Par Munin, le 06/09/2011
Wastburg de
Cédric Ferrand
C'est dans les contreforts du massif des Malbroges que tout commence. L'eau qui ruisselle en rigole forme un ru puis enfle jusqu'à prétendre au titre de ruisseau. Quand il se jette sans peur du haut d'une cascade pour aller s'écraser sur les rochers en contrebas, le ruisseau se change en torrent. Mais un jour, il se lasse de jouer à rouler sur les pierres et à faire de l'écume. Il entre de plain-pied dans la vie adulte en acceptant le fait qu'il est devenu une rivière. Paresseuse, celle-ci ne serpente pas tant qu'elle se laisse aller à couler le plus lentement possible, comme si elle retardait au maximum le moment de se jeter dans la mer. Elle gonfle et étale sa nonchalance en s'insinuant entre les pleins et les déliés du paysage. Quand elle s'est suffisamment gorgée de vanité, elle accepte avec un brin de dédain la fonction de fleuve. Sans se lasser, celui-ci continue son pèlerinage en direction du sud, d'une foulée régulière, comme si l'appel de la mer se faisait de plus en plus irrésistible.
Ce fleuve, les loritains le nomment la Fuile.
> lire la suite
Par kedrik, le 10/09/2011
Wastburg de
Cédric Ferrand
La bouscotte était une tradition wastburgienne, une cité où rien ne se perd : tous les tenanciers de troquet avaient une bouteille à part, dans laquelle ils versaient tous les fonds de verre non bus par les clients. Une mixture dégueulasse mais qui en arrachait, et pour pas cher. Certains collaient une étiquette dessus, d’autres mettaient au défi les voyageurs d’en boire un coup : à chacun sa manière de vendre le produit. Si le patron n’était pas con, il avait plusieurs boutanches à bouscotte, une par type d’alcool, pour ne pas trop mélanger les genres. Une pour le pinard, une pour les gnôles, une pour les liqueurs, une pour les bières... Séparer les liquides ne rendait pas la bouscotte meilleure au goût, ça non, mais ça retardait le moment où le client devenait malade. Un adage local disait même « Vin sur bière, je digère. Bière sur vin, je vomis bien. » Certaines buvettes devaient leur renommée à la qualité (toute relative) de leur bouscotte. Leurs bistrotiers avaient le tour de main pour faire des mélanges honorables. Ça tenait parfois à un ingrédient secret, qui faisait qu’une bouscotte était savourée ou évitée.
> lire la suite