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Par brigetoun, le 04/04/2010
résonnent les voix des hommes de
Cathie Barreau
Elle glissa un mot d’encouragement, amical et distant à la fois, sans s’impliquer, sans avoir l’air de dire : on pense à vous mais si vous pouviez adopter un autre comportement, ce serait mieux. Non, elle ne disait rien de cela, elle écrivait trois mots à un homme enfermé sans compassion simplement pour lui dire qu’il était vivant et qu’elle le savait.
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Par brigetoun, le 04/04/2010
résonnent les voix des hommes de
Cathie Barreau
La première fois ils furent figés, immobiles, gênés, les yeux baissés, le dos courbé au point qu’elles se dirent qu’ils étaient vieux et malades. Les visages cireux, jaunes, le regard apeuré ou méfiant, les hommes virent les deux femmes, leurs silhouettes élégantes, la charge des cartables, la blondeur d’Irène et les grands yeux amande de Clara, leurs vies dans les premières rides, les yeux cernés.
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Par brigetoun, le 04/04/2010
résonnent les voix des hommes de
Cathie Barreau
Gouttelettes sauvages, enfances en sourires, nostalgies ensommeillées, la tendresse comme un jazz inattendu accordait le temps de l'enfermement et de la mort à un infime espoir. Quelques secondes suffisaient aux mots et au sourire. Ne pas s'étendre, s'amollir dans le désir. Ici tout prenait des proportions inhabituelles. Tout ici balançait entre le gouffre et l'essentiel.
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Par brigetoun, le 04/04/2010
résonnent les voix des hommes de
Cathie Barreau
Elles leur disent : il n’y a rien d’évident à ce que l’on soit là toutes les semaines, il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Pour l’instant, le travail fait est reconnu et compris par ceux qui ont le pouvoir de décider, mais cela peut changer. Alors, on se tient à carreau.
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Par brigetoun, le 07/03/2012
Refuge sacré de
Cathie Barreau
La joie, ça colle à la peau. C’est inconvenant, inopportun, malséant, décalé, has been, ridicule. La joie ce n’est pas dans l’air du temps. C’est quelque chose que l’on traine avec soi, que l’on cache mais qui peut changer l’ordre établi.
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Par brigetoun, le 07/03/2012
Refuge sacré de
Cathie Barreau
Depuis bientôt vingt ans que j’anime des ateliers d’écriture, j’ai expérimenté de nombreuses entrées ; de l’OuLiPo aux promenades sensibles, de jeux jusqu’aux travaux à partir d’un auteur, j’ai traversé des heures de construction et d’observation. Il ne me reste en main qu’une seule évidence : la qualité du silence au moment où chacun est dans son propre travail. C’est un silence peuplé, un silence où se réunissent les éléments épars de chaque vie, un silence ensemble, un silence qui permet de sourire quand le temps de l’écriture s’achève.
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Par brigetoun, le 07/03/2012
Refuge sacré de
Cathie Barreau
Le secret de vivre est celui-ci : dans le Revenir, savoir que tout a changé, les êtres et les arbres, reconnaître que le mouvement des cœurs et des saisons empêche l’idée que nous avions d’une personne ou d’un parc de se décalquer à nouveau. Le temps a passé, il s’agit d’une nouvelle rencontre, rien n’est établi, seulement l’accueil, l’amitié, la fraternité, parfois l’amour quoiqu’il en soit ; ou alors la méfiance, la douleur, le désengagement.
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Par brigetoun, le 04/04/2010
résonnent les voix des hommes de
Cathie Barreau
Ils allaient découvrir qu’écrire c’est difficile mais ce peut être une jubilation, qu’aller à l’extrémité de la vie c’est « très » difficile, que travailler sur un texte c’est long et que se contenter de l’à peu près c’est impossible là où l’on est, enfermé dans une cellule. Ils allaient ensemble vérifier qu’écrire n’est pas jouer même si le rire l’emporte parfois, parce que rire d’un souvenir d’enfant c’est une retrouvaille.
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Par brigetoun, le 07/03/2012
Refuge sacré de
Cathie Barreau
Comme dans le pavillon Béarn, les enfants éprouvent un vrai plaisir à lire à voix haute. Je ne sais pas où cela se tient en nous. C’est une combinaison de son, d’oralité, de sensualité, de musique, de captation du sens, des symboliques poétiques et des images multiples qui arrivent au fur et à mesure que le poème avance. Et la folie y va directement. Je le sens.
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Par brigetoun, le 04/04/2010
résonnent les voix des hommes de
Cathie Barreau
Elles ne se méfièrent pas. Depuis un an elles n’avaient reçu que signes d’amical respect. Les gardiens s’étaient bien habitués à elles. Elles étaient en famille. Mais les hommes du dehors parvinrent dans la prison. Gros-bras dominant les plus inexpérimentés, entre vols et viols, ils considéraient l’enfermement comme un épisode dans une vie brûlée.