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Christoph Ransmayr

Christoph Ransmayr

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  • 6 livres
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Note moyenne : 4/5 (sur 11 notes) Christoph Ransmayr

Biographie et informations

Nationalité : Autriche
Né(e) à : Wels , le 20/03/1954

Biographie :

Né à Wels, ville d’Autriche située près de Linz, Christoph Ransmayr a grandi à Roitham, près du lac de Traunsee.

De 1972 à 1978 il étudie la philosophie et l’ethnologie à Vienne. Il travaille ensuite comme rédacteur culturel pour le journal Extrablatt de 1978 à 1982, publiant également des articles et essais dans les revues GEO, TransAtlantik et Merian.

À partir de 1982 il se consacre entièrement à la littérature. Après la publication de son roman Die letzte Welt (Le Dernier des mondes) en 1988, il voyage beaucoup en Irlande, en Asie et en Amérique du Nord et du Sud. En 1994 il s’installe en Irlande, puis retourne vivre à Vienne en 2006.

Il a obtenu le prix Bertolt Brecht en 2004.


Source : Wikipédia
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Etiquettes

roman   fiction   littérature étrangère   quête   crime   musée   expédition   métamorphoses   publius ovidius naso   josef mazzini   liam   autrichiens   commune de paris   états-unis   arctique   littérature autrichienne   autriche   littérature allemande   20ème siècle   21ème siècle  

Citations de Christoph Ransmayr

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  • Par Irisa, le 04/05/2009

    Le dernier des mondes de Christoph Ransmayr

    Sans prononcer un seul mot, d'un simple geste brusque et bref de la main, guère plus que s'il l'avait agitée pour en faire tomber une mouche domestique, Auguste avait interrompu le rapporteur, puis s'était replongé dans la contemplation du rhinocéros. Un bref mouvement de Sa main. C'était suffisant. La cour n'avait pas besoin de longues phrases ni de jugements tout faits. Dans les chancelleries, sur les tables des secrétaires et dans les fichiers des archives, on disposait maintenant d'un signe ; et ce qui manquait encore pour en faire un jugement n'était pas bien difficile à établir. Bien mauvais serviteur de Rome, celui qui n'aurait pas su interpréter un mouvement brusque de Sa main comme un signe de la plus extrême mauvaise humeur, et même de colère.
    Et de même que l'image du poète et le contenu de son oeuvre s'étaient frayé un chemin vers le haut, et s'y étaient déformés et métamorphosés, ce signe de l'empereur, le souvenir profondément gravé d'un rapide mouvement de Sa main, reparcourut dans l'autre sens le chemin des médiations et y fut soumis aux mêmes lois de la déformation. La prison, dit quelqu'un dans la salle de conférences, en tendant une main vers la carafe d'eau, trois ans au moins, à Trinita dei Monti, quatre peut-être. Le camp, chuchota quelqu'un d'autre, à Castelvedrano, avec les tailleurs de pierre, en Sicile. Erreur : ce signe n'avait sans doute pas signifié plus qu'une interdiction d'écrire pendant un an : au pis, cessation de versement des droits ; peut-être même, simplement, retrait des facilités de voyage jusqu'à l'automne. Rien qu'un avertissement. [...] un président de séance conclut donc en fin de compte, c'était peu avant la pause de midi, puis dicta à un scribe imperturbable, en présence de deux témoins, qu'après en avoir délibéré un mouvement de Sa main signifait : Pars ! Hors de ma vue. Mais hors de la vue de l'empereur, cela voulait dire au bout du monde. Et le bout du monde, c'était Tomes.
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  • Par Irisa, le 27/09/2009

    La Montagne volante de Christoph Ransmayr

    Je me souviens d'un après-midi orageux
    où nous étions montés au lac sans Tashi
    et reposions, enlacés dans le sable de la rive
    vers laquelle des rouleaux, aussi délicats
    que les vguelettes d'une pataugeoire pour enfants,
    poussaient un morceau plat de bois flotté.

    Lorsque Nemya quitta mes bras
    pour boire de l'eau dans le craux de sa main,
    je ramassai le morceau de bois et entrepris de graver
    dessus, à l'aide de mon couteau, des lettres latines
    correspondant aux sons du nom de Nemya,
    et lorsque, un peu plus tard, elle jeta ses habits
    sur un roc encore vierge de lettres
    et se baigna en criant et en riant dans l'eau glacée,
    je frappai l'eau avec cette planchette de bois flotté,
    comme faisaient les imprimeurs du bord su Mékong,
    et lançait à la baigneuse
    que son nom était à présent imprimé sur le lac.

    Car auparavant, dans mes bras, Nyema
    avait parlé des lettres, de l'écriture
    comme d'une médecine,
    d'un remède contre la mort
    qui ne pouvait certes pas guérir le mal
    mais du moins le soulager.

    D'après elle, un homme qui savait lire et écrire
    était comme une divinité et pouvait
    quitter son temps et son lieu
    s'il transformait en écriture
    les pensées, les noms et chacunes de ses paroles,
    s'il écrivait sur un morceau de bois, une pierre
    ou du papier avec la conviction
    de laisser ainsi un message qui resterait lisible
    lorsqu'il aurait lui-même depuis longtemps disparu
    ou serait prisonnier d'une autre forme de la vie.
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  • Par Irisa, le 27/09/2009

    La Montagne volante de Christoph Ransmayr

    Peut-être que ce besoin
    est effectivement insatiable
    qui nous pousse à rechercher l'inconnu,
    ce qui demeure vierge de traces et de noms
    jusque dans des territoires quadrillés par la science,
    à rechercher cette place blanche, immaculée
    dans laquelle nous pourrons inscrire
    une image de nos rêves éveillés.
    (…)
    Dans les semaines qui suivirent la mort de Liam,
    sur ma couche, sous l'une des tentes noires
    du clan de Nemya, j'ai révé
    que ce n'était pas l'appel du lointain ou la nostalgie
    d'une place inviolée, d'une tâche blanche
    sur la carte du monde
    qui nous avaient attirés à Kham
    en quête d'une montagne oubliée,
    mais que cette montagne nous avait trouvés, nous,
    ses victimes, deux silhouettes à peine visibles
    sur les parois rocheuses de Horse Island.

    Elle avait dérivée à notre rencontre, inéluctablement -
    d'abord sous l'apparence d'un fragment blanc de données
    numériques puis comme une image en expansion,
    hallucinatoire, sans cesse cachée
    par des nuages défilant à vive allure,
    harnachée pour finir de glaciers et de neiges éternelles,
    avait foncé droit sur nous, formidable, souveraine,
    déroulant au passage ses drapeaux de neige flamboyants,
    et nous avait entraînés dans son sillage
    hors de notre retraite de Horse Island
    et de notre vie,
    dans l'air raréfié et la désolation
    de ses plus hautes hauteurs,
    sous un cie sombre où des constellations
    se montraient même en plein jour.
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  • Par Irisa, le 04/05/2009

    Le dernier des mondes de Christoph Ransmayr


    Un ouragan, c'était donc une nuée d'oiseaux très haut dans la nuit, un essaim blanc qui s'approchait dans un grand bruit et soudain ne fut plus que la crête d'une vague énorme qui bondit sur le bateau. Un ouragan, ce furent les cris et les pleurs dans le noir sous le pont et la puanteur acide des vomissures. Ce chien qui devint fou dans les paquets de mer qui s'abattaient, et déchiquta les tendons d'un marin. L'écume se referma sur la blessure. Un ouragan, ce fut le voyage jusqu'à Tomes.
    Bien qu'il chercha même de jour, et en tant d'endroits du bateau de plus en plus éloignés, à s'évader de ce tourment en sombrant dans l'inconscience, ou simplement dans un rêve, Cotta ne trouva le sommeil ni dans la mer Egée, ni après, dans la mer Noire. Quel que fut le moment, dès que son état d'épuisement lui donnait cet espoir, il s'enfonçait de la cire dans les oreilles, nouait une écharpe de laine bleue sur ses yeux, se laissait retomber et comptait ses respirations. Mais la houle le soulevait, comme elle soulevait le bateau et soulevait le monde entier, loin au-dessus des bouillonnements salés de la route écumeuse, gardait tout suspendu le temps d'un battement de coeur, puis laisser retomber le monde, le bateau et l'homme épuisé dans le creux d'une vague, l'insomnie et la peur. Personne ne dormit.
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  • Par Irisa, le 27/09/2009

    La Montagne volante de Christoph Ransmayr

    J'avais franchi plus de la moitié de la langue de glace,
    et les mâchoires d'acier à douze dents
    qui crissaient sous chacune de mes chaussures à coque
    me permettaient de marcher d'un pas sûr,
    même sur les surfaces luisantes de glace turquoise
    qui miroitaient entre de large bandes de neige durcie,
    lorque je vis le premier -puis trois, quatre,
    cinq ! Autres papillons
    comme reposant dans des cercueils de verre.

    Des papillons apollons : ailes déployées, il reposaient
    dans des cavités en forme de coquilles,
    sous une fine menbrane de glace transparente.

    Ils devaient déjà être morts
    lorsque, du haut d'un froid hostile à toute vie,
    ils étaient tombés en neige sur le glacier.
    Seules leurs ailes écailleuses avaient encore
    capté un peu de lumière et de cheleur, créant
    à l'endroit de leur chute ces alvéoles dans lesquelles
    ils reposaient à présent comme dans des cercueils de verre.
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  • Par Irisa, le 10/06/2009

    Les effrois de la glace et des ténèbres de Christoph Ransmayr

    J'ai devant moi le petit cahier à reliure bleue, qu'il a rempli de son écriture fine ; Kjetil Fyrand l'a transmis à Anna Koreth, avec les autres notes et les effets du disparu. Il est sûr que ce n'est pas l'écriture de Josef Mazzini qui, sur l'étiquette de la couverte, a tracé une fois pour toutes le titre de cette incroyable collection de citations "Le Grand clou" - c'est ainsi que les Esquimaux du Groenland appellent le pôle Nord. Ce n'est pas l'écriture de Josef Mazzini. C'est moi qui ai écrit. Moi. C'est aussi moi qui ai donné un nom aux autres cahiers de Mazzini. Campi deserti. Terra Nuova. J'ai procédé avec ces notes comme procède tout découvreur avec sa terre, avec des baies, des caps et des sunds anonymes - je les ai baptisées. Il faut que tout porte un nom.
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  • Par Irisa, le 16/06/2009

    Le dernier des mondes de Christoph Ransmayr

    Cyparis aimait son public. Quand le projecteur, après de longs et pénibles préparatifs, faisait enfin apparaître en proportions gigantesques le visage d'un héros et que le mur de l'abattoir s'ouvrait comme une fenêtre sur des jungles et des déserts, le lilliputien restait tapi dans l'obscurité et observait les visages des spectateurs dans les reflets bleus de l'écran. Parfois il lui semblait reconnaître dans leur mimique muette la puissance inextinguible de ses propres désirs. Cyparis, qui même debout n'arrivait à hauteur de visage que des gens baissés, des culs-de-jatte et des personnes forcées de se mettre à genoux, et pour qui un chien de ferme avait la taille d'un veau, se prenait à rêver, dans cette obscurité, de sveltesse, de haute taille et de grandeur. Il voulait s'élancer comme un arbre. Et Cyparis, qui avait visité tant de villes, qui avait mené son attelage dans des contrées inconnues, par les marais d'altitude et les terres désertiques, bien au-delà de ce que pouvait simplement imaginer un fondeur de fer de Tomes, éprouvait alors tout à la fois le désir de la profondeur de la terre et de la hauteur des nuages, d'un site immuable sous un ciel immuable. Parfois il s'endormait pendant la représentation sur ce genres de désirs et rêvait d'arbres, de cèdres, de peupliers, de cyprès, rêvait qu'il poussait de la mousse qur sa peau dure et abîmée. Puis les ongles de ses doigts de pied éclataient sous la poussée, des racines sortaient de ses jambes torses, s'insinuaient dans le sol, fortes, virulentes, et commençaient à l'attacher de plus en plus profondément dans son site. Les années de sa vie cerclaient son coeur d'un aubier protecteur. Il grandissait.
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  • Par Irisa, le 10/06/2009

    Les effrois de la glace et des ténèbres de Christoph Ransmayr

    Puis ce ne sont plus que des champs plats de glaces flottantes qui s'étendent devant eux, une grande plaine que déchire une infinité de lacs et de rivières, et qui se soulève et s'abaisse comme une respiration, lourdement et en rythme. C'est la houle. Ils ont atteint la limite des glaces. Au-delà de cette plaine, qui se déroule longuement, s'envolent des essaims d'oiseaux, et là-bas, sous un ciel sombre, il y a la mer libre.

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  • Par Irisa, le 10/06/2009

    Les effrois de la glace et des ténèbres de Christoph Ransmayr

    Celui qui ne supporte pas la vérité peut à présent se consoler une fois de plus à l'idée que l'avenir sera plus conciliant, que ses propres forces auront augmenté, que la glace sera plus praticable et la charge plus légère. Mais celui qui a vécu le calvaire des expéditions en traineau à travers cette terre nouvelle et inhospitalière sait que chaque supplice s'accroît, ne fais toujours que s'accoître.

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