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Citations de Bernard Friot (13)


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  • Par Eze3kiel, le 27/03/2010

    Rien dire de Bernard Friot

    C'est pourtant ma langue maternelle, le français, maternelle et paternelle, oh oui, maternelle et paternelle... On n'a jamais parlé arabe à la maison, juste ma grand-mère qui chante des chansons parfois. Moi, j'ai été bercé en français, j'ai appris "A la claire fontaine" à l'école maternelle, et même "Petit papa Noël". J'ai joué en français, rêvé en français, j'ai appris en français, j'ai aimé en français, oui, oui, tout en français, et aujourd'hui je me noie en français, j'étouffe en français, je crève, madame, je crève en français ! Non reste à ta place ! J'ai pas fini.

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  • Par jeromfan, le 20/04/2008

    Pour vivre : Presque poèmes de Bernard Friot

    j'aimerais vivre au présent
    et pas à l'ombre du passé
    ni sous les néons crus du lendemain

    à la limite exactement
    là où sont les choses

    et où l'on vit
    vraiment

    simplement

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  • Par mandarine43, le 21/09/2011

    Nouvelles histoires pressées de Bernard Friot

    " SI... "

    Si maman m'envoie chercher du pain ; si je peux mettre mon nouveau pull bleu et blanc ; si je la rencontre à la boulangerie ; si elle est venue seule, sans sa petite sœur et sans son chien ; si elle me sourit ; si elle me demande de la raccompagner ; si on ne croise personne en chemin ; si on prend le raccourci à travers champ ; s'il y a un orage juste au moment où on passe devant la chapelle abandonnée ; s'il se met à pleuvoir à verse ; si on court se réfugier dans la chapelle ; si le tonnerre se met à gronder ; si la foudre tombe tout près de nous ; si elle a très peur et se met à crier...
    ... je lui prendrai la main et je dirai : "Marie, tu sais, je t'aime bien."

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  • Par mandarine43, le 20/09/2011

    Nouvelles histoires pressées de Bernard Friot

    Et puis, maman, si tu as tant d'amour en réserve, pourquoi tu n'en gardes pas un peu pour papa ? Tu sais, moi, ça ne me priverait pas. Et lui, je parie, il ne dirait pas non. Peut-être même qu'il reviendrait habiter chez nous, si tu l'aimais un peu, un tout petit peu. Tu ne crois pas ?

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  • Par muse2805, le 15/05/2012

    Histoires pressées de Bernard Friot

    Compte
    Je suis entré dans le salon. Ma mère lisait un magazine. Elle n’a pas levé les yeux, elle ne m’a pas regardé.
    Je me suis dit : Je compte jusqu’à vingt. Si à vingt, elle ne m’a pas adressé la parole, je fais mon baluchon et je disparais pour toujours. Je le jure.
    Un… deux… trois… quatre… cinq…
    Je sais bien qu’elle ne m’aime pas.
    Six… sept… huit… neuf…
    Si je n’existais pas, elle pourrait sortir, s’amuser, se remarier peut-être.
    Dix… onze… douze… treize…
    L’autre jour, j’ai entendu ce qu’elle disait à sa copine Annie. « J’ai beaucoup de soucis avec lui. » Voilà ce qu’elle a dit.
    Quatorze… quinze… seize…
    Ça fait des mois qu’elle ne m’a pas embrassé.
    Dix-sept… dix-huit…
    Cette nuit, elle a pleuré.
    Dix-neuf… dix-neuf… dix-neuf…
    Maman… maman…
    Dix-neuf… vvv…
    — Mais qu’est-ce que tu fais là ? File te coucher ! Et plus vite que ça, ou je te fiche une claque !
    Il était temps…
    Merci, maman !

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  • Par de, le 26/03/2012

    L'enjeu du salaire de Bernard Friot

    Ce n’est pas la moindre des perversions de la réaction réformatrice (comme il y a une réaction nobilitaire dans le temps qui ont précédé la révolution de 1789) que de nous enfermer depuis trente ans dans un récit de notre histoire collective qui nous voue au non-futur : une opinion fort répandue est que les enfants auront une vie plus difficile que leurs parents. Nous pouvons sortir de ce récit mortifère

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  • Par Aurelilele, le 03/05/2011

    Un dernier été de Bernard Friot

    Ce n'est pas tragique. Non, il y a une grande douceur dans tout cela.

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  • Par de, le 26/03/2012

    L'enjeu du salaire de Bernard Friot

    Nous devrions en être à 100% du meilleur salaire pour tous à 55 ans quelle que soit la durée de cotisation

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  • Par de, le 26/03/2012

    L'enjeu du salaire de Bernard Friot

    Cette ligne de crête, c’est celle d’une action politique délibérée de sortie du capitalisme s’appuyant sur le déjà-là émancipateur dans les deux dimensions du salaire qui se sont imposées dans le conflit salarial du XXe siècle : la qualification personnelle et la cotisation finançant du salaire.

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  • Par myriampele, le 17/03/2012

    Peut-être oui de Bernard Friot

    mains sales
    j'ai lu le journal

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  • Par Madimado, le 23/05/2012

    Histoires pressées de Bernard Friot

    Il était une fois un enfant qui ne croyait pas aux histoires. Dès que sa mère commençait : “Il était une fois un ogre cruel…”, il l’interrompait.

    - Ne me raconte pas d’histoires, disait-il, les ogres ça n’existe pas !

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  • Par mandarine43, le 20/09/2011

    Nouvelles histoires pressées de Bernard Friot

    " DIALOGUE "

    - Viens voir ici, j'ai à te parler ! C'est vrai ce qu'a raconté Mme Boutelou, que tu as traité son caniche de cochonnerie à poils ? Tu n'as pas honte ? Qu'est-ce qu'elle t'a fait, cette pauvre bête ? Elle t'a mordu, peut-être ? Le mignon petit toutou, il ne ferait pas de mal à une mouche ! De quoi j'avais l'air, moi, devant Mme Boutelou ! Tu y as pensé à ça ? Hein, tu m'entends ? Je t'ai posé une question. Ce n'est pas la peine de regarder tes souliers, c'est à toi que je parle ! Tu vas me faire le plaisir d'aller t'excuser, compris ! Pas la peine de discuter, c'est un ordre. Et tu apporteras un os à Billy, pauvre petit chien. Non, mais qu'est-ce qui t'a pris ? Tu pourrais m'expliquer ? De toute façon, tu n'as aucune excuse ! Oh, tu peux secouer la tête, ce n'est pas ça qui m'impres­sionne. Tais-toi, tu n'as pas la parole. J'ai quand même le droit de te faire des remarques, je pense! Tu devrais réfléchir avant de parler, c'est moi qui te le dis ! Ça t'éviterait bien des ennuis! Tu m'écoutes, oui ou non ? Réponds ! Oh, je sais ce que tu vas dire, tu vas encore m'inventer une de tes histoires à dormir debout ! Oui, oui, je te connais, pour baratiner, tu es très fort ! Je me demande de qui tu tiens ça ! Et ne m'interromps pas quand je parle ! Non, mais c'est trop fort ! Si tu crois que tu vas avoir le dernier mot, tu te trompes, mon petit bonhomme ! Non, mais ! Ah, voilà qu'il boude, maintenant! Monsieur est vexé ! Eh bien, puisque c'est comme ça, je ne te parle plus, tu m'entends, plus jamais ! Tu peux sup­plier, te rouler à mes pieds, je resterai muette comme une tombe ! Tu es bien embêté, hein ? Tant pis pour toi, je t'avais prévenu. Ça t'apprendra à me couper sans arrêt la parole. Et tu verras ce que dira ton père, quand il rentrera. Ah, ah, tu es moins bavard, maintenant, tu ne fais plus le fier...
    Etc. etc. etc.

    (Cette histoire ne se termine pas. Mais ce n'est pas de ma faute.)

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  • Par mandarine43, le 19/09/2011

    Nouvelles histoires pressées de Bernard Friot

    " ROBOT "

    J'ai un robot. C'est moi qui l'ai inventé. J'ai mis longtemps, mais j'y suis arrivé.

    Je ne le montre à personne. Même pas à maman. Il est caché dans la chambre du fond, celle où l'on ne va jamais, celle dont les volets sont toujours fermés.

    Il est grand, mon robot. Il est très fort aussi, mais pas trop. J'aime bien sa voix.

    Il sait tout faire, mon robot. Quand j'ai des devoirs, il m'explique. Quand je joue aux Lego, il m'aide. Un jour, on a construit une fusée et un satellite.

    L'après-midi, quand je rentre de l'école, il est là. Je n'ai pas besoin de sortir la clef attachée autour de mon cou. C'est lui qui m'ouvre la porte.

    Après, il me prépare à goûter, une tartine de beurre avec du cacao par-dessus. Et moi, je lui raconte l'école, les copains, tout…

    Un jour, je suis arrivé en retard. Il y avait un accident près de l'école, une moto renversée par un autobus. J'ai regardé les infirmiers mettre le blessé dans l'ambulance. Quand je suis rentré, il était presque six heures.

    Il m'attendait au bas de l'escalier. Quand il m'a vu, il s'est précipité. Il m'a agrippé par les épaules et il m'a secoué. Il criait :
    - Tu as vu l'heure, non ? Mais tu as vu l'heure qu'il est ? Où étais-tu ? Tu aurais pu me prévenir…

    Je n'ai rien dit. J'ai baissé la tête. Alors, il s'est accroupi et il m'a dit, doucement :
    - Comprends-moi, je me faisais du souci…

    Je l'ai regardé. Droit dans les yeux. Et c'est vrai, j'ai vu le souci, dans ses yeux. Et presque plus de colère. Alors, j'ai mis mes bras autour de son cou. Il m'a soulevé et m'a emporté jusque chez nous.

    Je l'aime bien, mon robot.

    Je lui ai donné un nom. Je l'appelle : papa.

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