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Par Penelope, le 07/05/2010
Le Destin miraculeux d'Edgar Mint de
Brady Udall
Le premier touriste auquel j'aie jamais eu affaire était un énorme hippie qui trimbalait toutes ses possessions dans un Caddie. Ne portant qu'un short raide de crasse et des sandales de cuir, il se baladait partout, manœuvrant son chariot parmi les graviers et les hautes herbes comme si, telle la plus heureuse de ménagères, il faisait ses courses dans un supermarché.
Quand il vit que je le regardais, il s'avança vers moi, m'examina au travers de la haie épineuse de ses cheveux, puis écarta les bras pour englober les quartiers des officiers, les anciens baraquements, les écuries en haute de la colline et les montagnes au loin.
"Génial, dit-il lentement, détachant chaque syllabe. C'est absolument génial."
Il demeura ainsi vacillant un peu, puis il se tourna vers moi. " Tu peux me dire quelque chose, tu sais, dans ta langue maternelle?
- Cunnilingus", dis-je.
Il me considéra un instant, sourcils froncés, puis il fit: "Génial."
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Le Destin miraculeux d'Edgar Mint de
Brady Udall
"Je m'abstins de le dire, mais j'avais l'impression qu'avoir une femme ou une mère de rechange au cas où il arriverait quelque chose à la première, ce n'était pas une si mauvaise idée en soi.'"
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Le Destin miraculeux d'Edgar Mint de
Brady Udall
Si je devais ramener ma vie à un seul fait, voici ce que je dirais : j’avais sept ans quand le facteur m’a roulé sur la tête. Aucun événement n’aura été plus formateur. Mon existence chaotique, tortueuse, mon cerveau malade et ma foi en Dieu, mes empoignades avec les joies et le peines, tout cela découle de cet instant où, un matin d’été, la roue arrière gauche de la Jeep de la poste a écrasé ma tête d’enfant contre le gravier brûlant de la réserve apache de San Carlos.
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Le polygame solitaire de
Brady Udall
Il avait si longtemps tenu son amour en réserve pour le distribuer avec parcimonie, petit bout par petit bout, et en général en secret afin que personne ne soit jaloux. Quand il prenait un enfant dans ses bras, il était obligé de prendre tous les autres [...] Il devait mesurer ses compliments, ses baisers et ses cadeaux. [...] Au fil du temps il avait appris à développer une attitude de neutralité, une expression impassible afin de ne pas être accusé de favoriser un enfant ou une femme
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Par BMR, le 27/12/2007
Le Destin miraculeux d'Edgar Mint de
Brady Udall
[...] Dans le jardin de devant se dressait, squelette calciné, un vieux peuplier frappé par la foudre qui n'offait pratiquement pas d'ombre jusqu'à ce que ma mère ait pris l'habitude d'accrocher des boîtes de bière aux branches noircies à l'aide de fil de pêche. Les centaines de canettes, auxquelles une bonne douzaine venait chaque jour s'ajouter, tintaient doucement quand la brise se levait, mais elles ne contribuaient guère à donner de la fraîcheur à la maison.
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Le Destin miraculeux d'Edgar Mint de
Brady Udall
"J'apprendrais ainsi qu'il existe une différence entre les enfants blancs et les enfants indiens. Chez les Blancs, il y a tout le temps des cafteurs. Et chez les Indiens ? Eh bien, un Indien ne cafterait même pas pour sauver sa propre mère. Au fil des années, en effet, les Indiens ont appris à connaître le prix du silence."
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Le polygame solitaire de
Brady Udall
Elle lui jeta un regard par dessus ses lunettes tandis que la vérité semblait se faire jour en elle: il n'était pas un de ces salauds qui ont eu seize enfants de femmes différentes et qui ont le culot inouï de les déclarer comme personnes à charge. Il était marié à toutes ces femmes. [...] C'était un de ces polygames!
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Le polygame solitaire de
Brady Udall
Au fil des années, il avait remarqué que la plupart des polygames qu'il avait connu dans le cadre de l'Eglise étianet des gens honnêtes et droits. Il avait toujours pensé que c'était parce qu'ils vivaient en accord avec leurs convictions, mais il commençait à soupçonner que c'était pour une raison bien différente: pour un polygame, mentir se révélait exceptionellement difficile. Quand on disait un mensonge à une femme, il fallait le répéter aux autres. Et toutes posaient des questions auxquelles on devait répondre avec cohérence et force détails, et dans l'ordre voulu, parce qu'on pouvait être sacrément sûr qu'ensuite, à l'exemple des détectives tenaces d'un feuilleton télévisé enquêtant sur un meurtre sensationnel, elles se réuniraient afin de comparer leurs notes.
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Le polygame solitaire de
Brady Udall
Au tournant du siècle, l'Eglise mormone officielle [...] cédant aux pressions politiques, avait renoncé à la pratique sacrée du mariage plural, ce qui, sans qu'on puisse l'expliquer, ne l'avait pas empêchée de prospérer et de se répandre à travers le monde entier, donnant des hommes politiques et des athlètes célèbres [...] tandis que nombre de petits fondamentalistes vivants dans des conditions misérables, vilenpidés par leurs voisins, méprisés par l'opinion publique, se réfugiaient au Canada ou au Mexique. D'autres, pourtant, attendaient dans l'ombre et établissaient des communautés si loin dans le désert qu'on ignorait leur existence
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Le polygame solitaire de
Brady Udall
- "Tu l'aimes ?"
(...) Plus vite qu'il ne l'aurait pensé, il répondit : "Je ne sais pas. Je crois que oui ou, plutôt, je croyais. Mais je ne t'en aime pas moins pour autant".
La remarque lui arracha un sourire. Il n'aurait pas pu lui fournir une réponse plus juste, plus parfaite, parce que, après tout, c'était une vérité fondamentale sur laquelle ils avaient choisi de régler leur vie : à savoir que l'amour est une matière illimitée. Il n'est pas soumis au jeu cruel des additions et des soustractions, de sorte que le donner à une personne n'implique pas nécessairement qu'on doive l'ôter à une autre.
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