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Perdido Street Station, Tome 1 : de
China Miéville
Je vais suivre les voies de chemin de fer. Je hanterai l’ombre des trains tandis qu’ils passeront au-dessus des maisons, des tours, des casernes, des bureaux, des geôles de la ville ; je marcherai dans leur sillage sur ces arches qui les arriment à la terre. Je dois trouver le moyen d’entrer.
Ma cape, un drap lourd, insolite et cuisant sur ma peau, me ralentit, et ma besace me pèse. Ce sont elles qui me protègent ici, elles et l’illusion que j’ai chérie, fondement de ma peine et de mon infamie, du supplice qui m’a mené ici – dans ce kyste qui n’a de ville que le nom, cette cité poussiéreuse toute d’os et de brique, cette conspiration d’industrie et de violence trempées dans l’Histoire et les arcanes du pouvoir, cette contrée funeste dont j’ignore tout :
Nouvelle-Crobuzon.
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Par TwiTwi, le 09/05/2009
Perdido Street Station, Tome 1 : de
China Miéville
La chaleur printanière s'y trouvait magnifiée comme par l'énergie de la géhenne. Derkhan s'était mise à transpirer. Elle s'avança au milieu des carcasses qui se balançaient et les trainées de sang coagulé. Au fond de la pièce, en hauteur, disparaissant dans les boyaux plus sombres de ce charnier, une courroie charriait de lourds crochets de boucherie en un circuit implacable.
Les lueurs reflétées des lames elles-mêmes semblaient filtrées par cette ténèbre rougeoyante. Devant la pestilence rance, épaisse, du sang et de la viande chaude, Derkhan se masqua le nez et la bouche d'un cataplasme pour échapper à la nausée.
A l'autre bout de la pièce, trois hommes étaient rassemblés sous l'arche ouverte que l'on distinguait de la rue. Dans ce lieu sombre et puant, l'air et la lumière du Palus-au-Chien qui se déversaient d'en haut faisaient l'effet de Javel.
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Par gabzeta, le 22/02/2010
Perdido street station : Tome 2 de
China Miéville
Ils étaient trois. Des aventuriers à l'évidence : de ces gentilshommes de fortune qui parcouraient le ragamoll, le Cymek, le Fellid, et sans doute tout le Bas-Lag. Hardis et dangereux, sans foi ni loi, ils ne s'embarrassaient d'aucune allégeance ni d'aucune moralité, vivant d'expédients, volant et tuant, se louant à tout ce qui se présentait. Ils étaient inspirés par des vertus douteuses.
Quelques uns rendaient des services utiles : recherches, cartographie, ce genre de choses. La plupart n'étaient que des pilleurs de tombes. Des vauriens qui connaîtraient une mort violente, et qui tenaient au cachet que leur procuraient, auprès des personnes impressionnables, leur indéniable bravoure et leurs exploits parfois étonnants.
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Par TwiTwi, le 12/05/2009
Perdido Street Station, Tome 1 : de
China Miéville
Pour entrer dans Chiure, Isaac et Lin durent emprunter des ponts branlants, simples planches jetées sur des fossés de deux mètres qui séparait la favela du parc de la Colline Vaudoise. Ils marchèrent dans les pas l'un de l'autre, tendant parfois les bras pour préserver leur équilibre.
A un mètre cinquante au-dessous, la tranchée était emplie d'une soupe gélatineuse, bruyante, mêlant polluants et pluies acides. Des bulles de gaz mortel et des cadavres d'animaux gonflés en crevaient la surface. Çà et là surnageaient des boîtes de conserve rouillées et des nœuds de chair évoquant des tumeurs ou des fœtus avortés. Le liquide ondulait plus qu'il ne faisait de vagues, contenu qu'il était par une épaisse tension de surface, si huileuse et si puissante qu'elle refusait de céder : les pierres qui tombaient du pont y étaient avalées sans déclencher la moindre éclaboussure.
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Par Penelope, le 28/04/2012
The City and the City de
China Miéville
- Ils l'ont coffre?
- Tyad, écoutez-moi. Ils ne peuvent pas. C'est bien ça le problème.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Ils... Ils pensent qu'il n'est pas à Ul Qoma.
- Il a traverse? Il faut appeler la police des frontières de Beszel, alors.
- Non, écoutez. Ils n’arrivent pas à déterminer où il est.
- Hein? Hein? Qu'est-ce que c'est que cette connerie?
- Il se contente de... Il s'est juste planté devant l'entrée au vu et au su de tous, quand ils se sont avancés vers lui, il s'est mi à marcher... Mais à sa façon de se déplacer... aux vêtements qu'il porte... Ils ne réussissent pas à se rendre compte s'il est à Beszel ou à Ul Qoma.
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Par Spilett, le 29/01/2012
The City and the City de
China Miéville
— Ça doit faire un effet bizarre, non ? m’a-t-il demandé.
Le fait est. J’ai regardé ce qu’il me montrait. Tout en évisant, bien sûr (mais comment ne pas les percevoir), tous les lieux familiers que je traversais brutopiquement : ces rues que je parcourais à intervalles réguliers, à présent situées à toute une ville de distance ; tel ou tel café que je fréquentais et que nous longions maintenant, mais dans un autre pays. Je les maintenais en toile de fond, désormais, à peine plus présents que ne l’était Ul Qoma quand je me trouvais chez moi.
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Par TwiTwi, le 11/05/2009
Perdido Street Station, Tome 1 : de
China Miéville
L'artefact qui avait balayé pendant plusieurs années le plancher de David et Lublamai avait fini par rendre l'âme apparemment. Il chuintait et décrivait des cercles, au moment de nettoyer, faisant désormais des fixations sur des secteurs arbitraires du sol, qu'il polissait comme autant de bijoux. Certains matins, il mettait près d'une heure à chauffer. Il s'engluait peu à peu dans des boucles logicielles qui le faisaient répéter à l'infini des comportements infimes.
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Par TwiTwi, le 07/10/2011
Lombres de
China Miéville
Dans mon Lombres, on brûlera les livres sitôt sortis des presses... que je goûte à l'encre fraîche. Vous mettrez le feu aux bibliothèques. Et au rayonnage du Puits Lettré. Puis l'incendie s'étendra aux bibliothèques du monde entier. Moi, j'attendrai patiemment, au-dessus de ce gigantesque brasier, que les fumées parviennent à mes narines. Alors plus rien ne me sera inconnu.
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Par steppe, le 04/11/2010
Les Scarifiés de
China Miéville
Dans sa main, il y a la statuette, son filigrane de nageoire replié comme des couches de millefeuille, sa bouche ronde, dentifère, de rémora faisant la moue, et la langue de l'homme est encore froide là où il l'a embrassée. Il est beaucoup plus rapide à présent, il a beaucoup moins de mal à accepter le langotage frétillant de la pierre froide, et il sait diriger avec beaucoup plus d'adresse les énergies que libère leur union dénuée de passion.
Il se tient perpendiculaire à la nuit en un endroit que lui montre la statuette et où son baiser permet de se tenir, un lieu ou une sorte de lieu où les rayons de lumière s'entrecroisent et où lui-même n'est pas visible : les portes, les murs, les fenêtres ne le voient pas tant qu'il est l'amant de cette effigie qui pue l'iode.
L'embrasser n'est jamais plaisant. Mais le pouvoir que ce geste lui confère, qui le pénètre avec la salive de la chose de pierre, est une merveille.
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Par TwiTwi, le 07/10/2011
Lombres de
China Miéville
Rien de comparable à ma très haute couture. Qui rime si bien avec littérature. Si tu veux, je te confectionne un gilet avec ton roman préféré ; une écharpe de poèmes ; une jupe épique ; des chaussettes historiographiques ; et des dessous en pages bibliques. Pour que tu te cultives en t'habillant.