-
Par Orphea, le 27/11/2011
Le démon de la théorie de
Antoine Compagnon
La théorie de la littérature, je la vois comme une attitude analytique et aporétique, un apprentissage sceptique (critique), un point de vue métacritique visant à interroger, questionner les présupposés de toutes les pratiques critiques (au sens large), un "Que sais-je ?" perpétuel.
-
Par Orphea, le 27/11/2011
Le démon de la théorie de
Antoine Compagnon
Les théoriciens donnent souvent le sentiment d'élever des critiques très sensées contre les positions de leurs adversaires, mais comme ceux-ci, confortés par leur bonne conscience de toujours, n'en démordent pas et continuent à pérorer, les théoriciens se mettent eux aussi à donner de la voix et poussent leurs propres thèses, ou antithèses, jusqu'à l'absurde, et du coup les anéantissent eux-mêmes devant leurs rivaux ravis de se voir justifiés par l'extravagance de la position adverse. Il suffit de laisser un théoricien parler et se contenter de l'interrompre de temps en temps d'un "Ouais !" un peu goguenard : il brûlera ses vaisseaux sous vos yeux !.
-
Par Orphea, le 27/11/2011
Le démon de la théorie de
Antoine Compagnon
Il est impossible aujourd'hui de réussir à un concours sans maîtriser les distinguos subtils et le parler de la narratologie. Un candidat qui ne saurait pas dire si le bout de texte qu'il a sous le yeux est "homo-" ou "hétérodiégétique", "singulatif" ou "itératif", à "focalisation interne" ou "externe", ne sera pas reçu, comme jadis il fallait reconnaître une anacoluthe d'une hypallage, et savoir la date de naissance de Montesquieu.
-
Par Orphea, le 27/11/2011
Le démon de la théorie de
Antoine Compagnon
La théorie s'est institutionnalisée, elle s'est transformée en méthode, elle est devenue une petite technique pédagogique souvent aussi desséchante que l'explication de texte à laquelle elle s'en prenait alors avec verve.