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Par marina53, le 16/05/2012
Inversion de
Brian Evenson
Il y a des fois où je ne suis pas dans mon corps.
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Père des mensonges de
Brian Evenson
Antécédents
Lorsque je l'ai rencontré, Eldon Fochs était un comptable de trente-huit ans, exerçant également la fonction de doyen laïc au sein de la Corporation du Sang de l'Agneau (les Sanguistes), secte religieuse fortement conservatrice. Il était rasé de près, de teint pâle, habillé convenablement d'un costume sombre solide, d'une chemise blanche et d'une cravate classique, selon le code vestimentaire adopté par les chefs ecclésiastiques. Lors de nos entretiens, il n'a jamais fait d'entorse à ce style vestimentaire. C'était un homme corpulent, à la voix douce, légèrement embarrasssé par son corps mais jouissant cependant d'une certaine décontraction dans son comportement. Il commençait une thérapie à la demande de son épouse, qui s'inquiétait de modifications récentes dans ses habitudes de sommeil, modifications qui comprenaient le fait de « parler dans son sommeil avec la voix de quelqu'un d'autre », des accès de somnambulisme, et de brefs épisodes violents à l'encontre de sa femme lorsqu'elle le réveillait (épisodes dont il n'avait pas le souvenir). Fochs estimait que sa femme exagérait, mais il avait néanmoins choisi de venir me trouver pour deux raisons : premièrement, pour apaiser son épouse, deuxièmement, parce qu'au cours de l'année passée il avait eu « des pensées et rêves perturbants » dont il « voulait se libérer ».
Lors de notre premier entretien, Fochs a précisé qu'il préférait être appelé « frère Fochs », « doyen Fochs » ou simplement « Fochs » plutôt que par son prénom, Eldon. Il a rechigné tout d'abord à évoquer son histoire familiale. Les pensées et rêves perturbants n'avaient, selon lui, « rien à voir avec le passé », puisqu'ils n'avaient débuté qu'un an plus tôt. En insistant, toutefois, j'ai découvert qu'il était l'aîné de deux enfants, le plus jeune étant mort à la naissance. Il a été « élevé dans la foi » au sein d'une famille sanguiste de la classe moyenne, dans un quartier à dominante sanguiste. L'enterrement de son frère, présidé par son père, un doyen de l'Église, compte parmi ses premiers souvenirs. Il se rappelle également sa mère l'aidant à apprendre à lire dans l'organe officiel des enfants sanguistes, Viens à moi, lorsqu'il avait cinq ans, et l'absence fréquente de son père dans sa jeunesse à cause de ses responsabilités au sein de l'Église.
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Par Mia, le 07/04/2010
Première phrase du livre
Père des mensonges de
Brian Evenson
(Citation en exergue : )
Pour les hommes raides dans leurs costumes sombres,
bien repassés et prêts pour leur enterrement.
(Incipit, page suivante : )
Rentre chez toi et observe les recommandations suivantes.
D'abord, ne dis à personne que tu es un homme sans âme.
Ensuite, quand tu arrives chez toi, empare-toi de l'enfant
que tu chéris le plus, perce une des veines de son cou,
bois tout son sang jusqu'à ce que son corps soit complètement sec,
fais cuire le corps, mange la chair.
[Ngugi Wa Thiong'o, Le Diable sur la croix]
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Père des mensonges de
Brian Evenson
Je sais que je n’ai pas intérêt à lui permettre de deviner la vérité. Je suis venu le voir non parce que je souhaite qu’il découvre ce que je suis, mais parce que j’ai besoin, mais parce que j’ai besoin, sous une forme ou une autre, de verbaliser ce que j’ai fait à des enfants au cours des dix dernières années, et en particulier ce que j’ai fait au cours des derniers mois. J’ai gardé trop de choses enfouies et ça commence à déborder. J’ai besoin d’une soupape
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Par canel, le 20/06/2011
La confrérie des mutilés de
Brian Evenson
Une tête mutilée se détachait sur l'oreiller, le corps invisible sous une couverture. Il s'agenouilla près du lit. Les yeux avaient été évidés, les paupières découpées. Des oreilles arrachées, il ne restait que deux spirales de chair lisse et rosée. A la place du nez, il y avait un trou sombre et béant. Les lèvres semblaient avoir été rognées, peut-être par les dents que l'on devinait à travers les lambeaux de chair restants.
Tandis qu'il l'observait, le visage frémit, la tête bougea légèrement et il eut l'impression que les yeux énucléés fixaient les siens. Il détourna le regard et, se saisissant de la couverture, découvrit le corps.
Ce n'était qu'un torse dépourvu de membres, aux tétons coupés et au pénis tranché. Il observa la poitrine se soulever au rythme de la respiration, de l'air qui sifflait en passant entre les dents. La façon dont le corps reposait avait quelque chose d'étrange, se dit-il en le poussant un peu, suffisamment pour constater que les fesses avaient été découpées.
La bouche bredouilla quelque chose qu'il ne put comprendre car la majeure partie de la langue manquait. (p. 84)
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Père des mensonges de
Brian Evenson
"Que tu l’aies fait ou non, ce n’est pas la question. Ce qui est en jeu, c’est l’obéissance".
"- L’obéissance ?"
"- Manquer à l’obligation d’obéissance envers ses supérieurs dans l’Église, c’est manquer à l’obligation d’obéissance envers Dieu. Dire du mal de toi, c’est dire du mal de Dieu. "