Par pauline_l, le 12/08/2011
Le monde à ma fenêtre de
Cesarina Vighy
Si j'ai évoqué ces voyages, organisés maintenant pour de vieilles retraitées auxquelles on en profite pour vendre des casseroles, ce n'est pas seulement par nostalgie, un sentiment que j'ai évidemment en commun avec ces vieilles retraitées, mais en raison de la sensation étouffante qu'aujourd'hui le monde rétrécit, les voyages compris, jusqu'à vous broyer. Non, ce n'est pas la plainte de quelqu'un qui trouve beau tout ce qui évoque sa jeunesse, un âge qui fait beaucoup souffrir, mais c'est un fait concret, que constatera quiconque se donne la peine d'y réfléchir un peu : des dix mille noms utilisés il y a une quarantaine d'années, on est passés à trois mille, de l'infinie variété des pommes il n'y a guère que les rainettes, les goldens et quelques autres qui tirent leur épingle du jeu. Et où trouvera-t-on un morceau d'étoffe ou un bouton vieux rose, bleu paon, turquoise, bleu poudre ou vert Nil ? Qui reconnaît encore, bien précises, avec les yeux de l'esprit, ces nuances fragiles ?
SOS : sauvez nos âmes !
> lire la suite