciaire anglais qui risque de trembler sur ses fondations, les juges qui risquent d'être remis en question et puis, la populace était tellement contente de pendre un juif.
Cette haine, on la ressentira vraiment tout au long du roman avec les clichés de fous que la société anglaise avait sur eux.
L'autre côté du livre qui m'a plu, c'est l'amusement que j'ai ressenti avec la mère de Charlotte, veuve, qui nous la joue "cougar" en tombant amoureuse d'un homme plus jeune qu'elle, déclenchant l'ire de sa fille qui ne veut pas voir sa mère batifoler avec un acteur qui a l'âge d'être son fils.
Dans ce roman, Caroline Ellison se montre sous un autre jour, sortant du carcan dans lequel on l'a forcée à entrer et découvrant l'amour. Tout à fait différente de son rôle dans "L'étrangleur de Cater Street".
A un moment, j'ai pensé que madame Perry n'avait pas potassé la manière de crucifier une personne, étant donné qu'il est dit que des clous de maréchalerie étant fixés dans les paumes et les pieds de l'homme.
Hors, la paume des main étant trop fragile pour supporter le poids du corps, les clous étaient enfoncés dans les avant-bras, entre le radius et le cubitus (oui, oubliez les représentations du Christ en croix, ce n'est pas la réalité).
Et là, elle nous le faisait tenir avec des clous dans les mains ?
Ouf, l'honneur fut sauf lorsque dans la description, le policier déclara qu'en plus des clous dans les paumes des mains, il y en avait aussi dans les avant-bras.
Ce que j'ai adoré dans le livre ? La petite claque sur mon nez dans les cent dernières pages ! (trois, en fait, de claques sur mon nez).
Toute fière d'avoir remarqué un détail qui clochait lors de la mort du juge Stafford, j'étais persuadée de détenir mon coupable dès les premières pages, mon sentiment se renforçant un peu plus sur la fin, sans que je sache le mobile.
Mes claques, je me les suis prise avec plaisir, Madame Anne Perry ayant bien mélangé les cartes et ayant gardé tous les atouts dans sa manche.
Oui, j'avais raison avec mon coupable, mais il me manquait encore beaucoup de chose ! Ce furent les trois claques.
Un régal, cette lecture et cette plongée dans le Londres victorien et la discussion entre Pitt et... Oscar Wilde, qui lui donnera une information de première catégorie.
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Par dbreit, le 10/12/2012
Silence à Hanover Close
de
Anne Perry
Le début fut un peu long à se mettre en place et j'ai deviné assez vite l'intrigue dont je n'ai eu toutefois confirmation que dans les toutes dernières pages. J'ai d'ailleurs trouvé la fin un peu baclée. Ce n'est pas le meilleur d'Anne Perry pour la série Pitt et Charlotte mais il se laisse lire assez facilement, le style est toujours là et l'on s'instruit des moeurs et coutumes de l'époque.
Un bon moment.
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Par Kittiwake, le 04/01/2012
L'étrangleur de Cater Street
de
Anne Perry
Il m’ a semblé logique de découvrir l’oeuvre d’Anne Perry avec le premier roman de la série. Un étrangleur utilisant un fil à couper le beurre s’attaque à des jeunes filles sans liens entre elles, semant la terreur dans le quartier habituellement calme. L’inspecteur Pitt mène l’enquête : la piste de brigands professionnels est vite écartée, car le vol n’est pas le mobile. Il s’agit donc de repérer au sein de cette société bien pensante qui est le pervers capable de tels méfaits. Il s’en suit une ambiance extrêmement lourde, de méfiance, de suspicions, enfants soupçonnant leur père, femmes soupçonnant leur mari, ce qui amène inévitablement à des règlements de compte pour des histoires sans rapport avec les crimes. Personne n’en sort indemne. Jusqu’à ce que la pugnacité de notre inspecteur, et
la mise en danger de Charlotte, l’héroïne, permette de révéler l’identité du tueur en série
La mise en place est très longue et laborieuse avec de nombreuses redites quant aux convictions sociologiques des différents protagonistes. Il faut avoir parcouru presque 200 pages sur les 350 et quelques pour que l’action démarre. Certes je suis friande des écrits concernant l’Angleterre victorienne, mais là, c’est tout de même un peu lassant, et surtout en raison des répétitions nombreuses
Quant à l’intrigue policière, une fois que l’on a éliminé tous les suspects trop évidents, il y a trop peu de personnes insoupçonnables et donc coupables pour que l’on ne se doute pas rapidement de la solution. C’est là que l’intérêt se réveille, pour aller vérifier son postulat
Le point fort du roman tient à mon avis dans l’analyse des conséquences induites par l’enquête au sein de cette famille au fonctionnement huilé, prisonnière du carcan des conventions, et qui va être amenée à ébranler ses convictions. Pour se disculper d’un acte grave, les hommes devront aussi mettre en lumière des agissements dont ils auraient préféré qu’ils restent tus.
Bien entendu, on n’échappe pas au franc parler de Charlotte, dont le raisonnement et la vivacité la mettent à l’écart des standards de la féminité, pour rallier le féminisme avant l’heure. En cela on retrouve des schémas très inspirés de Jane Austen : deux filles à marier, une frivole et ambitieuse, une trop indisciplinée pour faire l’objet d’une demande en mariage, but ultime et consécration pour toute jeune fille de bonne famille. Jusqu’à la jeune femme jouant (mal) du piano pour animer une réception.
Un peu déçue par la construction, je poursuivrai cependant l’exploration de cet univers, espérant que les longueurs signalées ne se retrouveront pas dans les romans suivants.
Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/01/letrangleur-de-cater-street.html
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Par belette2911, le 25/10/2012
Le cadavre de Bluegate Fields
de
Anne Perry
Ne dérogeant pas à ses habitudes, Anne Perry nous présente, d'entrée de jeu un cadavre : c'est celui d'un jeune homme qu'on a balancé, nu comme un ver, dans les égouts du quartier de Bluegate Fields. Quartier de Londres, qui, sois-dit en passant, n'a rien en commun avec celui de Belgavria. Bref, Bluegate, c'est les bas-fonds londonien.
Après autopsie, le légiste révèle à l'inspecteur Pitt que le jeune homme provenait sans aucun doute d'une bonne famille, qu'il avait seize ans, qu'il est mort noyé, certes, mais pas dans les égouts, mais dans une baignoire et ensuite jeté dans les égouts afin que les rats fassent leur travail.
Ah oui, j'oubliais ! Ce charmant garçon avait la syphilis et fut violé. Ou pire, il était consentant... (oui, à cette époque, c'était plus que mal vu !).
Pitt se lance dans son enquête et découvre l'identité de son cadavre : Arthur Waybourne, un jeune aristocrate.
Voici venu le temps, non pas des rires et des chants, mais d'apprendre au papa que son fiston est mort, noyé, violé et qu'il avait contracté une maladie honteuse (on ne sait jamais dans quelle tasse de café le biscuit a été trempé).
Et c'est là que je me marre car le père, tout imbu de sa Très Haute Respectabilité et Supériorité, se drape dans l'indignation, menace de faire rayer le légiste qui, décidément, ne connait pas son métier et promet de faire examiner le corps de son fils afin de prouver qu'il était sain et que ce légiste bigleux qui a eu son diplôme dans un paquet Bonux a inventé la maladie de sa progéniture.
La chute n'en sera que plus dure... Le légiste connaissait son métier et le médecin de famille ne pourra qu'acquiescer. Ce qui n'empêchera pas le père d'essayer de noyer le poisson (oups) en s'inventant une histoire qui arrange mieux sa conscience et ce que les autres pourraient en dire.
L'auteur aborde ici, un autre fait "noir" de la société victorienne : la prostitution des enfants, version "garçon" et des aristocrates ou bourgeois qui en profitaient largement !
En ce temps là, louer les service d'une gamine était monnaie courante...
L'homosexualité, par contre, qui était un péché mortel pour la loi de cette époque (loi radiée depuis peu en Angleterre) est aussi abordée puisque ces hommes sont plus pédophiles que homo étant donné que leurs partenaires sont des mineurs.
Une fois de plus, le portrait de l’aristocratie anglaise de l'époque est passée au vitriol et c'est ce que j'adore : en apprendre plus sur la société de l'époque, celle dont certains pensaient qu'elle était exempte de péchés alors qu'une partie était plus que débauchée.
L'enquête de Pitt se déroule à son rythme et on arrête assez vite le coupable, précepteur des garçons, un être froid et arrogant. Un peu trop vite ? C'est ce que pense Pitt et il va se heurter à son chef de l'époque qui lui ne l'entend pas de cette manière.
Puisque cet homme fut jugé coupable par le jury, c'est que c'est lui ! De plus, il ne faut pas déranger les aristos, ils sont blanc comme neige et patati et patata. Bref, un commissaire bien naïf !
Mais vous connaissez l'inspecteur Pitt, plus tenace que Columbo (le manteau froissé en commun) et les incursions de son épouse Charlotte dans ses enquêtes.
Cette dernière fera croisade, aidée de sa sœur, pour tenter d'enrayer les pratiques indignes qui font que les hommes riches assouvissent leurs pulsions avec des gamins qui n'ont même pas de poils au menton.
Les mentalités doivent changer et les épouses doivent être mises au parfum de certaines pratiques qui sont monnaie courante dans la City.
Si le déroulement du procès du précepteur est un peu long, le reste passe très vite et je ne m'étais pas douté du coupable, une fois de plus.
Charlotte est meilleure enquêtrice que moi ! Et Pitt aussi car c'est lui qui comprendra ce qu'il s'est passé dans le final.
Le Londres de cette époque n'était pas des plus folichon mais c'est toujours un plaisir de découvrir sa noirceur au travers des enquêtes de l'inspecteur Pitt et de son épouse Charlotte.
Lu dans le cadre des challenges : "PAL Noire à Zéro" de George, "Vingt mille lieues sous mes étagères" du Cannibal Lecteur (moi), "Thrillers et Polars" de Liliba et "I Love London" de Titine et Maggie (pour les adresses des challenges, voir mon site).
Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/1-romans-policiers-victoriens-ou-classi...
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Par Lynnae, le 12/11/2012
L'étrangleur de Cater Street
de
Anne Perry
Coup de cœur ! Pour Charlotte, sa personnalité volontaire et indépendante dans un univers victorien qui n’accueille pas celle-ci d’un bon œil, cet univers, la manière dont l’enquête est menée. Charlotte est une héroïne bien campée, j’ai bien aimé l’humour et ses petites touches. Sa tolérance pour les classes inférieures ajoute d’autant plus à son côté sympathique.
Même si j’avais une bonne idée de la direction du meurtrier, le mystère tient bien. On est plus dans les interrogations et réflexions de Thomas que les investigations physiques (peut-être juste parce que c’est le début?).
L’aspect victorien est bien abordé, même s’il a des côtés profondément énervants : « les hommes font ce qu’ils veulent, les femmes se taisent / se tassent ». C’est à se retourner les sangs ! Surtout quand on voit les personnages masculins du livres, à part Thomas, ce sont de vraies saletés ! Paradoxalement, il est au bas de l’échelle et de la considération, mais au-dessus du père et du beau-frère de Charlotte, moralement parlant. Emily aussi agace pas mal pour son égoïsme, pas autant que les hommes, dans un domaine différent.
Mais le pire personnage reste la grand-mère, persuadée que ces normes sont parfaites et en tirant une immense dignité … « Demander à un homme de ne pas fauter en trente ans de mariage était impensable. N’importe quelle femme savait cela. On acceptait cet état de choses, on le supportait avec courage, et surtout avec dignité ». Mais bien sûûûûr ! Je me demande ce qu’elle dira en apprenant pour Charlotte et Thomas !
J’ai beaucoup aimé voir abordé le thème du péché à cette époque (même si c’est énervant aussi ^^;), tout comme les récits de Thomas sur la délinquance. De même, l’écriture attentive, descriptive, précise. Et puis j’avoue, la couverture.
C’est presque plus un roman de mœurs qu’une intrigue policière, mais ce mélange m’a séduite. J’ai été très étonnée à la mort de Sarah, il est rare de voir tuer un personnage important dès le début d’une série, ce qui a un aspect très plaisant, surprenant.
C’est une très agréable surprise, et qui pousse dans bien des domaines à la réflexion.
Lien : http://falaiselynnaenne.wordpress.com/2012/05/12/charlotte-et-thomas-pitt-tom...
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Par alicejo, le 11/09/2012
L'étrangleur de Cater Street
de
Anne Perry
Quand un Serial Killer fait irruption dans une rue bourgeoise de l'Angleterre victorienne, c'est toute la façade polie et bienpensante de la bonne société qui s'écroule surtout quand il est avéré que ce meurtrier est probablement un voisin, un proche. Le doute s'installe, les langues se délient, la suspicion s'immisce dans les couples.
Premier tome d'une série, cette enquête policière est très divertissante. Les personnages sont sympathiques et on a vite très envie de suivre les aventures de la spontanée Charlotte et de son inspecteur Pitt dans leur seconde aventure.
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Par Marple, le 21/04/2012
Du sang sur la soie
de
Anne Perry
Grande amatrice de longues fresques historiques, j'ai -sans surprise- beaucoup aimé 'Du sang sur la soie' !
Pour sa galerie de personnages très réussis, d'abord.
Anna/Anastasius, férocement intelligente, déterminée et volontaire... lucide aussi, et pleine de compassion, et très seule parfois.
Puis la flamboyante Zoé, toute entière vouée à sa passion de la vengeance. L'eunuque Nicéphore, les deux légats du pape, Dandolo le Vénitien, l'évêque Constantin, tous ces personnages brossés avec talent par Anne Perry m'ont plu et m'ont permis de vraiment rentrer dans l'histoire.
Pour Byzance ensuite, les explications sur la foi orthodoxe, le rôle des eunuques, l'impact des croisades, la médecine d'alors, les jeux de pouvoir entre Rome, Venise, Byzance, la France... On apprend plein de choses au long de ce roman, et c'est toujours un plaisir !
Pour les relations humaines entre les différents personnages enfin, notamment l'approche fine et diplomate d'Anastasius lors de son enquête, les luttes politiques autour de l'empereur, les jeux de séduction de Zoé, les rapports de force des deux légats du pape... sans oublier une belle histoire d'amour pour terminer en beauté !
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Par Rebus, le 29/12/2012
Un étranger dans le miroir
de
Anne Perry
Premier opus de la série des Monk. On découvre Monk, justement. Devenu amnésique, il est à la recherche de son passé. Et ce qu'il commence à découvrir sur lui même ne lui plait pas forcément...
A ses côtés gravitent une galerie de personnages, et notamment Hester, jeune infirmière volontaire qui a servi pendant la guerre de Crimée.
Une enquête bien menée, des personnages pas forcément sympathiques, mais attachants.
Et une plongée dans l'Angleterre du XIXe siècle comme sait le faire Anne Perry.
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Par Davalian, le 21/12/2012
L'odyssée de Noël
de
Anne Perry
L’Odyssée de Noël est un titre bien présomptueux pour cette nouvelle écrite par Anne Perry. Plutôt agréable elle nous offre l’occasion d’oublier notre quotidien au fil d’une intrigue sympathique et immersive. L’édition de luxe au format poche est cependant un argument commercial quelque peu surfait.
L’intrigue est franchement classique, sans surprise, en trois temps : la recherche d’un fils à papa quelque peu dissipé dans un monde de plaisirs, les efforts faits pour l’en sortir avant le non moins traditionnel final enflammé. Rien de bien palpitant et le dénouement n’arrange rien. La bande de joyeux aventuriers à qui incombe cette tâche relève un peu le niveau. Robinson Squeaky en particulier, proxénète plus au moins repenti et comptable en proie aux doutes qui nous réserve quelques joutes verbales et échanges intéressants. Hélas, Sadie et Bessie connaissent le même sort que Bérénice Marlohe dans Skyfall…
L’auteure s’entête à décrire une pseudo société de plaisirs interdits dans l’East End d’un Londres sans doute victorien. Certains passages sont cocasses, dans d’autres les lecteurs de Maxime Chattam reconnaîtront sans mal une certaine Cours des miracles emprunté à In Tenebris. La consommation d’alcool, de drogues et les pratiques sexuelles plus au moins originales sont autant de prétextes qu’utilise l’auteure pour fustiger une société passée. Le tout est bien entendu imbibé d’un discours moraliste dégoulinant de voyeurisme consenti.
Étrangement, l’ensemble reste agréable à lire, même si les lecteurs chevronnés de polars et de romans historiques iront trouver leur bonheur ailleurs.
Lien : http://kriticon.over-blog.com/article-l-odysse-de-noel-anne-perry-113685239.html
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Par Cath36, le 10/04/2012
Dorchester terrace
de
Anne Perry
J'aime beaucoup l'écriture élégante d'Anne Perry, et cette façon qu'elle a de poser une intrigue policière au milieu de celles -bien réelles- de l' Histoire, tout en agrémentant son texte de courtes réflexions psychologiques qui orientent son récit en fonction de la personnalité des personnages. Dans ce livre elle analyse une fois de plus les rapports entre l'aristocratie anglaise et les autres classes sociales par rapport à la politique (la première ne voulant rien lâcher aux secondes), ici à travers les relations de l'Angleterre victorienne avec l'empire austro-hongrois. Aristos ripoux et domestiques fidèles contribuent les uns et les autres aux ressorts de l'action.
A travers les lenteurs de l'intrigue, Anne Perry démonte petit à petit tous les mécanismes qui ont abouti à la première guerre mondiale, à travers les enchevêtrements inextricables des alliances, des rapports de force, du jeu de la diplomatie, ainsi que les rapports difficiles entre la police et la politique.
Tout se met en route et rien ne se termine à la fin du livre, à part l'intrigue policière. A une époque où on assassine les gens comme on respire, une enquête prend tout son sens lorsqu'il s'agit de déjouer un attentat. Cela dit Mme Perry utilise toujours les mêmes ingrédients et cela finit par être un peu lassant, même si chaque livre de la série nous fait découvrir un nouvel aspect de Londres, quartier ou lieu de pouvoir. Je me suis passionnée pour le côté historique qui m' a rappelé des souvenirs de lycée un peu oubliés, mais j'ai eu plus d'une fois envie de zapper des pages sur les atermoiements relationnels et sentimentaux des personnages, qui s'il rendent quelquefois les personnages plus humains et plus proches, se répètent quelque peu. Intéressant mais franchement trop long.
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Par Sharon, le 08/05/2012
Seven Dials
de
Anne Perry
Anne Perry nous offre une très bonne intrigue qui va nous mener jusque sur les rives du Nil, à condition, bien sûr, que vous veuillez bien suivre les pas de Thomas Pitt. Tout en utilisant des thèmes qui lui sont chers - la misère des londoniens, le sort des domestiques, l'amitié indéfectible, la passion amoureuse - Anne Perry nous fait découvrir les ramifications de l'Empire britannique et son implication en Egypte.
Nous retrouvons aussi les figures chères à Anne Perry. Lady Vespasia est toujours prête à apporter son aide, tout comme Gracie n'hésite pas à s'impliquer pour soulager la détresse d'une amie. Si l'action peut sembler un peu lente à démarrer, en revanche elle dévoile ensuite toutes les noirceurs et les bassesses dont l'être humain est capable, ainsi que tous les tourments que son action passée peut lui causer.Elle montre aussi jusqu'à quel sacrifice la loyauté et le désir de protéger l'être aimée peut pousser.
Seven Dials est une des enquêtes les plus fortes et les plus marquantes de l'oeuvre d'Anne Perry.
Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-seven-dials-d-anne-perry-10478...
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Par Celine_72, le 20/04/2012
L'étrangleur de Cater Street
de
Anne Perry
L'étrangleur de Cater Street est le premier tome d'une longue série mettant en scène Charlotte et Thomas Pitt, se situant à l'époque victorienne.
Au niveau de l'histoire, elle se déroule dans un quartier riche de Londres, où vit la famille Ellison et où plusieurs jeunes femmes se font étranglées.
L'inspecteur Pitt, homme galant et perspicace, sera chargé de mener l'enquête mais personne ne lui facilitera la tâche puisque la société bourgeoise ne souhaite pas entretenir de relation avec la police et il en est de même pour les servants : étant fidèles à leurs maîtres.
Néanmoins Thomas Pitt ne baisse pas les bras et revient régulièrement à la charge pour d'autres questionnements, notamment chez les Ellison, où il fera alors la connaissance de Charlotte, la plus dissidente des filles de cette famille.
Au niveau de l'intrigue, elle est très bien ficelée et passionnante, avec des dialogues exquis et des personnages tous différents les uns des autres qu'on prend un réel plaisir à suivre, surtout la jeune Charlotte et l'inspecteur Thomas Pitt évidemment.
De plus, j'ai beaucoup aimé être plongé dans cette époque qu'Anne Perry nous dépeint à merveille, dont le seul but pour les femmes étaient de trouver un mari, d'être à la mode et d'avoir une apparence irréprochable.
Pour terminer, je suis ravie d'avoir enfin découvert cette auteure et je compte bien poursuivre les aventures de Charlotte et Thomas Pitt, dans un premier temps.
Lien : http://univers-des-livres.over-blog.com/article-l-etrangleur-de-cater-street-...
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Par belette2911, le 09/04/2012
L'étrangleur de Cater Street
de
Anne Perry
C'était ma première lecture de cette série d'Anne Perry, dans le courant de l’année 1995. Et oui, je me souviens toujours que ce roman m’avait emporté loin de chez moi pour me transporter dans le Londres de la reine Victoria qui m’est cher…
« L'Etrangleur de Cater Street » est le premier roman qui met en scène Charlotte et Thomas Pitt. Donc, autant commencer par là si vous voulez découvrir les romans de Anne Perry.
Comme la plupart des romans d'Anne Perry, il se déroule à Londres, sous le règne de Victoria. L'inspecteur Thomas Pitt est chargé de mener l'enquête.
Aussi intelligent et courtois soit-il, il ne vaut socialement guère mieux qu'un ramoneur. Personne n'est donc décidé à lui faciliter la tâche. Mais Pitt est pugnace et il revient régulièrement poser des questions. Surtout chez les Ellison, qu'il semble rencontrer plus que nécessaire...
Ce livre mêle enquête policière et immersion dans la société victorienne. Cependant, l'enquête est surtout un prétexte (le meurtrier est arrêté plus par chance que grâce à la sagacité de la police).
Le réel intérêt du livre réside dans les interactions sociales, notamment ici les questions de mariage et de la place de la femme. Les jeunes filles de bonnes familles n'avaient pas le droit de lire les journaux ni de parler affaires.
Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a séduit l'Angleterre et les Etats-Unis. Il existe une très grande série de romans de cette auteure, tous portant un nom de rue ou de quartier de Londres, ce qui est parfait pour visiter le Londres de l’époque victorienne, avec ses côtés brillants opposés aux plus sombres.
Revendiquant son droit à la curiosité, Charlotte parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides.
Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie.
Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/1-romans-policiers-victoriens-ou-classi...
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Par Cath36, le 16/02/2011
Du sang sur la soie
de
Anne Perry
Ah! ce fameux "Filioque" ! En aura-t-il fait couler de l'encre et malheureusement du sang... Concernant cette querelle complexe sur la nature de la Trinité, je vous renvoie à Wikipédia, très claire sur la question.
De ce débat théologique qui sépare encore l'orient de l’occident, Anne Perry fait le point de départ de son roman sur les relations entre les latins et les orientaux, relations ô combien houleuses, les conflits spirituels masquant des conflits d’intérêts beaucoup plus sordides, comme celui des guelfes et des gibelins (Voir wikipédia). Ajoutez-y la rivalité entre Venise et Constantinople, toutes deux portes essentielles entre deux mondes, les indulgences papales accordées à ceux qui acceptent de partir délivrer Jérusalem et vous aurez une idée de la complexité de l'affaire, dont au demeurant Anne Perry se sort très bien. La trame policière, plus que ténue s'imbrique à merveille dans les méandres d'une histoire remarquablement bien documentée. En dépit de longueurs byzantines, j'ai adoré les petites remarques pertinentes sur le coeur humain, propres à cet auteur et les descriptions d'une ville grandiose.
Richesse, beauté, art, foi, culture, sensualité et raffinements en tous genres... Décidément ce roman, c'est Byzance !
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Par Chiwi, le 31/12/2012
L'étrangleur de Cater Street
de
Anne Perry
A Londres, à la fin du 19ème siècle, un assassin étrangle des jeunes filles aux alentours de Cater Street. La famille Ellison va vivre ces événements et des secrets vont apparaître mettant à mal la cohésion de la famille.
L'étrangleur de Cater Street est le premier de la série Charlotte Ellison. Je m'attendais à un vrai roman policier (ben oui j'ai cru ce que racontait la quatrième de couverture).
Je le considère plus comme un drame victorien. Charlotte n'enquête même pas, l'inspecteur n'apparait que pour poser des questions à la famille. Si on découvre le tueur ce n'est que par un pur hasard.
Ce qui est intéressant c'est la description de la société faite par Anne Perry. Une société enfermée sur elle même, qui a du mal a accepter qu'il y des pauvres ailleurs. Il y a aussi cette façon de ressortir des secrets pour décrire la société.
J'ai trouvé que le style était fluide et que la lecture avait été rapide. En fin de compte je suis partagé, je ne vais pas dire que j'en suis déçu parce que je ne me suis pas ennuyé mais je regrette qu'on le présente comme un roman policier (chose que j'ai cru).
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Par valou076, le 27/12/2012
Le Mystère de Callander Square
de
Anne Perry
Ce deuxième volume de la série des Pitt permet de retrouver Charlotte et Thomas mariés, et sur le point de voir leur famille s'agrandie, avec la naissance d'un premier enfant. C'est à ce moment que Thomas Pitt doit enquêter sur la découverte de bébés mort-nés, enterrés dans le parc de Callander Square, entouré de demeures bourgeoises, où chacun a ses secrets, et où les propriétaires ne désirent pas voir trainer trop longtemps l'inspecteur...leur réputation est en jeu !
un roman sympathique, qui m'a semblé un peu moins enthousiasmant que le premier...le troisième m'attend désormais !
Lien : http://lesquotidiennesdeval.over-blog.com/article-le-mystere-de-callander-squ...
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Par miriam, le 28/06/2012
Du sang sur la soie
de
Anne Perry
"C'est Byzance!"Synonyme de richesse et d'abondance. En ce sens ce roman de 975 pages est sur-abondant. Riche de reconstitutions historiques de décors exotiques. Il nous promène à Constantinople, à Rome, à Venise, Palerme, Jérusalem
Byzantine, l'intrigue compliquée
Constantinople encore dévastée depuis 1204, se remet à peine de ses ruines 70 ans plus tard. Les familles impériales, Comnène, Lascaris, Cantacuzène, contestent l'autorité de Michel Paléologue. Les complots et les vengeances se succèdent : poisons et poignards utilisés avec cynisme et cruauté.
Byzantines encore les implications religieuses, querelle du Filioque, adoration de l’icône de la Vierge miraculeuse protégeant la ville. Michel Paléologue craignant une nouvelle croisade avec des exactions des Latins, choisit de faire alliance avec le Pape pour se protéger des ambitions de Charles d'Anjou, Roi de Sicile. L'orthodoxie se sent menacée.
Byzantines encore la sophistication des amours, la confusion des sexes et des genres, eunuques et travestissement.
Constantinople à la frontière des puissances orientales , la Horde d'Or, les Seldjoukides, les Arabes ...Rempart de la chrétienté? ou Carrefour des influences orientales?
C'est donc un roman historique très dépaysant qui raconte une période passionnante pendant que six papes se succèdent à Rome, faisant et défaisant les alliances, trois doges à Venise, s'achevant avec les Vêpres siciliennes qui remettent en question les rapports de force.
Cependant, dans cette abondance de reconstitutions historiques, le propos se dilue un peu. Roman choral où tantôt la narratrice-médecin byzantine, laisse la parole, aux légats du pape, ou à l'envoyé du doge de Venise. On perd de vue l'intrigue qui doit être élucidée .
J'ai été toujours intéressée par l'histoire, mais pas tout à fait séduite. Il manque la pointe d'épices, le "je-ne-sais-quoi" qui fait qu'on y croit vraiment, et qui fait la différence entre un Roman Historique et un grand roman.
Lien : http://miriampanigel.blog.lemonde.fr/
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L'étrangleur de Cater Street
de
Anne Perry
L’intrigue policière n’est sans doute pas le point fondamental du livre, mais ce qui est intéressant est l’évocation des rapports humains de l’époque. Nous sommes dans une société hiérarchisée, dont les discours ne peuvent que nous apparaître comme caricaturaux. Si une jeune fille se fait tuer c’est parce qu’elle est de moralité douteuse (et vice versa). Quand il s’agit d’une domestique, personne n’y trouve à redire. Et tout est à l’avenant : le policier n’est pas un personnage respectable puisqu’il ne connaît que les bas-fonds, les femmes n’ont qu’une vertu : la soumission. Tout cela est bien connu, mais il est toujours bon de se rafraîchir la mémoire. À mon sens, ce qui est le plus réussi dans ce roman, c’est la description des conséquences de cette situation : l’obéissance remplace la confiance et les individus ont très vite le sentiment d’être perdus, isolés, de n’avoir aucun appui. Tout prend l’allure de secret capable de détruire la famille. La dureté des normes sociales fragilise les individus, incapables de faire face à la moindre perturbation.
Je dois dire qu’Anne Perry rend très bien compte de la complexité des sentiments de ses personnages. Ainsi Emily la cadette, consciente de toutes les contraintes posées à une femme de sa condition, qui loin de s’y opposer, en joue avec intelligence et sens pratique, sans être aucunement victime du système.