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Les aventures de Pinocchio de
Carlo Collodi
Le pays des jouets :
Ce pays ne ressemblait à aucun autre. Il n’y avait que des
enfants. Les plus vieux avaient quatorze ans, les plus jeunes à
peine huit. Dans les rues ce n’étaient que bonne humeur, tapages
et cris à vous crever le tympan ! Des bandes de gamins partout
jouant aux osselets, à la marelle, au ballon, faisant du vélo ou du
cheval de bois, ayant organisé une partie de colin-maillard ou se
courant après. Certains chantaient, d’autres faisaient des sauts
périlleux ou s’amusaient à marcher sur les mains. Un général au
casque fabriqué avec du feuillage passait en revue un escadron en
papier mâché. On riait, on hurlait, on s’appelait, on battait des
mains, on sifflait, on imitait le chant de la poule venant de pondre
un oeuf… Le boucan était tel qu’il aurait fallu se mettre du coton
dans les oreilles pour ne pas devenir sourd. Sur chaque place, il y
avait un spectacle sous tente qui attirait tout au long de la journée
une foule d’enfants et sur les murs des maisons on pouvait lire,
tracées au charbon, de jolies choses comme : « Vive les joués »
(au lieu de « jouets »), « On ne veu plus des colles » (au lieu de
« On ne veut plus d’école »), « A bas Lari Temétique » (au lieu de
« A bas l’arithmétique ») et autres perles de ce genre.
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Les aventures de Pinocchio de
Carlo Collodi
Après une bonne demi-journée de marche, ils arrivèrent dans
une ville appelée « Attrape-nigauds ». En entrant dans la ville,
Pinocchio découvrit que les rues étaient pleines de chiens pelés
que la faim faisait bailler, de moutons tondus qui tremblaient de
froid, de coqs sans crêtes qui faisaient l’aumône d’un grain de
maïs, de grands papillons cloués au sol parce qu’ils avaient vendu
leurs belles ailes colorées, de paons sans queue n’osant plus se
montrer, des faisans trottinant comme des petits vieux, pleurant
leurs habits d’or et d’argent perdus pour toujours.
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Les aventures de Pinocchio de
Carlo Collodi
« Si tu ne viens pas, tu t’en repentiras, crois-moi. Car où trouver ailleurs un pays aussi idyllique pour nous autres les enfants ? Il n’y a ni école, ni maîtres, ni livres. Dans ce pays béni, il n’y a rien à apprendre. Ici, le jeudi est un jour de congé. Eh bien, dans ce pays, la semaine se compose de six jeudis, plus le dimanche. Les grandes vacances commencent le Premier de l’An et finissent à la Saint-Sylvestre. Voilà un pays qui me convient parfaitement ! Tous les pays civilisés devraient lui ressembler. »
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Les aventures de Pinocchio de
Carlo Collodi
Peu de temps après, on vit sortir de l’écurie un joli petit
carrosse bleu-ciel, entièrement capitonné de plumes de canaris et,
à l’intérieur, matelassé avec de la crème fouettée et des biscuits à
la cuiller. Le carrosse était tiré par un attelage de deux cents
petites souris blanches. Assis sur le siège du cocher, le Caniche
faisait claquer son fouet, tel un postillon ayant peur d’être en
retard.
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Les aventures de Pinocchio de
Carlo Collodi
Malheur aux enfants qui se révoltent contre leurs parents et
abandonnent par caprice la maison paternelle ! Jamais ils ne
trouveront le bien en ce monde et, tôt ou tard, ils s’en repentiront
amèrement.
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Les aventures de Pinocchio de
Carlo Collodi
« Je suis un farceur qui promet toujours de s’amender et
qui, jamais, ne tient parole ! »