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Par Aifelle, le 20/05/2013
L'île des beaux lendemains de
Caroline Vermalle
"Jacqueline tenta de se reprendre, d'identifier ce qui la clouait ici et de s'en débarrasser grâce à des pensées plus gaies. Mais elle rencontra ce qui se passait en elle, et ce fut le choc. Quand, au moment de souffler ses bougies, elle avait perdu le temps d'un battement de cils la mesure de sa vie, elle avait réalisé dans un éclair de conscience fulgurant qu'elle s'était trompée d'existence".
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L'île des beaux lendemains de
Caroline Vermalle
- Jacqueline, elle veut te parler dans la cuisine, murmura-t-il.
- Oui, je sais, mais moi j'ai pas envie. Là, fit Arminda en baissant la voix comme lui.
- Oui, mais je crois qu'elle veut te dire pardon. Et tu m'as dit qu'il faut toujours écouter les gens quand ils veulent dire pardon.
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L'île des beaux lendemains de
Caroline Vermalle
« On se dit qu’on a du temps, et qu’on fera tout ça plus tard, quand il y aura les bonnes conditions et tout. Mais les bonnes conditions, elles arrivent jamais. »
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L'île des beaux lendemains de
Caroline Vermalle
Les hommes prétendent qu'un battement d'ailes de papillon suffit à provoquer séismes et tempêtes. Les insectes n'ont pas le goût des révolutions, mais certains d'entre eux sont poètes. C'est l'apanage de ceux qui savent que la vie est courte.
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Par spleen, le 27/03/2013
L'île des beaux lendemains de
Caroline Vermalle
Chaque pas chassait l'inessentiel, le pressé, l'anxieux, l'insatisfait.Le temps semblait déserter les jours. Non pas qu'il rajeunissait; mais c'était l'idée de l'âge qui prenait un coup de jeune. Car finalement, l'âge ne comptait plus.Les paysages, la vie, tout ça : il ne les voyait plus défiler, il était dedans .Et ma foi, il y était plutôt bien.
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L'île des beaux lendemains de
Caroline Vermalle
Ce que Jacqueline ignorait, c'était que le regard méfiant des vieilles dames, Arminda en avait fait son affaire. A trente-cinq ans, elle avait presque dix-sept ans d'expérience en tant qu'aide ménagère aux personnes âgées, sans compter son enfance d'immigrée : les regards méfiants, elle était tombée dedans quand elle était toute petite. A ce jeu-là, ce ne serait pas la cousine maigrichonne qui gagnerait.
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L'île des beaux lendemains de
Caroline Vermalle
« À cette heure de la soirée, Jacqueline ressemblait encore à toutes ces épouses bourgeoises que le confort d’un mariage sans amour a transformées en papillons épinglés. » (p. 16)
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Par Glesker, le 04/04/2013
L'île des beaux lendemains de
Caroline Vermalle
Si de l'autre côté de l'eau, l'île des beaux lendemains ne promettait plus au héros l'amour de sa femme, offrirait-elle un sens à son courage ?
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L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
« Je n’avais pas vu le temps passer. » (p. 212)
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Par kathel, le 08/04/2010
L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
Adèle n’en était pas à sa première scène de meurtre. Ça l’ennuyait beaucoup, alors elle rêvassait en attendant que ça se passe. Juste avant que son téléphone ne vibre, elle était en train de se dire que la jeune femme qui pleurait dans la chambre lui ressemblait un peu. Même âge, même cheveux longs, bruns, épais, même taille fine. Mais la fille dans la chambre, sans être forcément plus jolie, était mieux habillée, mieux apprêtée, ses mains étaient douces et elle avait l’habitude d’être le point de mire. Adèle, en comparaison, malgré les traits harmonieux de son visage, faisait davantage garçon manqué. En outre elle n’était pas riche, et on ne faisait jamais très attention à elle. Même le jour de son anniversaire. Elle trouvait en revanche que le mort n’avait pas la classe d’Irving Ferns. Irving Ferns. Son coeur se serra à sa pensée.
Adèle bouillait d’impatience – qui lui avait envoyé ce texto ? Le jeune avocat rencontré lors d’une fête un mois plus tôt ? Mais comment aurait-il pu deviner que c’était son anniversaire ? Elle regarda autour d’elle. Il y avait du monde dans le couloir encombré, une trentaine de personnes peut-être, qui ne bougeaient pas, de peur de faire craquer le parquet ; quelques-uns se grattaient le nez, d’autres se rongeaient un ongle. On communiquait en mimant, car même les chuchotements étaient inappropriés. Mais personne ne semblait regarder Adèle. Elle vérifia encore une fois que les dictateurs du silence n’étaient pas dans le couloir – non, ils étaient occupés avec le mort –, sortit son portable et ouvrit le texto qu’on venait de lui envoyer.
Elle dut l’approcher de ses yeux pour être sûre qu’elle lisait correctement. Elle ne put s’empêcher de pousser un petit cri étouffé et lâcha l’appareil, qui alla s’écraser sur le parquet de la vieille maison avec un bruit assourdissant. Tout le monde sursauta et se tourna vers Adèle. Immédiatement, on entendit une voix en colère venir de la chambre.
« COUPEZ ! COUPEZ ! Mais qu’est-ce qui se passe là-dedans, nom de Dieu ? » Et le premier assistant-réalisateur fit irruption dans le couloir. Adèle bredouilla : « Je suis vraiment désolée, John, je… »
Toute l’équipe de tournage se tourna vers Adèle, acteurs compris, puis on passa à autre chose. Ça arrivait souvent, et c’était une occasion pour tout le monde de se délasser deux minutes.
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