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Par kathel, le 08/04/2010
L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
Adèle n’en était pas à sa première scène de meurtre. Ça l’ennuyait beaucoup, alors elle rêvassait en attendant que ça se passe. Juste avant que son téléphone ne vibre, elle était en train de se dire que la jeune femme qui pleurait dans la chambre lui ressemblait un peu. Même âge, même cheveux longs, bruns, épais, même taille fine. Mais la fille dans la chambre, sans être forcément plus jolie, était mieux habillée, mieux apprêtée, ses mains étaient douces et elle avait l’habitude d’être le point de mire. Adèle, en comparaison, malgré les traits harmonieux de son visage, faisait davantage garçon manqué. En outre elle n’était pas riche, et on ne faisait jamais très attention à elle. Même le jour de son anniversaire. Elle trouvait en revanche que le mort n’avait pas la classe d’Irving Ferns. Irving Ferns. Son coeur se serra à sa pensée.
Adèle bouillait d’impatience – qui lui avait envoyé ce texto ? Le jeune avocat rencontré lors d’une fête un mois plus tôt ? Mais comment aurait-il pu deviner que c’était son anniversaire ? Elle regarda autour d’elle. Il y avait du monde dans le couloir encombré, une trentaine de personnes peut-être, qui ne bougeaient pas, de peur de faire craquer le parquet ; quelques-uns se grattaient le nez, d’autres se rongeaient un ongle. On communiquait en mimant, car même les chuchotements étaient inappropriés. Mais personne ne semblait regarder Adèle. Elle vérifia encore une fois que les dictateurs du silence n’étaient pas dans le couloir – non, ils étaient occupés avec le mort –, sortit son portable et ouvrit le texto qu’on venait de lui envoyer.
Elle dut l’approcher de ses yeux pour être sûre qu’elle lisait correctement. Elle ne put s’empêcher de pousser un petit cri étouffé et lâcha l’appareil, qui alla s’écraser sur le parquet de la vieille maison avec un bruit assourdissant. Tout le monde sursauta et se tourna vers Adèle. Immédiatement, on entendit une voix en colère venir de la chambre.
« COUPEZ ! COUPEZ ! Mais qu’est-ce qui se passe là-dedans, nom de Dieu ? » Et le premier assistant-réalisateur fit irruption dans le couloir. Adèle bredouilla : « Je suis vraiment désolée, John, je… »
Toute l’équipe de tournage se tourna vers Adèle, acteurs compris, puis on passa à autre chose. Ça arrivait souvent, et c’était une occasion pour tout le monde de se délasser deux minutes.
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Par PLUMAGILE, le 25/11/2010
L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
*Quand Georges rentra ans sa chambre à l’Hôtel du Centre, elle n’était plus jaune pipi et gris béton comme la veille, elle était jaune soleil et gris souris, mais une jolie souris.
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L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
« Je n’avais pas vu le temps passer. » (p. 212)
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Par ChezLo, le 20/12/2010
L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
En plus de l’embarras causé par la chute de son téléphone, elle était toujours sous le choc. Elle n’osait pas relire le texto. Enfin elle trouva le courage de détendre ses doigts et de baisser la tête.
Bn anivRsR adL – tn granpR ki tM
(Bon anniversaire Adèle – ton grand-père qui t’aime)
Elle réussit à ne pas pleurer, mais ne put retenir le sourire qui éclaira son visage et réchauffa sa poitrine. Car ce petit texto tout bête et un peu maladroit, avec son orthographe qui se voulait jeune, était extraordinaire. Poétique même, et tellement tendre.
Et bien sûr tout à fait impossible. Il est des choses dans la vie qu’on a envie de garder pour soi. Et d’autres qu’on veut partager avec tout le monde et n’importe qui. Le texto appartenait à cette dernière catégorie. C’était comme ça, il fallait que l’histoire sorte, et Adèle était émue et impatiente.
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Par PLUMAGILE, le 25/11/2010
L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
*Oh le temps, il est passé ma belle. Les vieux, ils le voient bien, ce temps qui passe, qui emporte les amis, éloigne les petits-enfants, et fait des tours avec les souvenirs. Et les jeunes, eux, ils ne savent rien du temps, invincibles, pressés et injoignables.
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Par PLUMAGILE, le 25/11/2010
L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
*C’est dans sa maison qu’Adèle lui rendait un honneur qu’il aurait apprécié plus que toutes les médailles : une place au soleil dans le panthéon de son enfance heureuse.
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L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
Tout revenait en vrac, d'un coup, tout la submergeait ...
Le pot où sa grand-mère cachait les guimauves ...
Tous les petits objets de la maison devenaient précieux, elle aurait voulu les garder, comme des fleurs rares dans un herbier ou des papillons qu'on épingle. Pourrait-elle épingler l'odeur du placard où l'on gardait les jeux de société ? ...
Les verres Duralex, c'était les bouquets de primevères qu'on rapportait à mamie du pré voisin.
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L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
« C’était la dernière chance de quitter la scène avec un grand coup de chapeau. Il n’avait même pas besoin d’être grand, le coup de chapeau. Juste digne. Et le bonhomme, juste debout. » (p. 36)
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L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
« Georges utilise son portable pour faire croire à tout le monde qui est pépère à Chanteloup alors qu’il fait le Tour de France. » (p. 58)
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Par PLUMAGILE, le 25/11/2010
L'avant-dernière chance de
Caroline Vermalle
* Il y a des moments dans la vie où on a juste envie de se servir d’un grand bol de n’importe quoi.