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Par nadejda, le 19/03/2013
Dans l'ombre de la lumière de
Claude Pujade-Renaud
Tu aimais la courbe de ma nuque, le parfum de mes cheveux. Ma passion des fleurs, des couleurs, la robe violette achetée à Rome, mes courgettes grillées sur la braise. Et ma patience, disais-tu. Tu aimais le terrier odorant de mes aisselles, mon rire, ma purée d'olives et d'anchois, le calme lisse de mon sommeil, ma discrétion tout au long du jour et mon impudeur dans la jouissance. Tu aimais m'entendre chantonner en me coiffant, rire et babiller avec notre fils. Tu aimais lorsque j'offrais mon visage à la pluie de septembre. Tu m'aimais.
p 225
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Par nadejda, le 04/06/2012
Sous les mets les mots de
Claude Pujade-Renaud
En Provence, la bouillabaisse borgne est la bouillabaisse du pauvre. L'oeuf remplace la rascasse et la vive, le roucaou, la galinette, rouge et barbue, les merveilleux petits poissons de roche qui passent par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Ou le saint-pierre dont la tête est plus grosse que le corps, ou le loup, si tendre.
Pour cette bouillabaisse, il suffit d'un oignon et d'un poireau qu'on fait transpirer jusqu'à la transparence, une tomate, quelques gousses d'ail, safran et bouquet garni, un brin de fenouil (rien de plus parfumé que le fenouil sauvage), et surtout ne pas oublier l'écorce d'orange roussie qui confère un très discret arrière-goût d'amertume, légèrement caramélisé. On ajoute l'eau, on laisse cuire avec quelques pommes de terre -- de celles qui savent se tenir à table.
Tout à la fin, on poche dans ce bouillon un oeuf par personne. Dans mon assiette j'aime crever l'oeuf : la fusion du liquide safrané et du jaune onctueux est un régal. Je m'amuse à penser que cet oeil doré cerné de blanc est à l'origine de ce qualificatif de borgne. p 62
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Par litolff, le 12/04/2013
Dans l'ombre de la lumière de
Claude Pujade-Renaud
Partis dans la nuit par une route sinueuse, nous avons vu, en fin de matinée, le soleil patiner le calcaire doré de la cité, sans l'écraser. Une ville couleur de dattes et de miel, entourée par l'eau dansante des oliviers.
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Par tamara29, le 16/03/2013
Les Femmes du braconnier de
Claude Pujade-Renaud
"Je ne peux comprendre ta mort à Londres
Dans le brouillard
De même que je ne peux comprendre
Ma vie, ici, dans la lumière."
"La mort de A.G." Yehuda Amichaï
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Les Femmes du braconnier de
Claude Pujade-Renaud
Un braconnier ? Dans mon poème, encore pataud et mal léché (il me fallait le travailler, aiguiser ses griffes), je désignais ce fauve qui me traquait par les termes de noir maraudeur. Chasseur animal ? Chasseur humain ? Je les mettais dans le même sac, ils m’angoissaient et m’attiraient. Mais je ne voulais pas être un trophée supplémentaire dans le tableau de chasse de ce Ted Hughes. Si nous devions nous rejoindre, je souhaitais que ce fût par la poésie.
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Par cicou45, le 18/06/2012
Celles qui savaient de
Claude Pujade-Renaud
"Perdre son nom équivaut à la mort."
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Belle Mère de
Claude Pujade-Renaud
-Ma marraine s'appelait Eudoxie Couture, c'est pour ça.
-Que vous êtes devenue couturière?Mais c'est extraordinaire!Une fée marraine a déposé sur votre berceau des doigts de fée,avec un dé et des ciseaux d'argent,je parie.
Elle sourit,elle n'y avait jamais pensé.
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Par caro64, le 15/03/2013
Dans l'ombre de la lumière de
Claude Pujade-Renaud
Parfois, un songe te secouait au point de me réveiller. J'écoutais cette brève tempête. Tu t'agitais, criais, ou riais, mais tu demeurais pris dans la nasse du sommeil. Je n'avais pas envie de me rendormir, j'écoutais le ressac de ton rêve se prolonger en moi.
Oui, la nuit je t'ai entendu râler, aboyer, éructer, geindre, hurler, bramer. Toi, l'homme passionnément épris du langage, tu rêvais animal.
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Les Femmes du braconnier de
Claude Pujade-Renaud
Vous savez, je l’ai compris depuis peu : écrire ne sert à rien. Je veux dire, ne protège pas contre le désespoir ou la dépression. Je l’ai cru, lorsque j’avais dix-huit ou vingt ans. Plus maintenant. Non, écrire ne guérit de rien… On recoud la plaie au fil des mots. On enfouit le mal sous l’écorce du langage. La plaie se referme, ligneuse. En dessous, ça s’enkyste. Ou ça suppure.
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Par Cath36, le 19/04/2013
Dans l'ombre de la lumière de
Claude Pujade-Renaud
Je me tais, je hais cette Eglise qui s'enferme de plus en plus dans ses croyances et ses institutions.