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Les Femmes du braconnier de
Claude Pujade-Renaud
Un braconnier ? Dans mon poème, encore pataud et mal léché (il me fallait le travailler, aiguiser ses griffes), je désignais ce fauve qui me traquait par les termes de noir maraudeur. Chasseur animal ? Chasseur humain ? Je les mettais dans le même sac, ils m’angoissaient et m’attiraient. Mais je ne voulais pas être un trophée supplémentaire dans le tableau de chasse de ce Ted Hughes. Si nous devions nous rejoindre, je souhaitais que ce fût par la poésie.
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Les Femmes du braconnier de
Claude Pujade-Renaud
Vous savez, je l’ai compris depuis peu : écrire ne sert à rien. Je veux dire, ne protège pas contre le désespoir ou la dépression. Je l’ai cru, lorsque j’avais dix-huit ou vingt ans. Plus maintenant. Non, écrire ne guérit de rien… On recoud la plaie au fil des mots. On enfouit le mal sous l’écorce du langage. La plaie se referme, ligneuse. En dessous, ça s’enkyste. Ou ça suppure.
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Chers disparus de
Claude Pujade-Renaud
« Lorsque je sentais la mort rôder autour de nous, louve tenace et fidèle, ou lorsque je le voyais par trop découragé, j’affirmais : Tu survivras par tes livres. Non sans un tremblement intérieur. Evoquer cette survie, c’était approcher la mort, à défaut de la reconnaître. Il rétorquait, doucement ironique :
- Et toi, grâce à mes livres, tu apparaîtras comme l’épouse modèle de l’écrivain.
Ou modelée par lui ? Non, j’exagère… Tout de même, quelle étrange violence exerce l’écrivain sur lui-même, sur ses proches. A son insu, pour une part. Et pas seulement parce qu’il les écornifle.
[…]A la fin de cette même année 1895, cette autre phrase inquiétante : « J’ai mis trop de ma vie dans mes livres. Je ne suis plus qu’un os rongé. »
Avait-il flairé le danger de s’écornifler soi-même ? »
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Par Laurane_C, le 14/06/2010
Les Femmes du braconnier de
Claude Pujade-Renaud
... avec son accent bostonien, me lit " Dame Lazare":
Mourir
Est un art, comme tout le reste.
Je m'y révèle exceptionnellement douée.
Tous les dix ans, précise le texte, si bien que, très sereinement, je plaisante: Août 1963, juillet 1962, pour cette dernière tentative vous étiez légèrement en avance, peu importe, c'est accompli, eh bien rendez-vous dans dix ans !
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Les Femmes du braconnier de
Claude Pujade-Renaud
Une fois de plus, je constate combien l'écrit ravage les proches. Tente de les détruire, faute de n'avoir pu l'accomplir "pour de vrai" ? Déjà, avec "La Cloche de détresse", je l'avais si violemment éprouvé. J'admire les textes de ma fille, et ils m'insupportent, me déchirent.
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Par brigetoun, le 01/06/2010
Platonétait malade de
Claude Pujade-Renaud
Tout à l'heure je jouais et je l'ai vu osciller légèrement, paupières closes. Ses mains, telles celles d'un homme atteint de cécité, ont commencé à explorer l'espace autour de lui, un espace qui semblait se métamorphoser et son corps, dans le sillage de ses mains, entrait dans un univers étranger, ou familier ?, se glissait, couleuvre prudente, par des passages étroits, pénétrait très lentement - ah, que cette lenteur était belle ! -, dans ce que j'ai imaginé être un labyrinthe où se dissimuleraient aussi bien des monstres qu'une vérité aveuglante. Il échappé aux deux puisqu'il a ouvert les yeux, a paru étonné de ma présence, de celle de la musique, et s'en est allé puiser de l'eau à la source, chantonnant.
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Le désert de la grâce de
Claude Pujade-Renaud
Françoise de Joncoux consacrait une partie de ses nuits à ce labeur : multiplier les copies afin d’éviter tout risque de perte, en répartir chez des connaissances sûres pour parer à l’éventualité d’une perquisition et d’une saisie, les expédier aux Pays-bas où ils seraient relus, préparés, annotés par les jansénistes exilés puis, une fois imprimés, seraient clandestinement diffusés en France.
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Par nadejda, le 18/06/2011
Le désert de la grâce de
Claude Pujade-Renaud
Parfois la mélancolie tendre d'un bouleau, lueur laiteuse dans la densité de la grisaille. Cette blancheur avait rappelé au médecin les robes des moniales. Autrefois, avait-il expliqué à son compagnon, il lui était arrivé d'accompagner son père, Denis Dodart, qui se rendait à l'infirmerie du couvent afin de soigner certaines religieuses alitées. Pour ce père comme pour lui, la matité crémeuse de ces robes était apaisante. Sans doute parce qu'ils l'associaient au silence imprégnant ce monastère.
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Par nadejda, le 18/06/2011
Le désert de la grâce de
Claude Pujade-Renaud
Je crains l'automne et l'approche de l'hiver. Ces jours où le ciel s'appesantit, se rencogne dans l'obscurité du vallon. Un ciel d'étoupe rêche ne laissant rien filtrer. Leçons de ténèbres que je ne sais entendre. Je m'en veux de demeurer vulnérable à cet étiolement de clarté, alors que le ciel et la lumière véritable sont ailleurs. (Catherine Le Maistre née Arnauld)
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Au Lecteur précoce de
Claude Pujade-Renaud
Ne craignez-vous pas que, avec le Web,l'écrivain traditionnel n'appartienne à une espèce en voie de disparition,obsolète du moins? (sans doute,sans doute,néanmoins je m'agrippe aux mots-quelques mots-,je m'agrippe afin de respirer,résister,survivre,tandis que,m'explique-t-on,prolifère,tentaculaire,une immense toile d'araignée).