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Citations de Charles Baudelaire (165)


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  • Par blablaterre, le 04/10/2010

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.

    A peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d'eux.

    Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
    Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
    L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
    L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

    Le Poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

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  • Par grisette, le 09/06/2010

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    Que c’est un dur métier que d’être belle femme.

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  • Par Orphea, le 15/05/2009

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    Parfum exotique

    Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
    Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
    Je vois se dérouler des rivages heureux
    Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;

    Une île paresseuse où la nature donne
    Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
    Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
    Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne.

    Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
    Je vois un port rempli de voiles et de mâts
    Encor tout fatigués par la vague marine,

    Pendant que le parfum des verts tamariniers,
    Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
    Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

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  • Par grisette, le 11/06/2010

    Le Spleen de Paris : Petits poèmes en prose de Charles Baudelaire

    Il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère.

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  • Par Orphea, le 15/05/2009

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    Une charogne

    Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
    Ce beau matin d'été si doux :
    Au détour d'un sentier une charogne infâme
    Sur un lit semé de cailloux,

    Le ventre en l'air, comme une femme lubrique,
    Brûlante et suant les poisons,
    Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
    Son ventre plein d'exhalaisons.

    Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
    Comme afin de la cuire à point,
    Et de rendre au centuple à la grande Nature
    Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

    Et le ciel regardait la carcasse superbe
    Comme une fleur s'épanouir.
    La puanteur était si forte, que sur l'herbe
    Vous crûtes vous évanouir.

    Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
    D'où sortaient de noirs bataillons
    De larves, qui coulaient comme un épais liquide
    Le long de ces vivants haillons.

    Tout cela descendait, montait comme une vague
    Ou s'élançait en pétillant ;
    On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
    Vivait en se multipliant.

    Et ce monde rendait une étrange musique,
    Comme l'eau courante et le vent,
    Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
    Agite et tourne dans son van.

    Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
    Une ébauche lente à venir,
    Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
    Seulement par le souvenir.

    Derrière les rochers une chienne inquiète
    Nous regardait d'un œil fâché,
    Épiant le moment de reprendre au squelette
    Le morceau qu'elle avait lâché.

    – Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
    A cette horrible infection,
    Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
    Vous, mon ange et ma passion !

    Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
    Après les derniers sacrements,
    Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
    Moisir parmi les ossements.

    Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
    Qui vous mangera de baisers,
    Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
    De mes amours décomposés !

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  • Par Malaura, le 16/12/2011

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis
    Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits,
    Il arrive souvent que sa voix affaiblie
    Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie
    Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts,
    Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts.

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  • Par Orphea, le 15/05/2009

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    L'Albatros

    Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.

    A peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d'eux.

    Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
    Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
    L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
    L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

    Le Poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

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  • Par Yantchik, le 09/03/2011

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    - Ô douleur ! ô douleur ! Le temps mange la vie,
    Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
    Du sang que nous perdons croît et se fortifie !

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  • Par Orphea, le 15/05/2009

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    L'invitation au voyage

    Mon enfant, ma sœur,
    Songe à la douceur,
    D'aller là-bas, vivre ensemble!
    Aimer à loisir,
    Aimer et mourir,
    Au pays qui te ressemble!
    Les soleils mouillés,
    De ces ciels brouillés,
    Pour mon esprit ont les charmes,
    Si mystérieux,
    De tes traîtres yeux,
    Brillant à travers leurs larmes.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Des meubles luisants,
    Polis par les ans,
    Décoreraient notre chambre;
    Les plus rares fleurs
    Mêlant leurs odeurs
    Aux vagues senteurs de l'ambre,
    Les riches plafonds,
    Les miroirs profonds,
    La splendeur orientale,
    Tout y parlerait
    A l'âme en secret
    Sa douce langue natale.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux
    Dont l'humeur est vagabonde;
    C'est pour assouvir
    Ton moindre désir
    Qu'ils viennent du bout du monde.
    Les soleils couchants
    Revêtent les champs
    Les canaux, la ville entière
    D'hyacinthe et d'or;
    Le monde s'endort
    Dans une chaude lumière

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté

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  • Par Orphea, le 15/05/2009

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    Correspondances

    La Nature est un temple où de vivants piliers
    Laissent parfois sortir de confuses paroles;
    L'homme y passe à travers des forêts de symboles
    Qui l'observent avec des regards familiers.

    Comme de longs échos qui de loin se confondent
    Dans une ténébreuse et profonde unité,
    Vaste comme la nuit et comme la clarté,
    Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

    Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
    Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
    - Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

    Ayant l'expansion des choses infinies,
    Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
    Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

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  • Par mandarine43, le 12/01/2012

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    L'homme vindicatif que tu n'as pu, vivante,
    Malgré tant d'amour, assouvir,
    Combla-t-il sur ta chair inerte et complaisante
    L'immensité de ton désir ?

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  • Par Urzy, le 10/09/2010

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
    De tes yeux, de tes yeux verts,
    Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
    Mes songes viennent en foule
    Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

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  • Par mandarine43, le 21/12/2011

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    LV - Causerie

    Vous êtes un beau ciel d'automne, clair et rose !
    Mais la tristesse en moi monte comme la mer,
    Et laisse, en refluant, sur ma lèvre morose
    Le souvenir cuisant de son limon amer.

    - Ta main se glisse en vain sur mon sein qui se pâme ;
    Ce qu'elle cherche, amie, est un lieu saccagé
    Par la griffe et la dent féroce de la femme.
    Ne cherchez plus mon cœur ; les bêtes l'ont mangé.

    Mon cœur est un palais flétri par la cohue ;
    On s'y soûle, on s'y tue, on s'y prend aux cheveux !
    - Un parfum nage autour de votre gorge nue !...

    Ô Beauté, dur fléau des âmes, tu le veux !
    Avec tes yeux de feu, brillants comme des fêtes,
    Calcine ces lambeaux qu'ont épargnés les bêtes !

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  • Par hema6, le 11/02/2011

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    Sois sage ô ma douleur
    Et tiens toi plus tranquille

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  • Par grisette, le 09/06/2010

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    Il y a dans l’acte d’amour une grande ressemblance avec la torture ou avec une opération chirurgicale.

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  • Par dede, le 31/05/2010

    Charles Baudelaire Charles Baudelaire

    Un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables.

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  • Par Irisa, le 22/06/2009

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    L'Horloge

    Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
    Dont le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi !
    Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
    Se planteront bientôt comme dans une cible ;

    "Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
    Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
    Chaque instant te dévore un morceau du délice
    A chaque homme accordé pour toute sa saison.

    "Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
    Chuchote : Souviens-toi ! -Rapide, avec sa voix
    D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
    Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

    "Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
    (Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
    Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
    Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

    "Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
    Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
    Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !
    lLe gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

    "Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
    Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
    Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
    Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! "

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  • Par Orphea, le 15/05/2009

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    Le Mort joyeux

    Dans une terre grasse et pleine d'escargots
    Je veux creuser moi-même une fosse profonde,
    Où je puisse à loisir étaler mes vieux os
    Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde.

    Je hais les testaments et je hais les tombeaux;
    Plutôt que d'implorer une larme du monde,
    Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux
    A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.

    O vers! noirs compagnons sans oreille et sans yeux,
    Voyez venir à vous un mort libre et joyeux;
    Philosophes viveurs, fils de la pourriture,

    A travers ma ruine allez donc sans remords,
    Et dites-moi s'il est encor quelque torture
    Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts!

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  • Par Orphea, le 15/05/2009

    Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire

    Réversibilité

    Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse,
    La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
    Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
    Qui compriment le cœur comme un papier qu'on froisse ?
    Ange plein de gaieté, connaissez-vous l'angoisse ?

    Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
    Les poings crispés dans l'ombre et les larmes de fiel,
    Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
    Et de nos facultés se fait le capitaine ?
    Ange plein de bonté connaissez-vous la haine ?

    Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,
    Qui, le long des grands murs de l'hospice blafard,
    Comme des exilés, s'en vont d'un pied traînard,
    Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres ?
    Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres ?

    Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
    Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
    De lire la secrète horreur du dévouement
    Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avides !
    Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides ?

    Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
    David mourant aurait demandé la santé
    Aux émanations de ton corps enchanté ;
    Mais de toi je n'implore, ange, que tes prières,
    Ange plein de bonheur, de joie et de lumières !

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  • Par Messager, le 18/08/2011

    Ecrits sur l'art t. 1 de Charles Baudelaire

    Le beau est toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu’il soit volontairement, froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des rails de la vie. Je dis qu’il contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie naïve, non voulue, inconsciente, et que c’est cette bizarrerie qui le fait particulièrement Beau.

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