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Citations de Clement Rosset (55)

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  • Par Cioran, le 09/10/2014

    Schopenhauer, philosophe de l'absurde de Clement Rosset

    Pourquoi ce besoin angoissé de cause ? On se trouve ainsi ramené aux sources de l’étonnement schopenhauérien, mais les termes de la question se sont inversés : on ne se demande plus pourquoi il y a un monde, mais d’où provient le besoin de lui attribuer une cause.

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  • Par Cioran, le 09/09/2014

    Clement Rosset Clement Rosset

    L'ivrognerie peut être invoquée comme une des voies d'accès possible de l'expérience ontologique, au sentiment de l'être ; car l'ivrogne voit qu'il y a la rose, et qu'elle est sans pourquoi.

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  • Par Pavlik, le 22/11/2014

    Le réel - Traité de l'idiotie de Clement Rosset

    Le site de l'insignifiance, lieu où coexistent et se confondent tous les chemins, ne peut apparemment pas être décrit comme un état, car il est plutôt la négation de tout état, mais peut tout aussi bien être décrit comme l'état par excellence : possédant en effet la vertu qui fait défaut à la plus tenace des stabilités, à la plus durable des organisations, celle de n'être susceptible d'aucune modification.

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  • Par gouelan, le 06/01/2015

    Loin de moi. Etude sur l'identité de Clement Rosset

    La joie réelle n'est autre, en effet, qu'une vision lucide, mais assumée, de la condition humaine ; la tristesse en est la même vision mais consternée. La joie est ainsi ce que Spinoza pourrait appeler un "mode actif" de la tristesse, et réciproquement la tristesse peut être décrite comme "mode passif" de la joie.

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  • Par hupomnemata, le 25/12/2009

    Le réel et son double de Clement Rosset

    S'il est vrai que l'événement a surpris l'attente alors même qu'il la comblait, c'est que l'attente est coupable, et l'événement innocent. La duperie n'est donc pas du côté de l'événement, mais du coté de l'attente. L'analyse de l'attente déçue révèle qu'il se crée en effet, parallèlement à la perception du fait, une idée spontanée selon laquelle l'événement, en se réalisant, a éliminé une autre version de l'événement, celle-là même à laquelle précisement on s'attendait.

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  • Par belbernard, le 29/07/2015

    Loin de moi. Etude sur l'identité de Clement Rosset

    Le bonheur lié au sentiment d'être aimé a pour consistance majeure le fait de se trouver soudain nanti, par l'entremise de l'amour obtenu, d'un soi propre, d'une identité personnelle.

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  • Par Cioran, le 09/10/2014

    Schopenhauer, philosophe de l'absurde de Clement Rosset

    L’absurde est que tout soit à la fois nécessaire et privé de nécessité, que la nécessité qui gouverne le monde soit elle-même privée de nécessité, de cause pour l’expliciter et la justifier du même coup. Fondement de tout, la nécessité est en même temps dénuée de tout fondement.

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  • Par Kirsikka, le 29/08/2015

    Principes de sagesse et de folie de Clement Rosset

    Mais l'empire de la raison occupé par les fous diffère de la raison dont dispose l'esprit sain en ceci qu'il est considéré par le fou, et juste titre en un certain sens, non seulement comme plus prudent et nuancé, mais encore comme plus vaste, plus "objectif", plus "total", - bref, comme plus raisonnable encore que la raison des raisonnables, jugée en l'occurrence comme un peu pauvre et maigre (et c'est fort justement que les Grecs de l'Antiquité désignaient la folie comme para-noïa, soit comme hyper-rationalisme, comme "excès" de la raison). La raison des fous ne se limite pas au raisonnable ; elle s'adjuge aussi le domaine de ce qui n'est pas raisonnable et tient pour esprits étroits, voire fanatiques, ceux qui limitent, arbitrairement à son gré, le domaine du raisonnable à ce qui est effectivement raisonnable. La raison du fou est aussi bien supérieure à celle du sage, et on peut le vérifier sur le plan le plus indiscutablement "scientifique", c'est-à-dire matériel et quantitatif : puisqu'elle prend en considération non pas seulement, comme le sage ou le savant, le domaine de ce qui est raisonnable et crédible, mais aussi celui de ce qui est absurde et incroyable. Le charlatan se distingue en somme du scientifique en ce qu'il sait davantage que ce dernier et est par conséquent plus scientifique que lui. Car il a sur le scientifique un triple avantage ; d'être à ses yeux plus équitable, plus impartial et moins sujet aux préjugés (ce n'est pas lui qui rejetterait d'un haussement d'épaules certains "faits" que le scientifique refuse simplement de prendre en considération).

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  • Par belbernard, le 29/07/2015

    Loin de moi. Etude sur l'identité de Clement Rosset

    La perte de l'objet aimé/possédé (ou perçu comme tel) entraîne en effet automatiquement le naufrage d'une identité qu'on considérait comme un bien personnel alors qu'il n'était qu'un bien d'emprunt, entièrement tributaire de l'amour de l'autre. L'amoureux délaissé se trouve dans une situation d'_égarement_.

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  • Par Luciano_Alvaro, le 24/10/2014

    Loin de moi. Etude sur l'identité de Clement Rosset

    La connaissance de soi est à la fois inutile et inappétissante. Qui souvent s'examine n'avance guère dans la connaissance de lui-même. Et moins on se connaît, mieux on se porte.

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  • Par Cioran, le 09/10/2014

    Schopenhauer, philosophe de l'absurde de Clement Rosset

    Pourquoi y a-t-il de l’être et non pas rien ? Pourquoi cet être a-t-il des tendances ? Questions absurdes, mais surtout questions déplacées dans un monde où la causalité n’est que mirage : le monde est muet.

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  • Par Outis, le 19/09/2007

    Loin de moi. Etude sur l'identité de Clement Rosset

    Cette imitation de l’autre peut aussi – et c’est le cas le plus courant – persister jusqu’à l’âge adulte. L’autre qui m’a formé est comme le Dieu de Descartes qui doit sans cesse continuer à créer le monde, si l’on en croit la théorie cartésienne de la « création continue » : s’il cesse d’agir, le monde cesse d’exister. De même l’autre dont je m’inspire doit continuer à m’influencer à tout instant : si son influence cesse, je cesse d’être moi. A moins naturellement – et c’est encore une fois le cas le plus fréquent – que son influence ne cesse au profit d’un autre : auquel cas mon moi ne cesse pas d’être, mais se trouve plus ou moins considérablement modifié. Mais qu’il change ou non, mon moi ou ce que je prends pour tel ne cessera pas d’être un moi d’emprunt. Incapable d’exister par moi-même, j’emprunte son identité à un autre dont j’adopte le moi et en quelque sorte me « paye la tête », encore que dans un sens très différent, et même diamétralement opposé, de celui de l’expression usuelle.

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  • Par Kirsikka, le 29/08/2015

    Principes de sagesse et de folie de Clement Rosset

    Le sentiment jubilatoire de l'existence est curieusement très proche de la nausée de l'existence, et tend même à s'y confondre jusqu'à un certain point, le fait que l'existence existe étant éprouvé dans les deux cas avec une égale et exceptionnelle intensité. L'analyse de la joie, sur laquelle je ne reviendrai pas ici pour m'y être essayé ailleurs, montre en effet que l'homme joyeux ne se réjouit pas de tel ou tel bonheur particulier, mais du fait général que l'existence existe ; de même que l'homme saisi de nausée profonde, ainsi qu'on vient de le voir, ne souffre pas de tel ou tel aspect fâcheux de l'existence, mais bien du fait de l'existence elle-même. J'irai même plus loin : jubilation et nausée ont en commun de percevoir confusément l'existence comme non prévue, non programmée, non néccessaire, bref comme survenant en plus et en trop.

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  • Par ivredelivres, le 31/05/2011

    Le force majeure de Clement Rosset

    Toute joie parfaite consiste en la joie de vivre, et en elle seule.


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  • Par lanard, le 02/09/2010

    Le principe de cruauté de Clement Rosset

    P. 46 : L'adoration d'une vérité se double ainsi toujours d'un indifférence à l'égard du contenu de cette vérité même. Il arrive même parfois à de tels fanatiques, lorsqu'ils en viennent à douter de leur idole ou de leurs idoles successives, de ne trouver d'apaisement que dans une dévotion envers une cause humble mais indiscutable, par exemple la vérité arithmétique. Celui qui a cru en tout mais aussi douté de tout peut très bien faire, en fin de carrière, un excellent expert-comptable : l'établissement d'additions justes et de comptes exacts lui offrant enfin l'occasion d'une indubitable et interminable jouissance du vrai. Ainsi Bouvard et Pécuchet, après avoir tâté de tout, devaient-ils en revenir, selon le projet de Flaubert, à leur projet initial de copistes scrupuleux et irréprochables.

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  • Par Danieljean, le 12/08/2015

    L'Invisible de Clement Rosset

    L'invisible dont il est question ici ne concerne pas le domaine des objets qu'une impossibilité matérielle interdit de voir (tel un visage plongé dans l'obscurité), mais celui des objets qu'on croit voir alors qu'ils ne sont aucunement perceptibles parce qu'ils n'existent pas et/ou ne sont pas présents (tel un visage absent d'une pièce éclairée). Cette sorte d’« existence » d’objets non existants, ou de visibilité de ce qui est invisible, si on la conçoit indépendamment de toute pathologie hallucinatoire, semble évidemment une contradiction dans les termes.
    Cependant de tels objets existent, et ils sont légion. Car ce que j’ai appelé ailleurs la « faculté anti-perceptive » est double et complémentaire. Faculté, d’abord, de ne pas percevoir ce qu’on a sous les yeux ; mais aussi faculté de percevoir ce qui n’existe pas et échappe ainsi nécessairement à toute perception : de voir (ou de croire voir) ce qu’elle ne peut voir, de penser ce qu’elle ne pense pas, d’imaginer ce qu’en réalité elle n’imagine pas. Car l’homme possède la faculté de croire souvent appréhender des objets éminemment équivoques, dont on peut dire à la fois qu’ils existent et qu’ils n’existent pas. Ce sont sans doute là moins des perceptions illusoires que des illusions de perception. Les objets paradoxaux suggérés par ces illusions sont naturellement très différents des mirages qu’on peut voir en mer ou dans le désert (d’abord parce que le mirage consiste en une image que chacun peut percevoir réellement ; ensuite parce qu’ils reflètent un corps réel situé au-dessous de l’horizon, alors que l’illusion de perception allie l’invisibilité à l’inconsistance). Pour le dire en mot : si, dans l’illusion de perception, l’objet de la vision n’existe pas, la « vision » de l’objet, ou son imagination, n’en existe pas moins. Mais que voit-on, quand on ne voit rien ? Et de même, pour reprendre une question de Jean Paulhan : que pense-t-on, quand on ne pense à rien ?

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  • Par Danieljean, le 12/08/2015

    L'école du réel de Clement Rosset

    Dans le cas de Boubourouche, le fait qu'Adèle ait dissimulé un amant et le fait qu'il soit cocu deviennent miraculeusement indépendants l'un de l'autre. Descartes dirait que l'illusion de Boubourouche consiste à prendre une "distinction formelle" pour une "distinction réelle" : Boubourouche est incapable de saisir la liaison essentielle qui unit dans le cogito, le "je pense" au "je suis", liaison modèle dont une des innombrables applications apprendrait à Boubourouche qu'il est impossible de distinguer réellement entre "ma femme me trompe" et "je suis cocu".

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  • Par Danieljean, le 12/08/2015

    L'école du réel de Clement Rosset

    outefois, ces formes radicales de refus du réel restent marginales et relativement exceptionnelles. L’attitude la plus commune, face à la réalité déplaisante, est assez différente. Si le réel me gêne et si je désire m’en affranchir, je m’en débarrasserai d’une manière généralement plus souple, grâce à un mode de réception du regard qui se situe à mi-chemin entre l’admission et l’expulsion pure et simple : qui ne dit ni oui ni non à la chose perçue, ou plutôt lui dit à la fois oui et non. Oui à la chose perçue, non aux conséquences qui devraient normalement s’ensuivre. Cette autre manière d’en finir avec le réel ressemble à un raisonnement juste que viendrait couronner une conclusion aberrante : c’est une perception juste qui s’avère impuissante à faire
    embrayer sur un comportement adapté à la perception. Je ne refuse pas de voir, et ne nie en rien le réel qui m’est montré. Mais ma complaisance s’arrête là. J’ai vu, j’ai admis, mais qu’on ne m’en demande pas davantage. Pour le reste, je maintiens mon point de vue, persiste dans mon comportement, tout comme si je n’avais rien vu. Coexistent paradoxalement ma perception présente et mon point de vue antérieur. Il s’agit là moins d’une perception erronée que d’une perception inutile.

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  • Par Danieljean, le 12/08/2015

    L'école du réel de Clement Rosset

    Rien de plus fragile que la faculté humaine d'admettre la réalité, d'accepter sans réserves l'impérieuse prérogative du réelle. Cette faculté se trouve si souvent prise en défaut qu’il semble raisonnable d’imaginer qu’elle n’implique pas la reconnaissance d’un droit imprescriptible – celui du réel à être perçu – mais figure plutôt une sorte de tolérance, conditionnelle et provisoire. Tolérance que chacun peut suspendre à son gré, sitôt que les circonstances l’exigent : un peu comme les douanes qui peuvent décider du jour au lendemain que la bouteille d’alcool ou les dix paquets de cigarettes – « tolérés » jusqu’alors – ne passeront plus. Si les voyageurs abusent de la complaisance des douanes, celles-ci font montre de fermeté et annulent tout droit de passage. De même, le réel n’est admis que sous certaines conditions et seulement jusqu’à un certain point : s’il abuse et se montre déplaisant, la tolérance est suspendue. Un arrêt de perception met alors la conscience à l’abri de tout spectacle indésirable. Quant au réel, s’il insiste et tient absolument à être perçu, il pourra toujours aller se faire voir ailleurs.

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  • Par lanard, le 02/09/2010

    Le principe de cruauté de Clement Rosset

    P. 55 Je terminerai par une remarque qui concerne l'amour (au sens usuel) mais n'a rien à voir avec la thèse générale du livre. L'amour est sans doute l'expérience la plus gratifiante qui soit ; il n'est cependant jamais, et ce contrairement à un préjugé tenace, l'occasion d'une véritable "découverte". Je veux dire qu'on y expérimente quelque chose dont ont on possédait toujours et déjà la notion, - ce qui explique le fait apparemment paradoxal que tant de penseurs aient pu parler aussi profondément de l'amour (tels Schopenhauer, Kierkegaard ou Nietzsche) sans en avoir connu l'expérience réelle. Il en va de l'amour comme des cent thalers évoqués par Kant dans la Critique de la raison pure : ceux qui sont dans ma poche ont l'inestimable avantage d'exister et d'être à moi, mais ne diffèrent aucunement de l'idée que je me faisais au préalable de ces même cent thalers. C'est aussi un peu ce qu'exprime Freud lorsqu'il remarque que la prétendue découverte de l'amour adulte et l'amour infantile de la mère, n'est jamais que l'occasion d'une retrouvaille.

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