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Les hommes à terre de
Bernard Giraudeau
"Un port regarde la mer, forcément. Il attend les étraves, vous accueille à cœurs ouverts, vous protège. C'est un refuge cosmopolite".
"Un type tout seul avec un bandonéon pleurait des amours impossibles, des passions, des abandons, une soupe sentimentale qui faisait frissonner les équipages. La nostalgie les emmenait en voyage pour un retour au port d'attache avec une grosse vague de rhum pour noyer le tout."
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Par facteur84, le 16/06/2011
Cher amour de
Bernard Giraudeau
Restez un peu avec moi. C'est inconfortable, j'en suis conscient, mais nous n'allons pas dormir, n'est ce pas ? Je ne sais rien de votre peau, de votre odeur. Laissez-moi vous explorer, vous effeuiller jusqu'à l'insupportable, jusqu'à ne plus accepter d'être des mots écrits sur des coins de nappes en papier, des pensées notées sur un carnet. Vous méritez mieux que cela. Vous êtes une étoile lointaine, pas trop j'espère et je ne suis qu'un amant de papier. Ne me brûlez pas... Je m'endors doucement comme un goujat, une faiblesse, pardonnez-moi !
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Par respirer, le 01/12/2010
Cher amour de
Bernard Giraudeau
Le bonheur du voyage, c'est de faire tout pour la première fois.
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Par facteur84, le 16/06/2011
Cher amour de
Bernard Giraudeau
Le mot femme, ici, n'as plus de sens. femme sacrée que j'aime, femme unqiue, femme de nos fantasmes, de nos souffrances, femme de notre enfance, de nos lâchetés, femmes peintes, sculptées des million de fois, femmes de nos jours et de nos nuits, femmes esclaves, entravées, meurtries. On achète la beauté, la possession, le jouir. Tout est jouir au masculin, brutalité et mépris. Je vous rends hommage à vous les femes des ruelles sombres de Calama, de la calle Gijon à Santiago, femmes vendue dès l'enfance, femme des abattoirs et des trottoirs de Mogador, d'Iquitos, et des barges de Hong-Kong, vous les femmes bikinis en bleu phosphorescent des bordels d'Angeles, femmes, femmes, femmes.
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Par facteur84, le 16/06/2011
Cher amour de
Bernard Giraudeau
Je vous écris ces mots pour que les maux s'évanouissent. Ma main vous caresse et s'encre parfois. Faites que je puisse accoster un jour en laissant l'amarre comme une écharpe, un adieu. Je vis dans une bourrasque, balayant toute musique pour des micas éphémères, éparpillés dans l'infini des miroirs. J'espère que vous n'êtes pas un concept pour éviter la solitude.
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Cher amour de
Bernard Giraudeau
Je suis en arrêt de jeu, sur le dos, paupières closes. Je sais que vos mains, fines, élégantes, déliées, sont une harmonie, une musique pour saisir mes lettres, les déplier et les tenir comme la plus précieuse découverte de notre vie. Cette main qui repousse une mèche de cheveux reste suspendue pendant que vous lisez, attentive, les mots sacrés de ce voyageur infatigable qui a fini par s'arrêter dans votre jardin. Je vous aime depuis si longtemps, depuis avant le début.
Ces lettres qui ne pourraient jamais finir sont celles de mes mouvements géographiques et de mes voyages immobiles sur la scène. Mais probablement y verrez-vous un autre voyage plus complexe, plus hardi, plus désespéré. Voyager, dit-on, on n'en revient jamais.
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Par otakar, le 08/12/2007
Les dames de nage de
Bernard Giraudeau
Diego a raconté aux enfants que les fromagers sont de gigantesques contorsionnistes qui dansent, invisibles pour l´homme, des figures de légende. Leurs gestes sont si lents, si démesurés, qu´on ne les percoit pas. La danse des siecles. Comme Shiva, ils multiplient leurs membres, les étirent, les retournent vers le ciel et la terre, se penchent infiniment, puis dessinent deans l´espace des orbes végétaux. Ce sont des danseurs fous qui pratiquent le slow motion avec un art inimitable. Les momes regardaient les arbres avec fascination, un mélange d´inquiétude et d´admiration. Ils cherchaient le mouvement dans l´immobilité. Alors j´ai dansé comme un derviche sous les branches, je tournais lentement en regardant vers le haut. Oui, je les vois bouger maintenant, Diego a raison. Et, tous, nous avons dansé sous les fromagers de Diembane. Le soleil couchant soulignait leurs ombres et il m´a semblé voir des frissons de lumiere sur leurs peaux d´écorce.
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Par jostein, le 01/09/2010
Cher amour de
Bernard Giraudeau
Vivre ce n'est pas espérer demain, c'est être maintenant.
Il semble qu'un acteur est comme un peintre devant un mur nu. Il m'a fallu du temps pour saisir que l'espace vide est une proposition magnifique à l'imaginaire.
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Par Nadael, le 16/08/2010
Cher amour de
Bernard Giraudeau
C'est fou le hasard! C'est un drôle de phénomène, comme une présence qui vous trompe, vous ment, si vous n'êtes pas vigilant, s'il arrive comme ça sans crier gare, par hasard. Il vous fait croire qu'il est là, impromptu. Foutaise, il ne voyage pas par hasard, il sait. Ca l'amuse d'arriver à l'improviste et de laisser l'ignorant ignorer qui il est. Le hasard, c'est seulement son costume de théâtre, un déguisement. Il est bon acteur, il joue avec les crédules. Souvent il se lasse, perd patience et se transforme en destin, en fatalité, en coïncidence, en "c'est comme ça". Parfois il disparaît et revient en "pas de chance". Pour d'autres, ceux qui auront reconnu l'usurpateur, il n'est plus un hasard, alors, démasqué, il aura des égards, il se fera rare mais précis. Puis le regard et la conscience s'aiguisent et le hasard se déshabille.
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Les dames de nage de
Bernard Giraudeau
Je l'ai aimée comme un enfant, comme un homme, comme je n'ai plus jamais aimé... Elle s'est dissoute un jour, peu après notre amour, dans une eau claire. C'était dans un cristal d'émeraude glacé... J'ai continué à grandir sans elle, bien sûr, avec ce don qu'elle m'avait fait dès l'enfance de cette découverte sans cesse renouvelée de l'amour. Tout au long de ma vie j'ai aimé les nuques déliées, les femmes comme des gerbes et le secret des graines dans les épis... J'ai gardé de l'enfance, et d'Amélie, ils sont liés, l'amour de l'inconnu à défricher, avec la peur au ventre comme une jouissance.