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Par mila0707, le 02/05/2012
SOS Titanic : Journal de Julia Facchini 1912 de
Christine Féret-Fleury
J'ai le droit de rêver. Même l'impossible. Après tout, ceux qui les premiers ont abordé les côtes de l'Amérique partaient, eux aussi, à la poursuite d'un rêve fou. Sans les fantaisistes, les rêveurs, les idéalistes (un mot nouveau, que je viens d'apprendre et qui me plaît beaucoup), rien de grand ne se ferait en ce monde. Absolument rien. Il faut y croire !
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Par Jumax, le 06/12/2011
Sous la vague avec Hokusai de
Christine Féret-Fleury
"Voici la vague. Elle s'incline pour regarder les marins qu'elle va noyer, rouler dans son estomac d'algues noires, et les dévorer; c'est un tigre.
[...]
Voici la montagne, continue-t-il. Son front est couronné de nuages. Aux humains qui s'agitent à ses pieds, elle n'accorde pas un regard. Le ciel est son domaine. C'est un vieux sage qui fume sa pipe."
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Par mila0707, le 06/05/2012
SOS Titanic : Journal de Julia Facchini 1912 de
Christine Féret-Fleury
Rageusement, j'ai essuyé mes joues mouillées.
- Ce n'est pas normal qu'on ait sauvé d'abord les passagers de première classe. Ce n'est pas normal que la mort des pauvres, des Italiens, des Slaves, des Juifs ait moins d'importance que la mort d'un membre de votre classe privilégiée, Jack. Et ce n'est pas normal que certains se croient destinés à dominer le monde, uniquement parce qu'ils ont les yeux bleus et les cheveux blonds.
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Par mila0707, le 01/05/2012
SOS Titanic : Journal de Julia Facchini 1912 de
Christine Féret-Fleury
Au moral, eh bien, sache-le tout de suite, cher journal : je collectionne tous les défauts de la terre. Je suis désordonnée, trop curieuse, étourdie, maladroite, peu soigneuse, rêveuse, insolente, irritable, susceptible... et j'en oublie ! Je ne parlerai pas de mes qualités. Mes camarades d'école disaient de moi que j'étais "un chic type". Je ne sais pas très bien ce qu'elles entendaient par là, mais les compliments sont si rares que j'ai empoché celui-là avec reconnaissance.
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Par mila0707, le 04/05/2012
SOS Titanic : Journal de Julia Facchini 1912 de
Christine Féret-Fleury
La brume s'était levée, et les premiers rayons du soleil éclairaient l'étendue grise sans limites, qui se teintait de vert par places, comme si un disque de jade avait glissé entre deux eaux. La houle était lente, régulière : un peu d'écume bouillonnait à la crête des vagues, puis se dissolvait avec un imperceptible soupir.
- C'est beau, ai-je murmuré, la gorge serrée.
- Ce qui est beau, surtout, c'est que ça change tout le temps. Y a pas deux mers pareilles... Moi, j'en ai vu de toutes les couleurs, je peux vous le dire. Des violettes si foncées qu'on aurait dit du vin pur, au large de la Grèce ; des vertes comme une pelouse anglaise ; des vagues qui brillaient comme de l'argent en fusion... des mers couleur de perle, d'huître, ou roses comme une joue de jeune fille...
Je l'écoutais, captivée.
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Par Jumax, le 06/12/2011
Sous la vague avec Hokusai de
Christine Féret-Fleury
"Depuis quelque temps, le peintre signe ses dessins Gakyojin Hokusai : Hokusai le fou de dessin."
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Par mila0707, le 05/05/2012
SOS Titanic : Journal de Julia Facchini 1912 de
Christine Féret-Fleury
Mais voilà : ce qui s'est passé est trop horrible. Je n'arrive pas à me le représenter, ou bien j'ai peur d'y parvenir trop bien et mon cerveau enregistre, à la place, toutes sortes de petit détails saugrenus. L'esprit humain est une chose vraiment curieuse.
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Par mila0707, le 04/05/2012
SOS Titanic : Journal de Julia Facchini 1912 de
Christine Féret-Fleury
Ils ont tous les traits tirés et les yeux fixes ; certains sanglotent, d'autres se tordent les mains ou triturent un bouton, une manche, l'ourlet d'une veste, mais la plupart sont d'un calme étrange, comme si le terrible choc qu'ils ont subi, et la longue nuit d'angoisse passée à attendre des secours, avaient absorbé toute leur énergie. Ils n'ont même pas assez de force pour laisser éclater leur désespoir. Comme des enfants dociles, ils se laissent guider vers les infirmeries de fortune.
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Par mila0707, le 01/05/2012
SOS Titanic : Journal de Julia Facchini 1912 de
Christine Féret-Fleury
Cher Luigi [son frère aîné] ! J'ai parfois l'impression qu'il ne me voit même pas, tant il est occupé par ses propres affaires. Mais il a été le seul à deviner mon désir le plus grand et le plus secret : écrire. Papa et maman pensent que j'en saurai toujours assez pour tenir les comptes de la boutique et rédiger les lettres aux fournisseurs ; c'est pourquoi j'ai dû quitter l'école il y a déjà un an.
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Par orbe, le 06/08/2012
La trace de
Christine Féret-Fleury
Tu es toujours sur la défensive. Raide, fermée, tellement bien élevée, tellement respectable ! ça doit être épuisant, à la longue. Non?