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Par balooo, le 05/06/2010
Anaisthêsia de
Antoine Chainas
Derrière les murs bétonnés, juste à côté de la colonne porte-tube, ils se déshabillèrent. Le silence n'était troublé que par le doux ronronnement de l'amplificateur de brillance.
En attente.
Une heure avant, ils avaient ingéré le baryum en solution buvable diluée à soixante et onze pour cent, n'éprouvant, juste après la déglutition, qu'une sensation de brûlure diffuse sur la langue. Comme lorsque la maldodextrine des hosties s'incrustait aux pourtours des papilles.
Ils s'allongèrent sur la table de radiologie FPF conforme aux recommandations de la Société Française d'Imagerie et approuvée par le Conseil des Enseignants, la Fédération Nationale ainsi que le Syndicat des Hospitaliers Radiologues.
Le contact de leur peau sur les paravents plombés aux normes Euratom 97/43 était froid. Vivifiant, en un certain sens.
Le ronronnement de l'amplificateur s'accentua jusqu'à ce que la pulsation atteigne la vitesse de croisière de 1,2 Roentgen/minute et produise un léger sifflement rappelant celui d'un ascenseur. Dans le cas présent, il était impossible de savoir s'il montait ou descendait.
Sous les arceaux isocentriques, le corps bombardé par plusieurs dizaines de méga-électrons-volts, ils firent l'amour.
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Par line70, le 19/03/2011
Versus de
Antoine Chainas
C'est comme ça du jour où tu nais, jusqu'à celui où tu crèves. Chronométré, tout le temps, partout. Deux jours pour une naissance, deux minutes quand tu franchis la caisse pour faire tes courses, sept quand tu passes au guichet pour chercher du boulot ou poster tes putains de lettres, trois jours pour un deuil, une demi-heure pour retourner poussière... L'œil sur l'aiguille, en permanence. Une usine, toute ta vie...
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Versus de
Antoine Chainas
Les 10 premières lignes:
« Enfoiré ! Espèce de tapette à la con ! Sale fiotte de merde ! Pedzouille ! Putain de bouffeur de terre jaune ! Enfileur de bagouses ! Tu crois que je vais me laisser faire, tata Yoyo ? Tu crois que j’ai peur de toi ? Peur de ce que tu pourrais faire ? Mais je t’emmerde ! Je t’emmerde bien profond. On va aller au bout, et que ça te plaise ou non, tu vas me suivre. T’entends ça, pédé ? Tu vas me suivre. »
L’inspecteur Nazutti se frotta les yeux avec les pognes. Il se lissa les cheveux en arrière en se mirant dans le rétro. Beau mec, Nazutti, beau mec. Visage plein, carré. Maxillaires puissants, front large. Coupe en brosse et regard franc. Encore la trique (…)
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Par yv1, le 30/07/2011
Anaisthêsia de
Antoine Chainas
Tu comprends maintenant ce qu'est le pouvoir. Le vrai pouvoir, le seul. Celui qui libère les entraves. Celui qui inverse les valeurs. Celui qui porte l'avilissement ultime. Celui que vous [les hommes] laissez échapper chaque jour et celui que nous [les femmes] gagnons. Vous avez déjà perdu une bataille qui n'a jamais existé. Nous n'avons plus besoin de vous. Ni pour jouir, ni pour faire des enfants. Ni pour manger, ni pour survivre. Ni pour faire nos courses, ni pour payer les factures. Ni pour l'éducation, ni pour le dressage. Ni pour la joie, ni pour l'accomplissement. Vous êtes des animaux en voie de disparition. "Une denrée périssable"[...] (p.154/155)
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Par Hanana, le 23/05/2012
Une histoire d'amour radioactive de
Antoine Chainas
Beaucoup de peuple. La France qui se couche tard. La France en week-end. La France qui décompresse. La France qui oublie. Qui dépense ce qu'elle peut encore dépenser.
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Par gridou, le 24/05/2011
Anaisthêsia de
Antoine Chainas
A l'arrière de ma tête, l'hémoglobine, aidée par la fibrine endogène, a coagulé. Je suis tenté d'arracher la croûte. Ce serait bien de sentir quelque chose
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Aime-moi, Casanova de
Antoine Chainas
… Et le pire, pour lui, c’est qu’il savait qu’il n’y parviendrait pas. Que c’était perdu d’avance. Mais il ne pouvait pas s’empêcher de lutter et lutter encore. Une sorte de Don Quichotte moderne, vous voyez. Mais comment voulez-vous sauver le monde si vous n’êtes pas capable de sauver les personnes qui vous sont le plus proches ?
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Aime-moi, Casanova de
Antoine Chainas
Il fut profondément mal à l’aise de constater que cet appartement ressemblait étrangement au sien. Chaque chose à sa place. Chaque angle, chaque cadre, méticuleusement disposé. Et cette absence de tout objet, de tout souvenir personnel qui font la vie d’un lieu.
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Aime-moi, Casanova de
Antoine Chainas
C’est comme ça à chaque fois : juste lorsque tu penses que tout est résolu, que chaque chose, bonne ou mauvaise, n’est plus qu’à la place où elle devrait être, juste quand tu crois enfin que le passé est le passé, ça se produit.
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Aime-moi, Casanova de
Antoine Chainas
Giovanni était un… idéaliste. Il pensait qu’il allait sauver le monde et que le monde n’attendait que lui pour être sauvé… Il aurait fait n’importe quoi pour s’acquitter de la mission qu’il pensait lui être assignée.