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Par ophrys, le 03/01/2012
Le lièvre de Patagonie de
Claude Lanzmann
Elle comme lui – et c’est aussi depuis très longtemps ma conviction – pensaient qu’on ne discute bien qu’avec ceux avec lesquels on est d’accord sur le fond. C’est pourquoi ils détestaient les mondanités et les grandes tablées françaises, privilégiant la relation duelle. Être deux, se parler deux à deux était selon eux – selon moi aussi, ils m’ont appris cela – la seule façon de se comprendre, de s’entendre, d’avancer, de réfléchir. La formule de cette relation était : « Chacun sa réception »
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Le lièvre de Patagonie de
Claude Lanzmann
Mais Albert (Cohen) se mettait alors à trembler, exactement comme il l'avait fait lorque je m'étais la prmière fois trompé de cendrier : il ne supportait pas qu'un document, une lettre, demeurt une seconde de plus que nécessaire, il fallait remettre chaque pièce dans son classeur, à son exacte place, à l'intérieur du grand tiroir d'acier. Il a donné lui-meme, dans une phrase de Belle du Seigneur, la formule de cette névrose : "Neurasthénie de l'ordre qui remplace le bonheur".
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Le lièvre de Patagonie de
Claude Lanzmann
Lanzmann citant le philosophe Vladémir Jankélévitch : Celui qui a été ne peut plus désormais ne pas avoir été. Désormais, le fait mystérieux et profondément obscur d'avoir vécu est son viatique pour l'éternité.
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Par ophrys, le 03/01/2012
Le lièvre de Patagonie de
Claude Lanzmann
J’étais un homme des mûrissements longs, je n’avais pas peur de l’écoulement du temps, quelque chose m’assurait que mon existence atteindrait sa pleine fécondité quand elle entrerait dans sa deuxième moitié.
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Le lièvre de Patagonie de
Claude Lanzmann
A propos de Claude Roy tombé éperdument amoureux d'Evelyne, la soeur de Lanzmann...
J'ai en main chacune des lettres de Claude, écrivain de race, la poésie sourdait de lui comme son langage le plus naturel, il avait toutes les facilités, se montrait incroyablement talentueux, inventif, vraie boîte à surprises, magicien éblouissant. Relisant tant d'années après ce qu'il lui écrivait, je demeure admiratif de tous ses dons et je me demande comment une femme affaiblie physiquement, se battant pour vivre, pouvait résister à un tel bombardement d'amour, surtout si elle était aussi amoureuse des mots que l'envoyeur, et sensible aux coqs-à-l'âne, aux associations folles, aux jeux de langage du poète...