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Par Sofibi, le 15/05/2013
Le miroir des ombres de
Brigitte Aubert
La matrone joufflue haussa des sourcils étonnés de ce que la police franchisse maintenant le Channel pour une femme disparue. Ils auraient mieux fait de la chercher à Paris dans l'un de leurs bouges à cancan.
Elle prononça "can-can" en accentuant le "an" et en remuant une cheville;
Sur quoi Emile la reprit, corrigeant sa prononciation, et exécuta durant quelques secondes une gigue effrénée sous le regard stupéfait de l'assistance.
- On avait l'habitude des pantomimes, le soir au camp, lâcha-t-il, en reprenant une position martiale.
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La rose de fer de
Brigitte Aubert
- Vous avez entendu parler du PZ 40 ? C'est un dérivé de la famille des ergonoïdes hallucinogènes, mis au point par les Soviétiques. Quand il y avait des Soviétiques, ha, ha, ha ! Ils l'utilisaient dans leurs hôpitaux psychiatriques. Sur les malades "dangereux", vous me suivez ? Ça vous vide complètement le cerveau et, au bout d'un mois de traitement, même un prix Nobel n'est plus capable de manger à la petite cuillère. L'avantage est que ça ne détruit pas l'apparence physique. Les dommages se situent uniquement dans la zone cérébrale. Ainsi, comme dirait Jacques Brel, vous aurez la chance indicible d'être beau et con à la fois, à la différence que ce ne sera pas pour une heure mais pour toute votre vie...
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Par canel, le 30/09/2012
La ville des serpents d'eau de
Brigitte Aubert
Il a rallongé la chaîne. Il a dit que j'étais à lui. Que je serais toujours à lui. Tout le reste de ma vie.
Rien qu'à lui.
Qu'il me brosse les cheveux.
Ou qu'il me brise les côtes.
Qu'il m'embrasse.
Ou qu'il me roue de coups.
Je suis à lui.
Pour toujours. (p. 10)
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Par canel, le 01/10/2012
La ville des serpents d'eau de
Brigitte Aubert
Black Dog [handicapé mental] en était arrivé à la même conclusion. Les chasseurs étaient ivres. En colère. Les hommes ivres et en colère aimaient faire du mal, avec leurs poings, leurs couteaux et ce qu'il y avait dans leur pantalon. Il avait assisté à plusieurs viols collectifs au cours de sa longue errance. Chaque fois il s'était enfui, le visage caché entre les mains pour ne plus entendre les cris. (p. 107)
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Par canel, le 02/10/2012
La ville des serpents d'eau de
Brigitte Aubert
- En tout cas, le type est très fort. Approcher ces gosses sans se faire remarquer, ne pas laisser d'indices...
- Pas forcément (...) La plupart des pédophiles bénéficient du trompe-l'oeil de l'intégration sociale. Ce sont rarement des marginaux ou des gars avec un casier. Ils agissent au nez et à la barbe de leur environnement parce qu'ils se fondent dans la masse. On ne les remarque pas. Non pas parce qu'ils sont suprêmement habiles, mais parce qu'ils n'ont rien de remarquable. (...) Le vilain méchant loup n'a pas à montrer patte blanche, il a les mains propres, il est des nôtres. (p. 217)
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Freaky Fridays de
Brigitte Aubert
Deux types sortaient de l'hôtel. Un grand maigre et une armoire à glace. Le grand ressemblait à un croque-mort, y compris le costard, le gros à un sumo en Lacoste rose bonbon. Vera avait trop souvent vu ce genre de tandem improbable pour douter une seule seconde. Des truands. Des vrais. Des bons vieux truands des States, dignes des films de Scorcese ou de Tarantino. Des tronches d'affranchis griffés Gioanni. Cent ans de Little Italy dans les gènes. Deux gnocchis à la place des yeux, un spaghetti dans le slibard. Mais une grosse puissance de feu.
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Une âme de trop de
Brigitte Aubert
- Les habitudes, c'est comme les vêtements, Steven, il faut en changer avant qu'elles commencent à sentir mauvais!
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Par joedi, le 17/08/2012
La mort des neiges de
Brigitte Aubert
Elle tousse. Les tueurs sadiques toussent, éternuent, rient ou pleurent. Je trouve ça obscène, cette humanité de leur corps qui nous les fait croire nos semblables. Certes, nous sommes tous des sacs de peau remplis dechair et d'os pourvus des mêmes orifices avec, à l'abri du crâne, le logiciel qui nous permet de penser. Mais le leur est infecté par un virus qui leur ordonne de détruire. Sans répit, sans repos, sans rémission.
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Une âme de trop de
Brigitte Aubert
Un cauchemar, la plage. Tous ces yeux. Du vent, de l'air, plein d'air, trop d'air partout. Pas de murs où s'appuyer, rien pour vous protéger. et tout ce sable qui colle partout, après on en a plein les chaussures, même en faisant attention, non vraiment, pour moi la plage ça évoque plus les affres du débarquement que la détente.
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La rose de fer de
Brigitte Aubert
Aussitôt Adolf s'ébroua en remuant la queue. Je lui tapotai le dos. Il s'étira longuement, puis me lécha la main. Adolf était un brave clébard. Il avait appartenu à un vieil aveugle autrichien, doué du sens de l'humour, qui avait fui son pays en 1937 et avait traîné ses guêtres pendant quarante ans à travers toute l'Europe, avant d'échouer à Bruxelles où Max l'avait rencontré, trempant dans divers petits trafics. Emile, le vieux, lui avait cédé le chien arguant que de toute façon il n'en avait plus pour longtemps, et , effectivement, deux jours plus tard, une bande de skinheads éméchés, semblables aux SS qu'il avait fuis si longtemps auparavant, l'avaient brûlé vif.
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