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Par Bibalice, le 22/01/2013
L’Homme qui frappait les femmes de
Aymeric Patricot
Tout a commencé par des coups de fil anonymes : je restais suspendu, dans la pénombre, à percevoir au combiné des respirations douces, des respirations dont j'étais sûr qu'elles étaient féminines, et qui me faisaient beaucoup plus peur. J'y percevais de l'acharnement. Pour une fois, la violence d'un homme m'aurait semblé plus facile à affronter. Je ne me mettais pas en colère, persuadé que la personne en ressentirait du plaisir, mais surtout que ça l'encouragerait à aller plus loin.
Une nuit, j'ai perçu des frottements contre la porte d'entrée. Le coeur battant, je suis allé jusqu'à l'oeilleton, mais la nuit me cachait le spectacle. Je me suis assis dos contre la porte et les grattements ont repris. Je ne sais pas ce qui m'a retenu d'ouvrir la porte : peut-être la peur de couvrir de ridicule la femme qui se serait trouvée là, accroupie sur le paillasson. Peut-être aussi le plaisir de laisser grandir en moi les frissons qui me traversaient à chaque grattement, des frissons de terreur et de honte, des frissons qui me rappelaient combien j'étais maudit.
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Par yv1, le 01/04/2013
L’Homme qui frappait les femmes de
Aymeric Patricot
J'éprouvais cependant de grandes lassitudes. Il y avait quelque chose de lisse et de monotone dans la succession des semaines, et même d'insupportable : ce n'était donc que ça, le bonheur ? Certains jours, l'excitation de mes dérapages me paraissait désirable. Je l'imaginais se répandre sur ma vie. Mais il fallait tenir, car il était impensable de me livrer en pleine lumière à mon penchant. (p.41)
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Par yv1, le 01/04/2013
L’Homme qui frappait les femmes de
Aymeric Patricot
Je me suis alors enfermé avec ma femme, et ma fureur a fini de s'en donner à coeur joie. J'espérais que mon fils oublie tout ce qu'il avait vu. Nous devions nous-mêmes être suffisamment forts pour surmonter ces cauchemars, et c'était un cri qui perçait en moi, sans auteur ni destinataire, un cri terriblement puissant que personne n'entendait mais qui me blessait, infiniment. (p.67)
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Par yv1, le 01/04/2013
L’Homme qui frappait les femmes de
Aymeric Patricot
Ce qui m'a tenu, dans l'écriture de ce texte -et de quelques précédents-, c'était l'envie de saisir l'instant même du traumatisme, l'instant où le monde vous dépasse, vous écrase, outrepasse les capacités de votre esprit. Folie pure où les lignes de force sont bouleversées, où le monde quitte son visage habituel, ou vous perdez tout moyen d'appréhender ce qui vous arrive. (p.160)
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L'amour chien de
Aymeric Patricot
Elle avait l’intuition d’avoir à s’effacer parfois devant les mouvements de la mode, et de ne plus rien pouvoir exprimer que le silence.