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Citations de B. Traven (2)


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  • Par Folfaerie, le 04/12/2010

    Le trésor de la Sierra Madre de B. Traven

    Ces trois hommes, qui se trouvaient là rassemblés, n’avaient jamais été des amis. Ils n’avaient même pas songé à le devenir. Ils étaient tout au plis liés par une certaine camaraderie. Ce qui maintenait leur association, c’étaient des raisons de pur intérêt auxquelles elle ne survivrait pas. Il leur arrivait d’avoir des contestations et des disputes, comme à tous les êtes qui cohabitent un certain temps. Ces disputes, à la longue, auraient pu forger une amitié, comme cela se voit fréquemment. Mais surtout les fatigues, les soucis, les espoirs, les déceptions que ces hommes avaient déjà éprouvé en commun dans les mois écoulés, devaient selon toutes les lois de la sociologie conduire à l’amitié. (…) Pourtant, un observateur qui les eût regardés, assis devant le feu, au moment qui précédait leur coucher, celui-là eût pu croire que ces hommes n’attendaient qu’une bonne occasion pour se sauter à la gorge.

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  • Par becdanlo, le 25/09/2009

    Le visiteur du soir de B. Traven

    Extrait de la nouvelle "le visteur du soir"

    Le train ralentit. L’homme avait déjà jeté mes bagages. Je sautais lestement, le plus loin possible des roues.
    Avant même que j’aie eu le temps de reprendre mes esprits, le dernier wagon du train m’avait dépassé et, quelques secondes plus tard, je ne vis plus de lui que son feu rouge qui s’éloignait dans l’obscurité.
    Je regardais autour de moi et ne vis ni immeuble, ni maison, ni baraque – rien, absolument rien, sauf une pancarte clouée sur un poteau. Je m’en approchai et, à la lueur d’une allumette, je vis qu’elle ne portait que quelques taches de peinture qui, un siècle plus tôt, avaient peut-être été le nom de l’endroit.
    Aucune lumière en vue, en dehors de celle des étoiles. Je rassemblais mes bagages et m’assis sur une des valises. A moins de quinze mètres de chaque côté de la voie, c’était la jungle – un mur épais, sinistre, d’un gris vert qui, à cette heure, paraissait noir et semblait s'avancer lentement vers moi comme pour me prendre dans ses griffes et m’avaler, corps et âme.
    Corps et âmes… Qui m’avait dit cela, et où, de longues années plus tôt ? Je passai deux ou trois heures à essayer de me le rappeler.
    L’air bruissait de pépiements, de murmures, de crissements, de gémissements auxquels se mêlaient de temps à autre des cris de peur et d’horreur.
    La jungle chantait sa chanson éternelle, sa litanie d’histoires dont chacune commençait où finissait la précédente… "

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