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Par canel, le 13/05/2013
Le polygame solitaire de
Brady Udall
[Rusty, 11 ans, qui a 27 frères et soeurs et 4 mères]
Un jour, il a vu une publicité qui débute par l'image d'un père, d'une mère et de leurs deux enfants qui se trimbalent dans la maison, la démarche raide, grimaçant, à l'évidence mal à l'aise. Ils se préparent un grand verre de laxatif 'Metamucil', le descendent d'un trait, et une seconde plus tard, ils sont assis autour de la table de la cuisine, vachement joyeux et plus constipés du tout, à dévorer des gaufres en rigolant. On entend alors une voix grave et douce déclamer : 'Metamucil : Juste une famille normale'.
Le garçon n'arrive pas à se sortir cette publicité de la tête. Une famille normale. C'est ce qu'il désire depuis toujours. Une famille normale qui s'assoit autour d'une table de cuisine de taille normale pour boire du Metamucil rafraîchissant en riant. Mais quand il essaye de se représenter sa famille normale idéale, ça devient bizarre.
(p. 290)
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Par canel, le 16/05/2013
Le polygame solitaire de
Brady Udall
Avant de partir, et sans bien qu'il sache pourquoi, il déclara [à une de ses quatre femmes] qu'il l'aimait, alors qu'il avait appris à ses dépens de ne jamais le dire à aucune (...) car, comme pour tout le reste, elles ne cessaient de répéter, de comparer et de compter les points. (p. 550-551)
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Par canel, le 13/05/2013
Le polygame solitaire de
Brady Udall
Sur l'étagère à côté de l'un des casiers il y avait toute une rangée de livres aux titres du style 'Comment fabriquer de la poudre à canon', 'Survivre à l'esclavage mondial', 'L'Apocalypse est pour demain' ou 'Comment faire dérailler un train avec de simples articles ménagers'. Si on trouvait des bouquins comme ça à la bibliothèque, se dit Rusty, les gens y viendraient peut-être de temps en temps.
(p. 269-270)
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Par canel, le 07/05/2013
Le polygame solitaire de
Brady Udall
[Il voulait échapper] quatre ou cinq jours par semaine à [ses 4] épouses qui se querellaient, à une bande [de 28] enfants bruyants toujours entre ses jambes, aux jalousies et aux ressentiments, aux obligations religieuses, aux notes de dentiste qui arrivaient avec une terrifiante régularité, à la tristesse qui étreignait son coeur chaque fois qu'il parcourait les couloirs de l'une ou l'autre de ses maisons pour regarder les enfants entortillés dans leurs draps, en se disant : "Quoi qu'il arrive, j'en suis responsable. Ils comptent tous sur moi."
(p. 173-174)
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Par canel, le 16/05/2013
Le polygame solitaire de
Brady Udall
[père polygame mormon]
De même que les enfants, les (...) maisons appartiennent en propre et en esprit aux épouses ; le Père n'a pas son mot à dire sur la manière dont elles sont gérées ou meublées, et dans aucune d'elle il n'a un lit, un fauteuil ou un coin à lui. Il erre dans les maisons comme un vagabond ou un fantôme, ne laissant aucune trace, tout de suite oublié, n'ayant pour seul compagnon qu'un sac en toile élimé contenant quelques articles de toilette et des sous-vêtements.
(p. 596)
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Par canel, le 14/05/2013
Le polygame solitaire de
Brady Udall
[Rusty Richards, 12 ans]
(...) il avait dissimulé l'exemplaire en poche de 'Amoureuse d'un brigand' (...).
La couverture représentait deux personnes accrochées l'une à l'autre la nuit devant un château. L'homme portait des bottes de cheval noires et un pantalon violet incroyablement étroit et, sans vraiment qu'on sache pourquoi, alors qu'on avait l'impression qu'il faisait plutôt froid, il était torse nu. La femme, quant à elle, était vêtue de ce qui, aux yeux de Rusty, ressemblait à un rideau rose brillant, et elle rejetait la tête en arrière, si bien qu'on voyait la naissance de ses seins perlée de rosée.
La naissance de ses seins perlée de rosée ! C'était écrit dans le livre : 'Leurs yeux se rencontrèrent, et lentement, sensuellement, son regard s'égara vers le bas, illuminant l'espace du plus bref des instants la naissance de ses seins perlée de rosée'. Il s'agissait de l'un des nombreux passages que Rusty avait appris par coeur. Il avait déjà fait le voeu que son premier fils s'appellerait Perlée de Rosée Richards.
(p. 368)
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Par canel, le 13/05/2013
Le polygame solitaire de
Brady Udall
" - Tu n'invoqueras pas le nom du Seigneur en vain, dit [sa demi-soeur de 9 ans] (...)
- Sinon ? demanda Rusty [11 ans]. Le Père céleste et son hippie de fils vont descendre du ciel et me flanquer une raclée ? "
Il ricana. C'était la première fois qu'il s'y essayait, et il devait admettre qu'invoquer le nom du Seigneur en vain, c'était plutôt marrant.
(p. 222)
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Par canel, le 13/05/2013
Le polygame solitaire de
Brady Udall
(...) elle savait que [prendre une 5e épouse] augmenterait le prestige spirituel [de son mari] ainsi que son pouvoir et son influence au sein de l'Eglise [mormone]. (p. 283)
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Par canel, le 13/05/2013
Le polygame solitaire de
Brady Udall
[enfant de Mormons]
Rusty (...) demanda pourquoi il fallait réciter une foutue prière chaque fois qu'on mangeait ou buvait quelque chose, et pourquoi on ne pouvait pas de temps en temps se payer un jus d'orange sans en faire tout un plat ?
(p. 221)
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Par canel, le 07/05/2013
Le polygame solitaire de
Brady Udall
[Rusty, 11 ans, fils de Mormons]
Ou peut-être ne veut-il pas avoir recours [à la masturbation] parce qu'il n'est pas impossible qu'un Jésus-Christ invisible avec Ses yeux tristes et, curieusement, Ses cils de fille, soit quelque part à cet instant même dans la chambre à le surveiller.
Alors comment, en général, cherche-t-il l'apaisement ? Il lâche des bordées de jurons et chante des paroles de chansons cochonnes qu'il a entendues dans la bouche de sales garçons à l'école (...).
(p. 131)
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