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Par line70, le 28/01/2012
Bouquiner : Autobiobibliographie de
Annie François
[...] face à la lecture non seulement les citoyens ne sont pas égaux, les hommes et les femmes départagés, mais le même individu ne réagit pas toujours pareillement. Le livre peut être savoureux ou indigeste, le lecteur rassasié ou affamé. Son appétit est fonction de son tempérament, mais aussi des saisons, des circonstances, des lieux, de l'entourage, du calme, du bruit, du manque, de l'abondance, de l'amour, de la haine. Il suit les mouvements de l'humeur et du coeur, les fluctuations du moral et du physique.
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Bouquiner : Autobiobibliographie de
Annie François
Il me faut lire avant de m'endormir. Même à quatre heures du matin, j'ai besoin de ma dose. Mon oeil gauche se fatiguant plus vite que le droit, je ne lis que d'un oeil, jusqu'à épuisement. Incapable de m'arrêter en fin de chapitre, de paragraphe ou de ligne, je stoppe, en pleine phrase, foudroyée.
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Bouquiner : Autobiobibliographie de
Annie François
« Pour un lecteur, même modeste, le désamour de la lecture constitue un symptôme. « Je n’ai même plus envie de lire » signifie qu’il a atteint le fond de la dépression, de la fatigue, du chagrin. » (p. 101)
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Bouquiner : Autobiobibliographie de
Annie François
Tout naturellement, j'aime les jaquettes. Mal ajustées aux livres, n'épousant pas leur corps, glissantes et bâillantes, je les aime, car je les jette. Alors, le livre est rendu à sa vérité, à sa candide simplicité originelle.
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Bouquiner : Autobiobibliographie de
Annie François
Car le lecteur en apnée est imprévisible : un petit baiser dans le cou peut le faire sauter au plafond. C'est un asocial, solitaire, une sorte d'autiste. Essayez de l'empêcher de finir son paragraphe. L'être le plus amène s'ensauvage. Tant qu'un lecteur n'a pas reposé son livre de plein gré, c'est un être potentiellement dangereux.
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Bouquiner : Autobiobibliographie de
Annie François
« Mais brûler des livres, c’est aussi déchirant que de brûler des lettres d’amour ou un cahier d’école de sa grand-mère. » (p. 28)
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Bouquiner : Autobiobibliographie de
Annie François
« Jamais sans mon livre. Jamais sans ma clope. La lecture a quelque chose de beaucoup moins convenable et recommandable qu’il n’y paraît. Quand je pense à tous ces parents qui se désolent de l’inappétence de leurs rejetons pour la lecture mais pétochent à la perspective d’une possible toxicomanie. Sornettes : c’est la même chose. » (p. 162)
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Bouquiner : Autobiobibliographie de
Annie François
Il n’y a que sur les livres et les bouteilles de vin que la poussière soit noble et supportable. Et c’est sans trop de honte qu’on souffle sur la tranche avant d’enfouir son nez entre les pages. (p.50)
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Bouquiner : Autobiobibliographie de
Annie François
« Depuis toujours, pour moi, livre et lit sont associés. Cela remonte à l’âge analphabète où l’on me lisait des « contes à dormir debout » dès que j’avais sauté dans mon petit pageot. Je me couchais sans histoire grâce aux histoires. » (p. 9)
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Bouquiner : Autobiobibliographie de
Annie François
« Comment le lecteur peut-il emmagasiner tout ça ? Il n’emmagasine pas. Il est amnésique. Un clou chasse l’autre. Pour limiter les dégâts de l’oubli, il note ce qu’il lit. » (p. 117)