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Par MissAlfie, le 14/10/2010
Le troisième jour de
Chochana Boukhobza
Les mots en arabe ont sur moi un pouvoir mystérieux, une portée plus forte que l'hébreu, le français ou l'anglais. Ils sont la griffe de l''exil, du temps avant le temps de ma vie.
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Par MissAlfie, le 14/10/2010
Le troisième jour de
Chochana Boukhobza
J'ai senti la peau douce de Jérusalem apparaître derrière les pierres blanches, puissantes et râpeuses des murailles. Une peau douce derrière l'os de la ville. Des centaines d'hommes sont morts pour ce sanctuaire. Des milliers de jeunes gens de vingt ans y ont été blessés. Mais rien n'a changé dans la cité. Incroyable paradoxe, territoire paradoxe d'une civilisation qui s'interdit de déplacer une pierre de la ville, mais qui accepte qu'on meure pour elle.
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Par lululifat, le 02/12/2010
Le troisième jour de
Chochana Boukhobza
Le bonheur n'efface pas le désespoir. Il s'écrit dessus.
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Par MissAlfie, le 14/10/2010
Le troisième jour de
Chochana Boukhobza
Notre groupe est uni par l'enfance, le jeu et les balades dans le pays, mais hétérogène politiquement : Elena et Michaël militent à La Paix Maintenant, Gabriel et Nourit sont partisans d'un Israël fort, Tamar s'en fout. Dans dix ans sans doute, nos conviction politiques nous auront séparés. Mais pour l'instant, notre amitié survit à tout.
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Par Sando, le 08/02/2012
Le troisième jour de
Chochana Boukhobza
Et un déclic s'est produit. J'ai soudain compris que j'étais à Jérusalem, que je me présentais devant Jérusalem. Dans cette ville qui m'avait connue enfant, cette ville où j'avais perdu mes dents de lait, senti mes seins pousser et où les premiers baisers de mon amant m'ont embrasée. [...] Et la mélancolie du concerto s'est dévoilée, envoûtante, trop tardive. J'ai entendu la voix secrète du compositeur, son dernier adieu à la femme qu'il avait aimée. C'était une musique sans cadres, sans structure, une musique d'exilé qui parlait de la fragilité des êtres, de la durée trop courte du bonheur.
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Par MissAlfie, le 14/10/2010
Le troisième jour de
Chochana Boukhobza
J'avais oublié qu'en principe nous étions ennemies. Qu'il y a entre nous le manque de paix, les pneus brûlés des enfants de Gaza, les tirs de nos soldats à Hébron, à Jénine et Ramallah, les jets de caillasse des adolescents masqués sur tout ce qui porte l'uniforme de Tsahal, sur toutes les voitures, civiles ou militaires, des Israëliens. J'avais oublié. Je suis partie trop longtemps. Pour moi, cette terre, c'est seulement celle que j'appelle Eretz, Terre.
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Par simae, le 15/02/2012
Le troisième jour de
Chochana Boukhobza
J'ai compris que mes amis formaient un cercle auquel je n'appartenais plus. J'en étais sortie depuis longtemps, et je m'étais refusé à l'admettre. Ils me toléraient encore, mais la distance entre eux et moi ne cessait de se creuser. Un jour ma compagnie ne leur serait plus indispensable. Un jour, nous n'aurions plus rien à nous dire; nos modes de vie seraient totalement inconciliables.
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Par MissAlfie, le 14/10/2010
Le troisième jour de
Chochana Boukhobza
J'ai marché sur les cendres de mon père, avalé celles de mes sœurs, respiré celles de mes frères. J'ai été couverte de fumée et de cendres pendant deux ans. Si Dieu existe, pourquoi a-t-il permis ce malheur ?
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Par MissAlfie, le 14/10/2010
Le troisième jour de
Chochana Boukhobza
Elle va devant elle, de la musique plein la tête, celle qu'elle se jouait pour échapper à la souffrance, qui était sa bouée, sa balise, sa corde dans la nuit.
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Par MissAlfie, le 14/10/2010
Le troisième jour de
Chochana Boukhobza
Si Nourit m'avait interrogée cinq minutes plus tôt, j'aurai parlé comme un torrent de mes attentes, de mon studio à New York, de mes amis, de mes amants... Mais plus je regardais les remparts, les futs des cyprès, les cubes des maisons arabes dispersées comme des légos sur les collines, plus je comprenais que, d'une certaine manière, j'étais à sec.