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Par calypso, le 10/10/2010
Le wagon de
Arnaud Rykner
[…] le sort a voulu que je sois près d’une des lucarnes du wagon, pas assez bien bouchée qu’on n’ait pu écarter suffisamment les lattes qui l’obstruaient. Le sort ou l’instinct de survie, un égoïsme vital qui m’a projeté là sans que je l’aie décidé, prévu, pensé – au point que je ne peux même pas en avoir honte. Même la honte on dirait qu’ils nous l’ont enlevée. Parce que cette maigre ouverture grillagée de barbelés me sauvera peut-être la vie.
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Le wagon de
Arnaud Rykner
Les allemands nous répartissent dans 18 wagons sans cadavres.Celui où je dois monter n'est pas celui ou j'étais, et c'est presque un soulagement. On m'a mélangé avec d'autres camarades. Je ne retrouve pas ceux de mon premier wagon. Ne plus être avec eux me serre le coeur, comme si j'avais oublié que certains avaient sans doute pensé me tuer, pour faire de la place, avoir de l'air, de l'eau. La mort, ca rapproche surtout celle qu'on veut donner.
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Nur de
Arnaud Rykner
Elle parle encore de son mari. Elle dit clairement qu'elle n'a pas honte de t'aimer, et que pourtant elle l'aime, lui, l'autre homme à la peau pâle et au corps lisse, tout autant. T'aimer toi n'enlève rien à son amour pour lui. Elle le croit, elle en est sûre, peut-être elle ne l'a jamais autant aimé qu'en t'aimant, qu'en faisant l'amour à ton corps.
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Par Seraphita, le 19/12/2011
Le wagon de
Arnaud Rykner
C’est extraordinaire.
Il y a devant nous trois femmes en uniforme d’infirmières. […]
Mais dans ces six yeux braqués sur nous, c’est la vérité de ce que nous sommes devenus qui nous regarde, et nous sommes capables de la regarder en face.
Ça ne dure qu’un instant. Le temps de se dire qu’il aurait mieux valu ne rien voir.
Ça ne dure qu’un instant, mais ça nous saute dessus.
Et l’on voudrait fermer les yeux. Nous comme elles.
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Enfants perdus de
Arnaud Rykner
Au retour , le petit déjeuner est rendu meilleur par l'attente. le pain promis est là.
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Par Seraphita, le 19/12/2011
Le wagon de
Arnaud Rykner
Nous prions. Nous prions tout haut. Nous prions fort. Je hurle presque les phrases que je me suis forcé à apprendre il n’y a pas si longtemps. Ces mots des autres que j’ai faits miens pour ne pas me trahir. « Notre Père… »
Notre Père qui êtes aux cieux et pas sur la terre.
Notre Père qui êtes partout mais pas dans ce wagon.
Notre Père qui n’êtes pas mon père et certainement pas celui de tous ces morts qui chantent votre louange à leur façon, faite de gargouillis, de bruits de marécage.
Je récite le Notre Père avec mes camarades.
Et je m’aperçois qu’il me fait du bien.
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Par MurielT, le 08/05/2013
Le wagon de
Arnaud Rykner
L'inimaginable doit être imaginé. Là où aucune image ne peut se former, il faut former une image.
Une image injuste
Alors tout ce qui est raconté est faux. Ce n'est pas un livre d'Histoire.
L 'Histoire est bien pire
Irréelle.
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Par Seraphita, le 19/12/2011
Le wagon de
Arnaud Rykner
J’ai pensé qu’il était temps, que même si je n’avais pas le droit de parler pour quelqu’un d’autre, il me fallait parler. Donner une voix à l’autre. Prendre la place de l’autre. Faire parler l’autre en moi.
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Par Seraphita, le 19/12/2011
Le wagon de
Arnaud Rykner
Tout ce qui est raconté ici est vrai. Tout ce qui est inventé ici est vrai aussi. Bien au-dessous de la réalité. Ce n’est pas une fiction.
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Par Seraphita, le 19/12/2011
Le wagon de
Arnaud Rykner
Alors tout ce qui est raconté est faux. Ce n’est pas un livre d’Histoire. L’Histoire est bien pire.
Irréelle.
Ceci est un roman.