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Par Lolokili, le 02/10/2011
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
Quel destin ! Dès les premières lignes, la plume inspirée de Carole Martinez nous emporte très loin, au cœur de ce conte mystique. J’ai vécu au plus près d’Esclarmonde, éprouvé sa réclusion, ses voyages, ses extases, ses errances et son formidable amour de mère. J’ai adoré cette histoire fabuleuse, entre grâce et barbarie intimement mêlées. Un livre accompli et très esthétique, qui se dévore malheureusement beaucoup trop vite !
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Par argali, le 11/11/2011
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
Ayant refusé de lire les critiques et commentaires sur ce roman, avant de le lire, j’avoue avoir été décontenancée en débutant ma lecture. En effet, je ne m’attendais pas du tout à cette histoire. Je ne sais d’ailleurs pas à quoi je m’attendais, mais sûrement pas à un récit mettant en scène une emmurée au Moyen Age.
Peu à peu, cependant, je suis entrée dans le récit et ai savouré, sans bouder mon plaisir, la langue si joliment mise en œuvre par Carole Martinez, ses descriptions fortes qui nous embarquent dans son monde où réalité et fiction se mêlent avec bonheur. La plume fraîche et rythmée de l’auteur donne la parole à une recluse de 15 ans, Esclarmonde, qui a choisi d’être emmurée vivante pour aimer et servir Dieu plutôt que d’être offerte en mariage à Lothaire, un rustre dont elle ne veut. Depuis la cellule qu’elle s’est choisie, et où elle pensait vivre solitaire, elle recevra la visite quotidienne de pèlerins venus lui confier leurs prières, leurs péchés et leurs demandes d’intercession. Son immobilité lui donnera accès à un riche chemin intérieur et devinant les âmes, elle leur servira de révélateur voire de psychanalyste.
Mais le choix que l’on fait à 15 ans, pure et naïve, ignorante de la vie, peut-il déterminer une vie entière ? La foi, l’amour et l’abnégation peuvent-ils combler à jamais ?
Ce conte, terrible à bien des égards, est loin des récits à la mode aujourd’hui. Mais malgré l’époque et le thème, il est d’une modernité étonnante. Loin de l’amour courtois, il nous donne à voir la violence des mœurs et la condition des femmes au Moyen Age ; emmurée, Esclarmonde est plus vivante et libre que beaucoup de ses contemporaines ; solitaire, elle est pourtant toute entière liée à sa famille et au monde…
Les personnages secondaires sont aussi attachants et vrais, tel un Lothaire repenti et voué à un amour platonique et déchirant, ou une Bérengère, assumant pleinement ses atours et sa condition de servante. Ils portent l’intrigue et font avancer le récit.
Carole Martinez signe ici une ode à la vie, à la sensualité, à l’amour (divin et humain) qui est aussi une merveilleuse parabole qui nous donne à réfléchir sur notre propre vie. C’est aussi une belle réflexion sur la puissance de la foi et les doutes qu’elle suscite.
On ne sort pas indemne de cette lecture. Il faut prendre le temps de la digérer, de l’apprécier, voire y revenir. Carole Martinez est décidément une formidable conteuse.
Au moment où j’achevais cette lecture, « Du domaine des Murmures » recevait le Goncourt des lycéens. Prestigieux prix non galvaudé.
Lien : http://argali.eklablog.fr
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Par nadejda, le 29/08/2011
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
Carole Martinez nous prend pour la seconde fois dans les rets de son talent de conteuse qu’elle met cette fois au service d’une recluse volontaire du XIIème siècle. Elle va recoudre et mettre bout à bout, broder les murmures qu’Esclarmonde lui fait parvenir en tendant «l’oreille pour percevoir les filets de voix entrelacés... les mots jamais inscrits mais noués les uns aux autres et qui s’étirent en un chuintement doux". Esclarmonde va pouvoir enfin, par-delà les siècles, dire son désir de liberté, son amour débordant, sa sensualité et ouvrir l’espace au sein de son étroite cellule où elle ne sera pas séparée du monde. Malgré sa réclusion elle vivra comme tout un chacun une vie faite de joie et de douleurs avec peut-être une plus grande intensité.
Je n’en dirais pas plus car ce serait enlever la surprise et déflorer la beauté de ce conte empreint, comme tous les contes, de merveilleux mais aussi leçon de vie parfois cruelle.
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Par LiliGalipette, le 26/01/2012
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
Une promenade en Bourgogne nous conduit dans les ruines d’un château que le temps a connu puissant. Dans un récit à rebours des siècles, nous entendons les pierres raconter l’histoire d’Esclarmonde. « La tour seigneuriale se brouille d’une foule de chuchotis, l’écran minéral se fissure, la page s’obscurcit, vertigineuse, s’ouvre sur un au-delà grouillant, et nous acceptons de tomber dans le gouffre pour y puiser les voix liquides des femmes oubliées qui suintent autour de nous. » (p. 15) Asseyons-nous et écoutons…
Esclarmonde, blonde enfant trop belle pour les exigences du monde, refuse l’homme que son père lui a choisi. En disant « non » devant les hommes et reniant le sang de son père, Esclarmonde embrasse un destin de recluse. En 1187, une fille qui se refuse au mariage pour préserver son union avec le Christ n’a d’autre choix que de soustraire au siècle. Emmurée dans une petite cellule attenante à la chapelle de Sainte Agnès, Esclarmonde croit échapper au malheur terrestre pour jouir d’une béatitude que seule mamort rendra plus sublime. « Je suis devenue la vierge des murmures. » (p. 17)
« J’avais charge d’âmes. » (p. 123) Ainsi parle celle qui revêt au yeux du monde un glorieux habit de sainte. Les pélerins se pressent contre les barreaux de sa petite fenêtre. « Tous ces êtres en mouvement venaient voir l’immobile et la vie passait devant moi, qui pourtant l’avais quittée. » (p. 52) Alors que tous lui prêtent des miracles et la mort-même semble reculer devant le pouvoir de sa foi, Esclarmonde se découvre pleine. Sa solitude de recluse n’en est plus une, mais pour combien de temps ?
Quand vient le jour où on lui arrache ce qui la comblait, Esclarmonde est prête à tout renier : son engagement religieux, sa promesse éternelle et sa foi vacillante. Que lui importe désormais de suivre les traces de son père parti en Terre-sainte mener une croisade qui périclite dans le sang et la boue ? Que lui importe donc de tenir la Mort en respect si la vie elle-même lui est retirée ? « À défaut de croire en Dieu, j’ai commencé à croire en moi, en la force de ma parole dont je voyais chaque jour croître l’incroyable pouvoir. » (p. 166) Voilà que la sainte devient démone, mauvaise femme à la langue de fiel, elle dont la voix était à elle seule une bénédiction. Mais n’est-ce finalement pas une épreuve de foi, une dernière épreuve d’amour ?
Ce superbe récit est nourri de merveilleux. Entre les pages déambulent une géante verte aux courbes superbes et le cruel spectre d’un cheval blanc. On entend aussi la voix des anges quand ils se penchent sur les mains stigmatisées d’un enfant et sur l’éclat extraordinaire du soleil de Palestine. Carole Martinez mêle avec un talent éblouissant des légendes bourguignonnes, une hagiographie fictive et une célébration du verbe. Le verbe, c’est celui d’Esclarmonde qui repousse les murs de sa cellule, celui de Dieu quand il daigne se faire entendre et c’est surtout celui de l’auteure qui porte ce récit sur les ailes de la poésie. Dans ce roman où le murmure se veut la racine de toute parole et son élan premier, Esclarmonde s’adresse à nous d’une voix fantôme qui s’échappe de la mousse des pierres effondrées.
Perdue dans les confins d’une maladie qui s’éternise et me vide de mon énergie, j’ai trouvé dans ce superbe roman un souffle qui m’a emportée, qui a sublimé ma veille et m’a émue au-delà des larmes. Bouche bée, muette, sans même un murmure, j’ai lu et relu certaines phrases jusqu'à m’engourdir les yeux. Poésie pure et lumière, la plume de Carole Martinez chante une femme exceptionnelle : que nous importe alors que tout ne soit que romance ? Si certains aspects de cette éblouissante histoire m’ont rappelé le très beau roman de Clara Dupont-Monod, La passion selon Juette, il y a dans Du domaine des murmures une forme de littérature après laquelle je cours sans cesse. Et quand je la toruve enfin, c’est le souffle coupé que je la contemple.
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Le coeur cousu
de
Carole Martinez
Quand tu liras le Coeur Cousu, tu liras sous la délicieuse plume de Carole Martinez, l'histoire de Soledad et de sa famille. Des filles surtout.
Tu liras du surnaturel qui te semblera tellement opportun et naturel que tu y croiras.
Tu frissonneras.
Tu poseras ce livre lourd sur tes cuisses, tu renverseras ta tête en arrière et tu serreras les bras. Pour imaginer plus. Pour imaginer mieux.
Tu sentiras la poussière du sable, mais cela ne te gênera pas.
Tu liras les secrets qui se transmettent chez les filles de cette famille. Tu liras la magie dans les doigts de Frasquita, la mère. Doigts de fées, on la disait sorcière.
Tu liras la méchanceté des simples. La rudesse de la pauvreté.
Parce que tu vois, tu le liras. J'en suis sûre.
Lien : http://ausautdulivre.blogspot.com/2011/12/chhhhhhhhhhht-lis.html
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Par sylvie, le 13/11/2008
Le coeur cousu
de
Carole Martinez
Ce livre est d'une grande puissance.
Il nous emporte dans une odyssée féminine envoûtante.
Celle qui fait la grande traversée va parcourir les chemins perdus poussiéreux et caillouteux de l'Andalousie du 19e siècle, et arriver à tirer sa charrette remplie de ses 6 enfants, le septième étant dans son ventre, jusqu'à la mer.
Là, ils prendront le bateau pour s'installer dans une nouvelle vie en Algérie.
Durant ce voyage hallucinant, toutes les rencontres seront possibles, toutes les épreuves aussi, et Frasquita tiendra bon jusqu'au bout.
Un univers aride et racorni par l'isolement, les croyances, les superstitions, la médisance et la jalousie, a pourri la vie de cette jeune femme aux dons exceptionnels de brodeuse et de couturière.
Cet art, qui est autant sa malédiction que sa bénédiction, elle le doit à une sorte de filiation matriarcale et magique qui relie les vivantes et les mortes depuis la nuit des temps.
A l'âge des premières règles, la mère initie ses filles aux prières qui guérissent et qui font parler avec les morts, et leur remet une boite magique qui, si elles savent respecter les usages leur révèle leur pouvoir et ainsi les déterminent à vie...
Frasquita, la mère en fuite dont on suit l'errance a été initiée et a reçu une boite de bobines de fils.
Elle coud, elle brode, et ce qu'elle fait prend vie. Elle use de ce génie qui lui permet de vivre et fait sa renommée, comme son malheur...
Elle en deviendra sorcière et magicienne, elle fera peur...
Son mari, devenu fou, se prenant pour un coq à chaque nouvelle naissance et finissant par la jouer au jeu, la pousse à bout. Trop de misère, trop de souffrance, trop d'humiliation...
Elle prendra ses enfants et partira, ailleurs, à l'aventure, forte de ce qu'elle est et de ses pouvoirs surnaturels.
Elle ira jusqu'au bout de la terre, et arrivera au delà de l'eau.
Elle forcera la destinée de toute sa marmaille étrange et singulière, poussée par un désir tenace et magnifique jusqu'à en oublier la dernière à naître qui pointe son nez, bientôt, et qu'elle nommera Soledad.
Cette dernière de la fratrie fantasque aux pouvoirs magiques semble destinée à la solitude, elle sera initiée, mais n'aura pas de fille.
Elle se vouera à l'écriture, et par ce biais rompra le fil de la tradition et de la transmission. Elle n'apprendra pas les prières à sa nièce, non plus qu'elle ne lui donnera de boite...
Elle sera la narratrice de cette histoire foisonnante, et nous transportera loin au cœur du désir féminin.
Elle nous racontera l'épopée de sa mère et de ses frères et soeurs en nous disant des contes assemblés en saga familiale construisant ainsi un roman fleuve.
Ce texte foisonnant est beau, poétique, gonflé d'amour, de chair, de sang, de souffrance ,de larmes et de rêves.
Il est cousu à petits points serrés, minutieux, qui se déploient dans de multiples détails colorés et forment une fresque étonnante d'originalité et d'humanité.
Si ce n'est pas encore fait, ouvrez ce livre .
Des liens et un extrait de lecture sur le blog :
Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/11/le-coeur-cousu-carole-martinez.html
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Par litolff, le 18/12/2011
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
A la croisée des légendes fabuleuses, de la chanson de gestes, de la mystique médiévale, et des livres d'histoire, Carole Martinez livre ici un véritable conte pour adultes, un conte merveilleux et cruel solidement documenté sur le quotidien de la vie féodale et l'aventure des croisades, et, c'était gonflé, écrit à la première personne ! Pas évident de se mettre dans la peau d'une adolescente naïve et mystique de 15 ans qui, au 12e siècle, décide de terminer sa vie en priant Dieu, enfermée dans une cellule de 4m2... En plaçant son récit dans un cadre assez méconnu (de moi en tous cas !), celui des recluses au Moyen-âge, Carole Martinez signe une épopée médiévale passionnante à l'écriture poétique et envoûtante. Après le Coeur Cousu, c'est un livre sur les femmes, encore, et plus encore sur la féminité et la maternité, mais aussi un livre qui parle de rédemption, plus que de Dieu lui-même, plus présent dans les prières que véritablement dans les coeurs... Si j'ai beaucoup aimé la première partie, j'ai cependant regretté que le récit de Carole Martinez bascule ensuite dans un genre légèrement trash-pseudo-mystique... même si finalement je me suis laissée bercer par la voix d'Esclarmonde.
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Par mariech, le 14/12/2011
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
A quinze ans Esclarmonde est promise au fils d'un seigneur riche et puissant , contre toute attente , elle refuse cette union , se coupe une oreille ( j'ai eu pitié de ma beauté dit -elle ) et annonce qu'elle veut se consacrer à Dieu et a être emmurée comme ça se faisait à l'époque . Son père l'a maudit , son promis va subir une métamorphose en profondeur .
Carole Martinez nous livre ici un roman magistral sur la nature humaine , en effet Esclarmonde se rend compte qu'en étant emmurée , elle est plus libre que jamais , elle qui est la prisonnière de son père mais surtout de son époque mais jamais elle n'avait pensé à tout les évènements qui arrivent bouleverser sa décision et surtout elle n'avait jamais pensé qu'une décision aussi définitive , mais prise à quinze ans , puisse être remise en question . C'est ce qui fait la force de livre qui est loin d'être un roman historique de plus , c'est cette fine analyse ses sentiments de l'héroïne et de son époque qui fait que ce livre est une merveille . L'auteur décortique les relations hommes - femmes , les relations riches et pauvres , et nous explique que dans la vie , on a le droit de se tromper et de rompre des engagements .
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Par kathy, le 17/12/2011
Le coeur cousu
de
Carole Martinez
Soledad, la narratrice, née dans un petit village d'Espagne dans les années 1930, raconte l'histoire de sa mère, Frasquita, jeune et belle couturière, qui a hérité d’un curieux coffret et d’un don étrange de sa propre mère.
Frasquita sublime les chiffons. Elle confectionne des robes et fait naître sous son aiguille des broderies tellement captivantes qu’elles semblent animées. Qui plus est, elle recoud les hommes déchirés. Elle assemble des pièces disparates pour mieux rassembler les hommes, les idées, les mondes, au cours de son errance.
Chacun de ses six enfants possède lui aussi un don surnaturel : Anita -muette puis conteuse, Angela -a la voix d’or, Pedro -l’artiste peintre, Clara -l’enfant lumière, Martirio -la fille des ténèbres au baiser mortel- et Soledad… Un destin qui va les entraîner dans des aventures qui les conduiront, après une traversée de l’Espagne, jusqu'au Maroc.
Ce roman-conte, brodé par une femme, est une histoire de Femmes.
Il traite de rupture avec les traditions, de fuite, d’exil, d’émancipation, de choix, de liberté, de force, de solidarité, de promesse, d’idéal, de liens familiaux, de don de soi et d’amour,… le tout, dans une atmosphère remplie de senteurs, de couleurs, de lumières, de chaleur,… et de magie.
Un émouvant chant d’amour d’une fille à sa mère, qui ne lui a jamais donné un baiser…
Un récit onirique composé comme un patchwork : trois chapitres, dont les deux derniers -faute d’y trouver un fil conducteur et/ou de plonger dans cet univers imaginaire-, m’ont un peu égarée, laissée en marge du rêve et, par conséquent, détournée du voyage auquel Carole Martinez souhaitait me convier….
Malgré cela, l’écriture de Carole Martinez révèle une grande sensibilité doublée de poésie et d’imagination.
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Par Cath36, le 15/01/2012
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
Les murmures et les phrases de Carole Martinez nous fouettent en plein coeur comme des déferlantes venues de loin qui, se succédant les unes aux autres, remuent le sable des émotions et laissent après leur passage les coquillages de ces vies éteintes, trésors d'un passé qui continue de hanter le présent. Profond et intense, tel est ce récit d'une jeune emmurée volontaire par amour pour le Christ, où la quête spirituelle s'efforce de transcender la douleur d'un monde perclus de violence mais finit par être vaincue par elle.
Carole Martinez qui s'efforce d'atteindre au plus profond le coeur humain pour en libérer ce qui est verrouillé me rappelle par certains aspects l'écriture de Sylvie Germain. Poétique et dure, sans concessions, quelquefois crue, elle dégage à travers les agissements du mal une possibilité de rédemption, par un sacrifice librement consenti où ce qui semble couper du monde permet au contraire de l'aborder autrement, faisant surgir la liberté d'un choix qui recentre sur l''essentiel (la vie intérieure) et non sur une multiplicité d'actions possibles.
Oui ce roman m'a interpellée et fascinée, même si j'ai eu un peu l'impression (contrairement aux textes de Sylvie Germain) de rester à la surface d'une histoire très bien racontée, sans en être saisie ("sidérée" comme on dit en philosophie) par le sens. Peut-être cela vient-il du fait que les descriptions et les souvenirs priment sur l'intériorité, et que l'écriture est celle du conte alors que l'ensemble de la narration constitue un roman. Un très beau texte donc, mais qui m'a laissée un peu sur ma faim.
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Par Kittiwake, le 11/12/2011
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
D’emblée le titre évoque un univers tout en nuances, à la fois confiné et ouvert sur le monde, au delà des murailles, jusqu’au confins du réel
Dans une ambiance très différente de Coeur cousu, à la fin du douzième siècle en notre terre de France, l’auteur donne la parole à Esclarmonde, une jeune vierge qui a osé l’inconcevable : refuser son promis le jour même des épousailles devant la noce assemblée à l’église, pour s’offrir à Dieu dans une réclusion irréversible, emmurée dans un réduit vétuste. Une rencontre violente à la veille de cet enfermement modifiera considérablement le destin de la prisonnière volontaire.
Féministe avant l’heure, cette très jeune fille refuse la soumission et le destin inéluctable de toute femme à cette époque. L’isolement volontaire la conduit à une expérience mystique intense, et lui confère un ascendant surnaturel sur les fidèles en manque de prodiges. Au point de maintenir la Faucheuse à distance, et de rendre les terres plus fécondes.
Le rapport à son père est des plus complexes, maudit et fusionnel, créant un lien quasiment télépathique, contrainte de vivre en rêves son expédition guerrière en Terre Sainte.
L’écriture est superbe, à la fois poétique et réaliste, avec juste ce qu’il faut de suranné pour nous plonger dans le passé, sans pour autant s’en sentir exclu. La narration par l’héroïne elle-même, hors du temps, contant sa propre histoire, donne beaucoup de dynamisme et de consistance au récit. La dimension onirique y confine au spirituel.
C’est un magnifique récit, d’une grande profondeur que je recommande vivement.
Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2011/12/du-domaine-des-murmures.html
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Par pilyen, le 09/12/2011
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
Je n'avais pas lu le précédent livre de Carole Martinez, "Le coeur cousu", ma femme, qui l'a adoré, ne me l'avait pas conseillé. "Ce n'est pas un livre pour toi" m'avait-elle dit. Et je lui avais fait tout à fait confiance.
Quand à la rentrée est sorti "Du domaine des murmures", j'ai jeté un coup d'oeil sur les critiques et sur les blogs car une rumeur de grand livre gonflait de plus en plus. Emballement général, essentiellement chez les dames. "Bon, me suis-je dit, ce ne doit pas être pour moi, trop féminin encore." Et puis, je l'avoue, un roman se déroulant en 1187, avec une jeune fille qui se fait emmurer pour prier le Christ... c'était exactement le genre de thème qui ne m'attire pas, l'historico-religieux, très peu pour moi!
Puis, au hasard de mes flâneries, j'ai déniché l'ouvrage dans une bouquinerie, neuf et dédicacé, pas même au prix d'un poche. "Ma femme sera contente, ai-je pensé". Le livre a rejoint ma PAL (Pile à lire) et est resté jusqu'à mercredi dernier, où, moment d'égarement lors d'une après-midi pluvieuse, j'ai ouvert ce qui était devenu le prix Goncourt des lycéens.
Verdict ? J'ai adoré ! J'ai passé un excellent moment dans ces pages formidablement bien écrites, mêlant habilement vocabulaire et syntaxe moyenâgeuse, au service d'une histoire passionnante, construite pour nous surprendre constamment. Car, et c'est là une des prouesses de l'auteur, avec un sujet aussi peu emballant, Carole Martinez, en grande conteuse, attrape ses lecteurs pour ne jamais les laisser tomber en route, comme un grand auteur de thriller ( même si sur la fin, l'intérêt tombe un petit peu).
Ici, même si ça se lit comme un polar, il y a, en plus, une belle réflexion sur la condition féminine. Esclarmonde, l'héroïne, étant plus libre et plus puissante enfermée qu'en liberté, jouissant de ce pouvoir auprès des nombreux pélerins qui la visitent dans sa prison. Quant au caractère religieux qui aurait pu et a rebuté quelques lecteurs, il est tout simplement inhérent à l'époque et permet à l'auteur de nous montrer comment les peuples incultes et affamés, nourris de légendes et de croyances souvent païennes, sont prêts à gober n'importe quelle fable, même les plus improbables, à partir du moment qu'elles sont proférées par des puissants.
La fin sur le blog
Lien : http://sansconnivence.blogspot.com/2011/12/du-domaine-des-murmures-de-carole....
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Par luocine, le 17/01/2012
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
J’avais tellement apprécié « Cœur cousu » que je redoutais un peu de me lancer dans ce roman dont j’entendais tant de bien autour de moi.
C’est un peu paradoxal, mais cette auteur arrive à m’entrainer dans un domaine qui souvent m’est complètement étranger : le mysticisme et les croyances aux forces de l’au-delà.
Et bien, j’avais tort, j’ai adoré « Du domaines des Murmures » et comme toutes les blogueuses avant moi, je ne peux que recommander chaudement la lecture.
Cette femme emmurée qui deviendra finalement l’écho des hommes de son siècle, alors qu’elle désirait se donner à Dieu et à Lui seul, est vivante, sensible superbe dans la force de sa jeunesse.
Le roman fait revivre le temps des croisades et les errements de la religion et d’une société fondée sur le seul pouvoir de la force masculine.
Et surtout il offre une tribune à la parole des femmes de cette époque. Que savons-nous d’elles ?
J’ai eu la chance d’entendre Carole Martinez lors d’un café littéraire à Fontenay sous bois.
Elle nous a dit, entre autre, qu’après la lecture de Georges Duby, elle avait pris conscience que les femmes du XII° Siècle n’avaient pratiquement laissé aucun témoignage. Ce grand spécialiste du Moyen-âge parlait d’elles comme des « ombres ».
Loin de n’être qu’un roman historique, cette auteure nous entraîne à travers le personnage d’Esclarmonde , dans une réflexion sur la place de la femme dans les sociétés patriarcales religieuses. C’est aussi une réflexion sur l’engagement absolu de la jeunesse : il y a du Antigone dans cette recluse.
L’intrigue est bien menée et passionnante jusqu’au bout le style est très agréable : C’est celui d’une conteuse qui séduit ses lecteurs car il crée une atmosphère.
Carole Martinez a beaucoup de talent et encore bien des histoires à raconter, le soir du café littéraire on la sentait habitée par ses personnages et prête à les faire revivre devant un auditoire complètement médusé.
Lien : http://luocine.over-blog.com/
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Par oops, le 12/11/2011
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
Esclarmonde est une jeune femme vierge de quinze ans en 1187, quand son père le seigneur du domaine des Murmures décide de la mariée à Lothaire le Benjamin du domaine de Montfaucon. Un jeune homme capricieux, formé à tuer et trousseur de jupons. A cette époque on ne se soucie du désir des jeunes filles, ni des femmes d’ailleurs. Esclarmonde ne veut pas devenir un récipient à grossesse, elle rêve d’une autre liberté, elle veut être l’épouse du Christ et prier pour l’équilibre du monde, une condition inconcevable pour une fille de sa caste ! Cette autonomie va donc lui demander les plus grands sacrifices. Ainsi le jour de ces noces, elle ose dire non et s’offre à Christ, elle se tranche l’oreille reniant ainsi le sang de son père et demande à ce que sa dot serve à ériger une chapelle dédiée à sainte Agnès. Attenante à cette chapelle sera aménagée une cellule pourvue d’une simple fenestrelle ou la jeune fille sera emmurée pour qu’elle puisse se séparer du monde. Ainsi la recluse se consacre à la prière, à l’adoration, de son oreille mutilée elle écoute les fautes des âmes et des pèlerins. Sa miséricorde finie par attirer les foules. Elle devient une prophétesse adulée, alors le jour où la rumeur se répand qu’elle souhaite renier son vœu, la foule craignant de ne plus bénéficier des bienfaits de ses prières est prise de folie. Tel un fabliau contemporain, l’auteure conduit son lecteur dans une ambiance moyenâgeuse mystique et sauvage. La condition féminine, l’engagement chrétien, les croisades y sont largement abordés sans être ennuyeux. L’auteure mêle poésie, fantaisie et nous sert un récit d’une douce sensualité malgré un contexte souvent cruel. Les lycéens ont vu juste en votant pour ce roman au Prix Goncourt des Lycéens, nos lycéens sont toujours perceptifs pour ce prix !
Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.com
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Par spleen, le 07/01/2012
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
Lorsque l'on tourne la dernière page de certains livres, on voudrait suspendre le temps pour prolonger l'état de grace hors de la vie réelle, rester dans cette espéce de bulle silencieuse avec le coeur rempli d'émotions ...
Du domaine des Murmures fait partie de ces instants magiques et précieux.
Le choix de l'époque médievale est majeur, c'est une période forte où la lutte du bien et du mal est présente dans la vie quotidienne , la foi est intense, marquant ou influençant les événements, conduisant aux croisades, ou guidant une décision definitive comme la reclusion.
Cette foi cotoie et joue avec les croyances,influencées par la religion ou celles plus anciennes, ancrées dans la mémoire populaire , elles se mèlent , souvent se confondent et parfois conduisent à des extrémes comme le bucher , le lynchage ou le bannissement.
Et au delà du mysticisme il ya l'amour maternel plus fort que tout et intemporel.
Carole Martinez, une nouvelle fois fait preuve de beaucoup de maitrise et manie l'art du conte avec brio à notre plus grand bonheur.
Lien : http://lejournaldelouloune.over-blog.com/article-du-domaine-des-murmures-par-...
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Par fran6h, le 15/12/2011
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
Carole Martinez, que je découvre à travers cette lecture, nous livre ici une aventure humaine époustouflante. L'histoire d'Esclarmonde, qui, le jour de ses noces, décide d'offrir sa vie et sa beauté à Dieu.
Elle s'enferme dans un réclusoir adossé à la chapelle du domaine, où sa seule ouverture sur le monde terrestre passe par une petite fenestrelle à barreaux.
C'est le monde spirituel qui va s'ouvrir à elle, elle devient une sainte que l'on vient visiter et qui prodigue des bienfaits à la vie à l'entour. Mais les préoccupations humaines ne la quittent pas pour autant. Elle emporte avec elle dans sa cellule un terrible secret.
Peu à peu, elle est en prise au doute ... mais a t-elle encore prise sur son destin ?
A travers cette histoire, Carole Martinez nous livre une réflexion sur la religion et la spiritualité, sur la place des femmes, sur les Croisades. Magnifiquement écrit, ce livre se lit comme un conte qui mêle aventure,poésie et fantastique.
Une merveille !
Lien : http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=774797&pid=22970401
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Par livr-esse, le 13/12/2011
Du domaine des murmures
de
Carole Martinez
En 1187, la jeune Esclarmonde refuse d'épouser son promis. Devant son père et l'assemblée invitée à cette noce, elle annonce qu'elle veut s'offrir à Dieu et qu'elle fait le choix d'être emmurée jusqu'à la fin de ses jours.
Au bout de 2 ans, le réduit est prêt pour accueillir Esclarmonde. Tandis qu'elle pensait ainsi s'éloigner du monde, les événements vont faire qu'elle va au contraire attirer vers elle, une foule de personnes.
Par sa fenestrelle, seule ouverture sur le monde, elle va devenir un personnage très important.
Mon avis :
Véritable conte pour adulte, Carole Martinez a vraiment le talent de nous transporter bien loin de notre petit confort habituel. Roman original, il tient grâce à une qualité d'écriture exceptionnelle et une histoire envoûtante.
Lien : http://www.livr-esse.com/article-du-domaine-des-murmures-92178831.html
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Par Chris9, le 19/10/2011
Le coeur cousu
de
Carole Martinez
Ce livre est une perle.
Poussé par ma femme, je l'ai commencé sans enthousiasme, je l'avoue. Je m'attendais à un livre pour lectrice avant tout.
Mea culpa.
Curieux roman que celui-ci qui oscille sans cesse entre rêve et réalité, entre fantastique, magie et vie réelle. Très vite, on se laisse convaincre, emporter par l'histoire et on s'attache à ces femmes à la personnalité hors du commun. Francisca, Frasquita, Soledad... on les regarde évoluer, grandir, vieillir, aimer, souffrir sans jamais se lasser.
J'ai dévoré les deux tiers du livre en quelques heures. La dernière partie m'a semblée un peu longue. La révolution qui vient perturber l'exode de la famille, les maquisards, les traques... cela aurait pu être plus bref.
J'ai beaucoup aimé le style métaphorique de l'auteur, son sens du mot juste et beau, sa langue harmonieuse.
Je me suis donc procuré dans la foulée son dernier roman.
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Par Chouchane, le 12/01/2012
Le coeur cousu
de
Carole Martinez
A l'instar de la littérature Sud Américaine, on se trouve plongé dans un roman où le fantastique sublime une vie souvent rude et austère. L'histoire qui nous est contée est celle de Pasquita qui a reçu du monde des morts, selon un rituel précis, le don de broderie et de couture. Avec des fils aux couleurs irréelles, elle couture les plaies, confectionne des vêtements qui ôtent les défauts. En brodant et en priant, elle sauve même des vies éloignant avec son aiguille la mort omniprésente. Chacune de ses filles se verra offrir un don, chacune selon son tempérament et son caractère. Cet univers fantasmagorique - où des enfants irradient une lumière la nuit, des jeunes filles cachent des plumes sur leur dos, où l'amour donne la mort par un baiser, les coqs sont rouges - on croise des histoires bien réelles, la révolte des paysans miséreux du Sud de l'Espagne, les anarchistes torturés, la dictature... mais, le monde des esprits est plus fort que le réel. Si personne n'est vraiment sauvé à la fin du roman les lignes entre la folie et la raison, la vie et la mort sont largement brouillées, pour notre plus grand plaisir parfois.
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Par oops, le 06/01/2012
Le coeur cousu
de
Carole Martinez
La narratrice Soledad nous conte la vie de femmes espagnoles vivant dans les années 30. On fait la connaissance de Frasquita sa mère, puis ses sœurs, mais aussi son père et son unique frère. Un peu comme une légende, l’auteure nous convie au destin étrange de la famille Carasco qui a des dons très particuliers offerts par une boîte mystérieuse transmise de génération en génération. Le personnage fort de ce récit est Frasquita la mère, une couturière qui recoud les corps comme elle coud les vêtements et qui un jour fini par quitter son joueur de mari en emmenant ces cinq enfants alors que la révolution gronde. L’auteur met surtout en avant la dure condition féminine de l’époque qui n’avait rien de bien glorieux et le courage exceptionnel de ces femmes osant affronter l’indifférence masculine. Mélangeant poésie et fantastique le récit est à la fois fascinant et déroutant pour qui n’ouvre pas son imaginaire. Les portraits décrits par l’auteur sont inhabituels tantôt obscurs tantôt merveilleux, l'amour qui uni les soeurs et le frère est particulièrement touchant. Pour ceux et celles qui aiment les récits métaphoriques et magiques…
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