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Le palanquin des larmes de
Chow Ching Lie
Cet objet noir et brillant, c'était tout simplement un piano à queue. Je me souviens comme je tordis le cou pour mieux voir et comme j'ouvris les yeux. Une gracieuse jeune fille parut sur la scène, salua le public en s'inclinant, et commença à jouer. Ses mains volaient sur le clavier comme des oiseaux enchantés. C'était la mélodie d'un autre monde, meilleur et plus beau que celui-ci, tantôt un ruissellement de perles, tantôt des chevaux galopants; c'était comme les vagues de la mer ou comme la pluie du ciel. Mon coeur battait à tout rompre, mon front se couvrit de sueur, réactions qui peuvent sembler excessives: ce furent les miennes pourtant. Mon être s'éveilla, je me sentis plongée dans la vérité de la vie, et je compris, ce jour-là que la musique nous mettait en contact avec notre âme.
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Par soukee, le 30/03/2010
Le palanquin des larmes de
Chow Ching Lie
Dans la tradition chinoise, la femme était tenue à trois obéissances principales : envers son père, envers son mari, envers son fils quand celui-ci avait l'âge d'homme - et quatre morales : ne pas faire de dépenses inconsidérées, être travailleuse, ne pas chercher à séduire, être toujours prête à se sacrifier pour les autres.
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Par bioki, le 09/11/2012
Le palanquin des larmes de
Chow Ching Lie
C'est ainsi qu'il faut également comprendre un autre épisode de la révolution que les circonstances m'ont permis de suivre de près: la libération des bonzes et des bonzesses. Les bonzes sont des moines qui, conformément à la règle bouddhiste, renoncent au mariage et à la consommation de la viande, du poisson et de toute créature vivante. mais tout le monde savait qu'il existait à côté des temples bouddhistes irréprochables, des établissements qui, sous le même nom, étaient des antres de corruption, de vice et de meurtres où des "bonzes" indignes de ce nom ne se contentaient pas de manger de la viande en cachette, mais violaient les femmes et n'hésitaient pas à les tuer pour cacher leur forfait. Ils élevaient, ou plutôt emprisonnaient des jeunes gens et des filles vendues comme prostituées.
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Par Orphea, le 08/04/2010
Le palanquin des larmes de
Chow Ching Lie
C'est pourquoi, à cause de la cupidité d'une partie de ma famille, j'ai été vendue, moi aussi, sous des apparences certes plus honorables, celles du mariage, et même avec un déploiement de faste comme on en vit peu dans mon pays. Comédie de grande alliance familiale qui augmenta, par sa dérision, ma tragédie personnelle : j'étais une écolière connaissant la légende de Liang et Tso qui meurent pour leur amour comme Roméo et Juliette et je me voyais condamnée à vivre sans amour. D'autres, par millions, ont connu la faim du corps alors que je n'ai manqué de rien, mais les malheurs de la Chine sont les enfants d'une même famille.
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Par Orphea, le 30/01/2009
Le palanquin des larmes de
Chow Ching Lie
Je suis née dans la Chine de la misère et des larmes. Petite fille, j'ai souffert et pleuré de bonne heure. J'étais jolie : ce n'est pas un mérite, ce fut une malédiction. Laide et difforme, je n'aurais sans doute pas été mariée de force à l'âge de treize ans. Mais mon malheur ne vint pas de ma seule beauté : il était à l'image d'un vaste pays, où il ne faisait pas bon vivre, où il n'était surtout pas bon de naître si l'on avait l'infortune d'être une fille.
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Par Orphea, le 30/01/2009
Le palanquin des larmes de
Chow Ching Lie
Qu'est-ce qui est le plus cruel, étouffer un enfant à sa naissance ou plus tard, ne pouvant la nourrir, la vendre pour qu'elle devînt pensionnaire à Shanghaï d'une des maisons closes de la Quatrième Rue? Ce dont je parle ici ne date pas du Moyen-Age, c'était le sort de la Chinoise au milieu du XXe siècle et très exactement jusqu'à Mao Tsé-toung qui, en 1950, édicta la première loi interdisant, entres autres, le meurtre des nouveau-nés, ainsi que les mariages forcés et l'abus de pouvoir de la belle-mère, tous ces fléaux qui furent aussi douloureux que les inondations et les famines.
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Le palanquin des larmes de
Chow Ching Lie
"Palanquin de joie", disait-on chez nous. Pour moi, palanquin des larmes.
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Par soukee, le 30/03/2010
Le palanquin des larmes de
Chow Ching Lie
J'avais cinq ans et je n'oublierai jamais la minute du départ, la clarté de ce jour de printemps et ce soleil, ce soleil que depuis ce jour-là je n'aime pas.
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Par pyrouette, le 28/12/2011
Dans la main de Bouddha de
Chow Ching Lie
C’est par l’énergie que l’on rejette la souffrance.
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Par Orphea, le 08/04/2010
Le palanquin des larmes de
Chow Ching Lie
Mon frère prononça à plusieurs reprises ce nom de Mao Tsé-Toung que j'entendais pour la première fois. Il en parlait comme du sauveur de la Chine.