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Par Couperine, le 08/01/2012
Héliogabale, ou, L'anarchiste couronné de
Antonin Artaud
Donc, pendant qu'on se sert de lui comme d'un fantoche, d'un fantoche vidé de roi, pendant qu'on le manipule comme un membre, - et les parades journalières au temple font partie de ces manipulations, - pendant que tout le monde travaille pour lui, tout le monde, c'est-à-dire Julia Moesa, sa grand'mère, Julia Soemia, sa mère, et les deux eunuques de celle-ci, de Julia Soemiamira : Gannys le prévoyant, le sagace, Eutychien le Grotesque ; - et, tout à côté de Julia Soemia, Julia Mammoea, la soeur de cette dernière, qui, tout en faisant semblant de travailler pour lui, travaille en réalité pour son fils, le petit Alexandre Sévère (pour mettre, à la place d'Héliogabale, un jeune empereur à la verge pure et à la tête de mouton frisé) ; tandis que tout le mode travaille pour lui, Héliogabale aussi travaille pour lui-même, mais d'une façon qui aurait bien étonné les historiens de l'époque, s'ils s'étaient risqués à y regarder de plus près. On peut le mener tous les jours au temple ; et, revêtu de la tiare solaire qui porte une corne de bélier, le faire évoluer selon les rites comme une statue qui ne dit mot; Héliogabale, aidé de Gannys, a pénétré toute l'intrigue, et il se propose d'en profiter.
Mais d'en profiter comme un roi. Avec grandeur et magnificence, avec une conscience vraiment royale des pouvoirs qui reviennent au roi et qu'il puise derrière les rites. (P 85-86)
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Par chartel, le 21/12/2007
L'Ombilic des Limbes de
Antonin Artaud
Je voudrais faire un Livre qui dérange les hommes, qui soit comme une porte ouverte et qui les mène où ils n’auraient jamais consenti à aller, une porte simplement abouchée avec la réalité.
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Par chartel, le 21/12/2007
L'Ombilic des Limbes de
Antonin Artaud
Car on ne peut accepter la Vie qu’à condition d’être grand, de se sentir à l’origine des phénomènes, tout au moins d’un certain nombre d’entre eux. Sans puissance d’expansion, sans une certaine domination sur les choses, la vie est indéfendable. Une seule chose est exaltante au monde : le contact avec les puissances de l’esprit.
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Par Nouar, le 10/10/2011
L'Ombilic des Limbes de
Antonin Artaud
J'aurais voulu trouver quelque chose d'intelligent à vous dire, pour bien marquer ce qui nous sépare, mais inutile. Je suis un esprit pas encore formé, un imbécile : pensez de moi ce que vous voudrez.
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Par LaLo, le 14/02/2011
Van Gogh, le suicidé de la société de
Antonin Artaud
Sur le plan social, les institutions se désagrègent et la médecine fait figure de cadavre inutilisable et éventé, qui déclare Van Gogh fou. En face de la lucidité de Van Gogh qui travaille, la psychiatrie n'est plus qu'un réduit de gorilles eux-mêmes obsédés et persécutés et qui n'ont, pour pallier les plus épouvantables états de l'angoisse et de la suffocation humaines, qu'une ridicule terminologie, digne produit de leurs cerveaux tarés. Pas un psychiatre, en effet, qui ne soit un érotomane notoire.
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Van Gogh, le suicidé de la société de
Antonin Artaud
Je crois que Gauguin pensait que l'artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu'au mythe,
alors que Van Gogh pensait qu'il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie.
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Par ster, le 11/05/2011
L'Ombilic des Limbes de
Antonin Artaud
Je mets le doigt sur le point précis de la faille, du glissement inavoué. Car l’esprit est plus reptilien que vous-même, Messieurs, il se dérobe comme les serpents, il se dérobe jusqu’à attenter à nos langues, je veux dire à les laisser en suspens.
Je suis celui qui a le mieux senti le désarroi stupéfiant de sa langue dans ses relations avec la pensée. Je suis celui qui a le mieux repéré la minute de ses plus intimes, de ses plus insoupçonnables glissements. Je me perds dans ma pensée en vérité comme on rêve, comme on rentre subitement dans sa pensée. Je suis celui qui connaît les recoins de la perte.
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Van Gogh, le suicidé de la société de
Antonin Artaud
La peinture linéaire pure me rendait fou depuis longtemps lorsque j'ai rencontré Van Gogh qui peignait, non pas des lignes ou des formes, mais des choses de la nature inerte comme en pleines convulsions.
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Van Gogh, le suicidé de la société de
Antonin Artaud
Ces corbeaux peints deux jours avant sa mort ne lui ont, pas plus que ses autres toiles, ouvert la porte d'une certaine gloire posthume, mais ils ouvrent à la peinture peinte, ou plutôt à la nature non peinte, la porte occulte d'un au-delà possible, d'une réalité permanente possible, à travers la porte par Van Gogh ouverte d'un énigmatique et sinistre au-delà.
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L'Ombilic des Limbes de
Antonin Artaud
Toute l’écriture est de la cochonnerie. Les gens qui sortent du vague pour essayer de préciser quoi que ce soit de ce qui se passe dans leur pensée, sont des cochons. Toute la gent littéraire est cochonne, et spécialement celle de ce temps-ci.